10/11/02 (B171) Les militaires français vont-ils devoir payer à Guelleh, un impôt sur tous les revenus pour avoir l’honneur d’assurer la défense extérieure du régime dictatorial ? (Cf LOI)

En lisant un article paru
dans la très sérieuse revue LOI, nous découvrons que
Guelleh va envoyer une délégation à Paris pour discuter
de l’utilisation des 10 millions d’Euro accordés par Madame la Ministre
de la défense.

On croit comprendre que
sept millions pourraient être versés sans attributions déterminées
au titre d’une aide exceptionnelle et que 3 millions devraient être
consacrés à des améliorations, comme le financement de
la baisse des droits d’inscription pour les étudiants ou des actions
sociales.

Mais on comprend que Guelleh
aimerait se servir de l’argent pour payer des arriérés de salaires
à la veille des élections, ce qui l’aiderait certainement à
compléter le dispositif de fraude électorale qu’il a inauguré
depuis plusieurs mois déjà. Peut-on considérer que Madame
Alliot-Marie a voté pour IOG par anticipation et sans état d’âme
?

Mais, comme toujours,
IOG ne se satisfait pas de cette nouvelle aide exceptionnelle qui vient s’ajouter
aux aides supplémentaires accordées régulièrement
par l’Ambassadeur de France et que nous avons dénoncées à
chaque fois, c’est à dire pratiquement tous les mois …

Il demande toujours plus
…. et que fait-il de l’argent ?

La France n’est
pas la seule à cotiser. En dépit de ces mannes financières
internationales le pays se détériore inéluctablement.
Son économie s’enfonce ;
le chômage bat tous les records ;
le service
de santé (qui a reçu tant de subventions internationales – France,
Italie, Koweït, Arabie Saoudite, …etc. ) est absent désormais
de la scène médicale ;
ses infrastructures se désagrègent
: routes, circuits d’assainissement ;
le système éducatif est démantelé avec le départ des enseignants djiboutiens malmenés par le régime ;
le système sportif est en pleine déroute faute de moyens et, dans de nombreuses fédérations, d’un choix objectif de dirigeants motivés exclusivement par la formation, l’entraînement et les résultats des équipes ;
l’alimentation électrique est inconstante et l’eau est rationnée au profit d’une nouvelle affaire très lucrative de mise en bouteille d’eau de mer, imaginée par des commerçants et des financiers proches du régime, etc…

Bref l’appauvrissement et tous
les malheurs s’abattent sur les djiboutiens !

Cela nous conduit à
analyser la raison officielle de l’implantation de l’armée française
à Djibouti et à faire un bilan des avantages pour les deux pays
:

Au bénéfice
de la RDD :

La mission première des FFDJ est de garantir la sécurité
de la RDD. A ce titre elles complètent les moyens de l’AND, ce qui
a pour effet de réduire sérieusement le budget qui devrait être
à la charge de la RDD pour assurer sa sécurité extérieure,
comme le font la majorité des États souverains. Ce sont bien
les français qui supportent les frais supplémentaires occasionnés
par les moyens mis à la disposition de la RDD et par cette implantation
hors frontière ; outre les salaires supérieurs qu’elles doivent
verser au titre de la résidence à l’étranger, les FFDJ
doivent assumer des dépenses qui n’auraient pas lieu d’être si
elles étaient stationnées en métropole.

Il semble que ce point
essentiel a été oublié depuis longtemps dans les discours
officiels.

Au bénéfice
de la France :

En échange, il n’échappe à personne, que la France retire
aussi des avantages en étant implantée à Djibouti : base
aérienne et navale. Possibilité de surveiller l’Est de l’Afrique,
etc.. et que cela représente aussi une valeur ….

Peut-on considérer
qu’il y a un équilibre entre les avantages au bénéfice
des deux parties et les charges pour la France ?

Difficile à évaluer,
mais c’est probable.

Alors pour quelles raisons
l’Armée française et maintenant, comme nous le découvrons
dans LOI, les militaires français (à titre personnel) devraient-ils
payer pour avoir le droit d’assurer la sécurité de la RDD et
le maintien du régime sanguinaire qui viole les Droits de l’Homme et
qui asservit la population ? Doit-on considérer que défendre
un dictateur corrompu est un honneur ou un privilège qui s’achète
à prix d’or ?

Autorisons-nous une certaine
vulgarité : “N’est-ce pas la prostituée qui paye son
protecteur ? Avez-vous déjà vu (ou entendu parler de) l’inverse
?”

Guelleh
souhaitent que les militaires français soient assujettis à un impôt djiboutien
qui toucheraient non plus seulement (comme c’est le cas actuellement) leurs
soldes perçus au titre de leurs services en RDD, mais l’ensemble de leurs
revenus au sens plus large, y compris et pourquoi pas, par exemple, ceux de
l’épouse si elle travaille en France ou ceux résultant de la mise en location
de leur appartement pendant leur séjour !!

Nous découvrons dans l’article de LOI que les français refusent toujours de
payer un loyer pour les bases mais qu’ils accepteraient (question de vocabulaire
uniquement) de payer des taxes foncières. D’autre part, Guelleh aurait trouvé
une nouvelle astuce : celle qui consisterait à mettre à la charge des militaires
français l’impôt djiboutien qui, dépassant le cadre de leur solde effectivement
gagnée sur le territoire, toucherait désormais tous leurs revenus.

Nous sommes certains que
cela va leur faire un grand plaisir !

Si Guelleh obtient satisfaction, ils vont devoir payer des impôts sur des
revenus encaissés à l’étranger (France en général) dans un pays où ils n’ont
pas le droit de vote. C’est à dire, si les informations de LOI sont confirmées,
que ce sont les Djiboutiens qui voteront l’impôt que les Français vont devoir
payer ….On pourrait se poser des questions sur l’attitude de faiblesse de
la France.

Et surout on peut craindre, connaissant les fâcheuses habitudes de certains fonctionnaires djiboutiens,
des dérapages graves, voire des menaces assorties de
pression et de demande d’argent, en matière de contrôle
fiscal, puisque ces revenus encaissés en France par exemple pourraient tomber sous la compétence de vérificateurs djiboutiens. Nos soldats devraient-ils faire les frais, à titre personnel, des décisions ahurissantes de leur Ministre … ?

Et que répondra
Mme Alliot-Marie, si nous découvrions, par hasard, le 2 septembre sur
Canal + que le régime de Guelleh est impliqué dans le meurtre
d’un magistrat français qui enquêtait à Djibouti et qui
aurait pu réunir, selon certains observateurs, des preuves dans plusieurs
affaires : le commanditaire effectif d’un attentat qui a fait des victimes
françaises, dont un enfant, ou un trafic de fausses monnaies et/ou
d’autres crimes ….

Si c’était le cas,
sera-t-elle fière d’avoir choisi de subventionner un tel système maffieux,
dont il ne fait nul doute que le parrain utilisera l’argent pour ses intérêts
privés et non au bénéfice de la collectivité qui
en a effectivement bien besoin ?

Que la population djiboutienne
ne se méprenne pas : cet article n’a pas pour objet de critiquer le
fait que la France vienne en aide à la RDD et surtout à sa population.
Cela, nous l’approuverions des deux mains. Mais il a pour but de dénoncer
le fait que la France subventionne un système sulfureux qui asservit
justement cette population sans produire aucun bienfait pour ceux à
qui les subventions devraient être destinées.

On a parlé de soutien
abusif. Désormais, nous pensons que la limite est franchement dépassée
et que nous rentrons dans la période de complicité directe avec
ce régime. La justice devra certainement s’interroger un jour sur les
raisons de ce qui s’apparente à une gestion de fait.