19/11/02 (B172 ) La Belgique est devenue, ces derniers temps, la destination privilégiée pour les djiboutiens qui ont choisi d’émigrer. (La chronique du Sergent Ariko).

A Bruxelles, on trouve
de tout parmi les émigrés !

Des vrais opposants comme
des faux. Comme on préfère toujours voler les autres, le Chef
du pouvoir en place à Djibouti a donné un signal fort pour que
les djiboutiens (ses supporters) puissent fuir à temps le pays avant
que le spectre de la Somalie voisine ne soit venu ronger définitivement
Djibouti. Il a nommé l’un de ses plus fidèles Lieutenants au
poste d’Ambassadeur, en l’occurrence M. Mohamed Moussa Chehem.

Vraiment à Bruxelles,
on trouve de tout. Le Gouvernement de Guelleh envoie ses espions pour savoir
ce que font les opposants djiboutiens. N’oublions pas que Tilbrug, la ville
hollandaise, où vivent de nombreux Djiboutiens, n’est qu’à 30
minutes de Bruxelles. Cela explique l’existence d’un marché actif du khat
qui est approvisionné tous les jours.

Le Gouvernement en Exil
n’a rien dit sur la démission de M.Aïnaché qui était
pourtant cité à l’époque comme l’un des membres fondateurs
du GED.

Le vieux problème des Djiboutiens, c’est le tribalisme. A-t-il frappé
aussi au sein de ce Gouvernement en Exil ? Nous savons que Guelleh a donné
des consignes très strictes sur la façon dont les prochaines
élections législatives devront se tenir. Ces élections
ont été retardées au 10 janvier 2003, par le pouvoir,
qui est toujours soutenu par
la France.

Pendant la période
du Ramadan, rien ne peut se négocier. La majorité des ‘vieux’
de chaque tribu est contre le régime.

Guelleh ne peut rien
faire pendant le Ramadan. Les rapports ou les comptes-rendus
de ses meilleurs amis tel Hachi Abdillahi Orah dit ‘Hachi afweiné (hachi
grand gueule)’ n’ont pas apporté les réponses que Guelleh attendait.
Pour ce régime qui a fait souffrir tant de Djiboutiens, le petit jeu
de la division tribale est terminée : IOG ne pourra plus ‘diviser pour
régner’.

Pour que notre journal
devienne plus démocrate, indépendant et objectif, il faudrait
aussi que certains militants du parti au pouvoir, le RPP, s’y expriment. C’est
dans nos colonnes que le débat politique doit prendre racine. Notre
journal doit être ouvert à tous les Djiboutiens qui veulent s’exprimer
même si c’est pour défendre le régime. Ce sera la seule
façon de savoir qui est pour et qui est contre le régime.

Dès lors que se
profile à l’aube ces élections déjà truquées
d’avance, je ne comprend pas la réaction, trop tardive, de mon ancien
supérieur, le Commandant Iftin qui vient de s’exprimer dans une lettre
ouverte aux citoyens. Dans cette lettre, l’ancien Chef de Calelon ne dit rien
sur la visite en Belgique de ses deux beaux-frères, le Lieutenant Abdourahman
Ali Kahin et l’opposant ‘à la gomme’ Moussa Tour-Tour, époux
de la fille de Mahamoud Harbi, et employé de Guelleh.

J’avais déjà eu l’occasion d’attirer l’attention de nos lecteurs
sur cette mascarade qui se joue à Bruxelles. Deux Ministres de Guelleh
(celui des Finances et le fameux Johar) se sont rendus en Belgique. Vous ne me ferez jamais croire qu’ils n’ont pas obtenu des renseignements
sur ce Gouvernement dont je mets fort en doute l’impartialité.

Le Commissaire Chideh,
bombardé a la tête de la Mairie de Djibouti, sans aucun mérite,
sans aucun diplôme, sans aucun talent, cela ne prouve-t-il pas que les choses ne fonctionnent
plus comme avant.

Comment voudriez-vous
que les choses fonctionnent convenablement à Djibouti tant que celui
qui tient les rênes du pouvoir ne bénéficiera pas du Douha
de son pére et de sa mére Amina Rirache.

Son pere a maudit ce fils
à qui, les djiboutiens sont censés avoir donné leur accord
pour qu’il gouverne pendant 20 ans encore la petite République de Djibouti.

En Belgique, la vie commence à ressembler à celle de Djibouti
!

On y trouve du khat, la
chicha, de l’argent facile provenant des aides sociales, des cousins
installés en hollande, de l’autre côté de la frontière.
La Gare est devenue le lieu de rencontre privilégié
des Djiboutiens qui débattent des problèmes politiques.

Durant l’été 2002, je me s’y suis rendu. J’étais hébergé
chez une cousine qui, après avoir vécu en France, a déménagé
pour s’installer en Belgique. Elle vient d’être rejoint par son mari,
en provenance de Djibouti.

Qui, à Djibouti,
ignorerait tout ce qui se passe à Bruxelles et ce qu’y font les opposants
?

On a parlé de l’arrivée d’Anissa Barkhat Soubagleh, l’épouse
de Daher Ahmed Farah, président du PRD. DAF a conclu un accord avec
IOG aux termes duquel sa famille a été autorisée à
quitter le pays. En échange, il s’est engagé à ne plus
aborder des sujets brûlants qui touchent la Présidence de la
République (Ex : l’affaire Borrel, le meutre du Major Daheiyié,
le blanchiment d’argent sale en provenance de la France, le vol des deniers
publics, l’appauvrissement de la population etc…. – Bref tout ce qui fâche
Guelleh). DAF, selon des sources fiables que j’ai pu recouper, a conclu cet
accord parce que sa situation personnelle devenait intenable avec la responsabilité
d’une femme et de quatre enfants.

Il aurait même dit
” taha lai ougoudai ” (qu’Allah me vienne en aide).

Les autres opposants comme
Aden Robleh, Moussa Ahmed Idriss, Dini, Moumin Bahdon, Ismail Guedi Hared
sont obligés de jouer le jeu de Guelleh, afin de le calmer et surtout
d’éviter que sa colère ne s’abatte sur eux.

En plein Ramadan, le pouvoir
a organisé un congrès qui s’est tenu au Palais du Peuple. Il
s’agissait d’y désigner le Président du PND. Jamais Aden Robleh
n’avait bénéficié d’un tel privilège. Avant, c’était
plutôt les Compagnies d’intervention de la FNP qui débarquaient
chez lui, dès qu’il levait la voix ou qu’il réclamait quelque
chose …. Ces groupes d’intervention de la 4ème Compagnie sont
commandés par le Capitaine Omar Assoweh Guelleh et sont basés
à Nagad. Le lieutenant Abdillahi Ibrahim Fod le seconde.

Il est clair, désormais,
que Daf et ses copains sont fatigués de se battre. Ils ont bien compris
le message de l’actuel Ministre de la Justice M Iismail Ibrahim. Lorsque Daf
s’était plaint du fait que le Procureur de la République s’était
opposé à son départ pour les USA, Ismail Ibrahim lui
avait conseillé de se tenir tranquille et de soutenir le régime,
en l’assurant que tous ses problèmes seraient réglés
sous quarante-huit heures …

En plus il avait ajouté
que s’il cessait d’être dans l’opposition, il pourrait remplacer le
Ministre de la Communication Rifki Aboulkader Bamakrama.

La suite sera pour demain…

Sergent
Hassan Moussa dit Ariko

London
Ontario – Canada

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Note de l’ARDHD

Comme
toujours, la publication de la chronique du Sergent Ariko est faite sous sa
propre responsabilité. L’ARDHD n’ayant pas les moyens de vérifier
toutes les informations, elle laisse aux lecteurs, le soin de se forger leur
propre opinion.

Cela
dit, nous tenons à féliciter le Sergent Ariko pour toutes les
informations qu’il nous donne et qui sont, semble-t-il, très attendues
par de nombreux Djiboutiens, lassés du système répressif,
autoritaire et injuste du ‘Chef des mercenaires d’une ville de garnison’,
comme s’est plu à le qualifier un journaliste de la revue Afrique-Asie
….

Nous
attendons la suite avec impatience ….

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