02/12/02 (B174 / 2) Coup de théâtre ce lundi soir sur Canal +. Hassan SaÏd, le chef de la SDS et l’un des plus proches collaborateurs d’IOG, confirme le témoignage d’Alhoumekani …. ! Du rififi au Palais en perspective ?

Une
affaire d’honneur et de mémoire pour Mme Borrel

Dans l’émission
de Canal + qui a été projetée ce lundi soir, nous découvrons
d’abord Mme Borrel qui a expliqué les motivations de son action : simplement la recherche de la
vérité pour elle et pour ses enfants et rien d’autre. Savoir. Savoir comment et pourquoi son mari est mort à Djibouti. Qui l’a tué ? A-t-il souffert avant de mourir ? C’est uniquement pour obtenir les réponses à ces questions qu’elle mène ce combat.

Son avocat, Me Olivier
Morice, s’exprime à plusieurs reprises au cours du reportage. Il pose des questions sur
la façon dont cette affaire a été conduite. On voit aussi
l’ombre de l’Ambassade de France et en particulier celle de M. Moulines qui était Chef de la
Coopération à l’époque. C’est lui qui avait conclu ‘au suicide’ dès
les premières heures, sans aucun élément à sa disposition.

Hassan
Saïd confirme le témoignage d’Alhoumekani :

Le scoop c’est Hassan Saïd qui le fournit. Il s’exprime
calmement et il montre au journaliste, à qui il fait visiter le Palais
de l’Escale, non seulement l’endroit où s’est tenue la réunion
(qui n’a jamais eu lieu, soi-disant) mais aussi l’endroit exact où se trouvait
le témoin Alhoumekani …. C’est clair et sans ambiguïté.


Y aurait-il à Djibouti des hommes spécialisés dans l’élimination
physique ? Hassan Saïd d’ajouter “On pourrait imaginer si on avait envie ….
Hassan
SAID
Chef de la SDS
Hassan
Saïd vient de montrer au journaliste l’endroit où se tenait
la réunion et la position d’Alhoumekani, derrière la
grille.

 

Cela pourrait remettre
en cause, comme nous l’avions déjà écrit, tout le système
de défense de Guelleh, dont le service de communication avait toujours
nié l’existence de cette réunion …..

Un
suicide impossible à l’endroit où le corps du juge a été
retrouvé.


L’éboulis que le Juge Borrel aurait descendu
en pleine nuit, sans se blesser la plante des pieds et sans respirer.
La reconstitution de nuit n’a pas été possible, car jugée
trop dangereuse !

A part cela,
l’équipe de Canal + montre le lieu où le juge se serait suicidé.
Le reportage démontre que le juge Borrel n’aurait pas pu dévaler,
en pleine nuit et enflammé cet éboulis de rocher, sans respirer
ni se faire mal aux pieds et en se donnant un coup ‘Post mortem’.

Les
premiers juges en charge de l’enquête Moracchini et Leloire.
Ils avaient été déssaisis du dossier par décision
du Ministre français de la Justice
Le
Juge Parlos qui a repris le dossier.Après une nouvelle reconstitution
sur les lieux à Djibout, il a fait procéder à
une ultime autopsie, dont le résultat devrait être porté
prochainement à la connaissance du public.


La thèse qui avait été présentée par les
premiers juges ne tiendrait-elle pas la route ? Quels pourraient alors être
les intérêts qui seraient en jeu, à la fois du côté
français et du côté djiboutien ?

La
conférence de presse avortée de Paris.


IOG lors de la conférence de presse écourtée
de Paris.
Tremblant de rage, il va se lever pour quitter la salle sans un mot

L’équipe poursuit
en montrant la prestation minable de Guelleh lors de la Conférence
de Presse à Paris et son ‘véritable amour’ des journalistes
qui lui parlaient de l’affaire Borrel. Son voisin voulait même leur
faire retirer le micro. Ils se croyaient à Djibouti ? Toujours est-il
qu’IOG, furieux et décontenancé, a batttu en retraite après
quelques minutes, refusant de poursuivre la conférence et de répondre
aux questions. (La conférence était prévue pour durer
plus d’une heure ..)

Bravo à l’équipe
de Canal + et surtout à Bernard Nicolas qui a fait un travail d’investigation
remarquable pour présenter objectivement des faits, sans ne jamais
prendre parti. Il n’y a ni haine ni attaque, mais simplement une présentation
sans concession de ce que les journalistes ont vu et observé.

Les
témoignages d’Alhoumekani et d’Iftin

Alhoumekani
:” je ne changerai jamais mon témoignage. Je ne l’ai pas
fait en dépit des pressions de Mme Moracchini …”
Iftin
: j’ai été contraint de recopier à la main un
texte qui m’a été soumis pour disculper IOG. Ensuite
pour éviter la mort, j’ai fui Djibouti en passant en Ethiopie
la frontière à pied.


L’équipe a interviewé
à Bruxelles Alhoumekani qui a confirmé, sans ambiguïté
et sans modification, son témoignage initial. Ensuite Iftin, interviewé
à Addis Abeba, où il se cachait, a expliqué les pressions
(et les menaces) auxquelles il avait été soumis jusqu’à
ce qu’il cède et qu’il rédige finalement ‘sous la dictée’
une lettre manuscrite, destinée soi-disant à innocenter Guelleh.
Cette lettre pourrait peser lourd, maintenant, dans le dossier, à charge,
puisqu’il y aurait eu pression sur un témoin. Cela peut-il sous-entendre
que l’on voulait cacher quelque chose à la justice. Le reportage nous
montre aussi l’arrivée d’Iftin à Bruxelles et l’accueil chaleureux
qu’il a reçu à l’aéroport.

L’équipe de
Canal + pose la question de savoir pour quelles raisons, les autorités
françaises ont-elles refusé d’accorder un visa à Iftin
?

Des
tueurs formés à Djibouti ?

Enfin, on croit rêver
en entendant Hassan Saïd qui reconnaît (en sous-entendu) que le
système djiboutien disposerait d’un nombre suffisant d’hommes formés
et entraînés pour participer à des ‘éliminations
physiques, s’il en avait envie …. Il ouvre ainsi la porte, indirectement,
à des meurtres commis par l’Etat. Cela fait-il partie intégrante
du système de Guelleh ? Ce serait alors l’apothèose de la République
bannanière dans toute sa splendeur. Ce ne sont pas les journalistes
qui le déclarent, mais un dignitaire du régime et pas n’importe
lequel : le grand patron de la SDS !

Une
tempête au Palais de l’Escale ?

Commen IOG va-t-il réagir
? Non seulement un proche semble l’avoir sinon trahi mais au moins sérieusement
enfoncé … L’étau se resserre dangeureusement autour de lui
avec les témoignages (confirmés par ses proches) d’Alhoumekani
et d’Iftin, et l’apparition dans le dossier d’une nouvelle juge française
(Sophie Clément) qui ne semble pas avoir chaussé les bottes
de ses prédécesseurs et qui donne l’impression de vouloir rechercher
la vérité, sans arrière-pensée.

Et
la suite ?

A notre connaissance,
des plaintes pénales pourraient être déposées dans
les prochains jours, émanant tant du côté de la partie
civile (Famille Borrel et défenseur) que des témoins à l’encontre de certains magistrats et probablement d’IOG ou de ses proches.