03/02/03 (B183) FORT ET JUSTE : réponse du Sergent Ariko aux propos de Mohamed Qayaad.

Lettre
ouverte adressée à Monsieur Mohamed Qayaad.

par
le Sergent Ariko de la Gendarmerie nationale.

Cher Monsieur,

Je vous adresse
cette lettre à la suite de la mise au point que vous avez fait publier
sous le titre “DAF et l’obsession d’Ariko”,

Vous trouverez les commentaires
et les remarques critiques que les affirmations contenues dans votre introduction
m’ont inspirés.

Comme le disait, le fameux
poète somalien, Mohamed Ibrahim Warsama dit Hadrawi.

“adigoon ogeyn
baan uurkaaga baadho ula dheero arrintaadu dafow af gobaadsi weeyee”.

Si votre amour propre
s’est évertué à répliquer au point de vue que
j’ai exprimé, sachez tout d’abord que j’admets tout à fait que
votre argumentaire puisse être légitime. Mais il n’en demeure
pas moins que votre réaction, allant au-delà d’une simple prise de
position sur le contenu de mes écrits, visaient à jeter effectivement
le discrédit sur ma personne. Quelle est la logique ? Quelles sont vos motivations ? Quel est le but masqué ? N’y aurait-il pas un aspect blaphématoire ?

Le plus souvent, nous
sommes conduits à faire des choix dans notre vie et nous essayons de nous rassurer en nous persuadant
que nos décisions sont le fruit exclusif de notre volonté omnipotente.

La réalité,
est bien différente et quand nous nous rendons à l’évidence, nous arrivons toujours à cette conclusion
: les voies d’Allah, qui nous guident à chaque instant, sont et demeurent impénétrables.

C’est la raison pour laquelle,
nous devons nous protéger des fausses affirmations. Même lorsqu’elles
semblent bien construites sur le plan de l’expression, les injures à l’encontre de la personne humaine sont autant d’injures à la nature même, qui appartient exclusivement au domaine d’Allah.
Il ne faut pas placer la Raison au dessus de la Foi, car les Lois de la passion
compromettraient la Raison qui devrait conduire lucidement et objectivement
nos propres actions.

Il ne faut pas que votre
discours d’opposant, (et je ne suis pas assuré que vous en soyez vraiment
un) ne détruise le sens traditionnellement religieux de notre éducation.

Lorsque j’affirme que
DAF a été acheté et que Dini n’est que l’instrument du
pouvoir, Cher Monsieur, je me fonde non seulement sur leurs déclarations
mais aussi sur des témoignages dont je n’ai pas à communiquer
ni les sources ni la teneur, pour me justifier.

Si vous étiez un
vrai politicien, vous comprendriez le sens profond de mon message, mais cela
ne semble pas être le cas, car vous ne supportez pas le fait que je ne maquille pas la
réalité mais que je dise simplement la vérité.

Je n’ai aucune rancune
à votre égard, car pour un opposant comme moi et dans le contexte
que nous traversons, dire la vérité est, en quelque sorte, un
acte de bravoure militaire.

Je n’ai pas l’ambition
de fasciner qui que ce soit, mais sachez simplement que je risque ma vie
pour dire des choses, pour dénoncer des faits et pour informer sur
des événements souvent mal connus et peu glorieux, que le régime voudrait bien
étouffer à jamais en l’effaçant de la mémoire collective.

Me considérer comme une
prison à ciel ouvert et prétendre de plus que tous les internautes vont
mourir s’ils ne lisent pas mes articles, est une conception digne d’un fanatique
qui n’écoute plus que ses propres pulsions.

Je ne nourris absolument
pas l’ambition de me faire passer pour un messie qui voudrait guider les aveugles
(en êtes-vous un, Cher Monsieur ?) mais je vous demande
simplement de regarder les choses sous leur vrai visage parce que la vanité
pourrait fausser votre jugement et égarer votre esprit.

Je respecte votre choix
et votre liberté, en particulier, celle de me dire ce qui ne vous convient pas
dans mes propos, mais vous devriez faire la différence entre d’honnêtes
critiques sur le fond et des propos sur ma personne, que vous voudriez assassins et définitifs.
Ne dépassez-vous pas les limites lorsque vous cherchez à faire passer pour des affreux tous les gendarmes qui ont fui le régime,
effrayés et paniqués par ce qu’ils ont vu, entendu et constaté.

Depuis quelque temps,
vous avez choisi d’être un homme au service exclusif de la critique et vous avez perdu toute vision prospective et stratégique : c’est votre droit le plus absolu. Mais la cohérence
commande que que vous proposiez alors des alternatives réalistes à
la gestion de la politique et des débats d’idée, au lieu de
vous acharner maladroitement contre l’ensemble des opposants (mamassan ou autres), qui n’acceptent pas les mensonges des dirigeants.

Ce n’est pas en injuriant
ni en dénigrant tout le monde, toutes les idées ou toutes les
propositions, que vous allez contribuer à vous forger un destin glorieux.

L’engagement personnel
pour des idées ou pour des systèmes (dictatoriaux ou autres
?) ne doit pas forcément s’exprimer en termes puérils, en mots injurieux accolés à la suite les uns des autres et en outrage (punissable, dit-on à Djibouti par les Lois
internationales sur le Respect de la personne humaine et sur la liberté
d’expression)

Déteste pour
ta personne, ce que tu détestes chez les autres.
Accepte des gens ce que tu voudrais qu’ils acceptent de toi et ne dis pas
ce que tu n’aimerais pas que l’on te dise.

Espérant secrètement
au fond de moi, que vous ferez quand même une petite grimace en prenant
connaissance de cette lettre ouverte, je n’en pense pas moins que vous avez
suffisamment d’intelligence pour trouver la place qui vous convient dans les
coulisses d’un pouvoir que vous ne cessez de convoiter.

Au revoir, Cher Ami.

Sergent
Hassan Moussa dit Ariko
Tilbrug, Hollande