04/03/03 (B187) Portrait : L’homme “de main” du Président. Hassan SaÏd dit Madobé.

 

Natif de la ville
d’Ali Sabieh, Hassan Saïd Khaireh est né en 1951. Il a 20
ans lorsqu’il s’engage dans la police nationale. Six ans plus tard,
Djibouti accède à l’indépendance.

C’est à cette
époque qu’il fait la connaissance de celui qui, vingt-deux ans
plus tard, deviendra le chef de l’État : Ismaïl Omar Guelleh.
Dans l’ombre de celui-ci, inamovible patron des services de sécurité,
il fera toute sa carrière.

Dès 1978, il est
l’un des premiers fonctionnaires affectés au Service de documentation
et de sécurité (SDS), nouvellement créé. Sa loyauté
envers Guelleh et son esprit d’analyse concourent à en faire le numéro
deux. En 1985, Guelleh est nommé chef de cabinet du président
Aptidon et Khaireh lui succède tout naturellement la tête du
SDS.

Le 8 juin 1999, au lendemain
de l’élection de son mentor à la présidence, il est nommé
chef de la Sécurité nationale. À ce titre, il chapeaute
le SDS et la redoutable Force de police nationale (FPN), le corps d’élite
du régime.

Marié et père
de trois enfants, cet Issa longiligne aux cheveux plus sel que poivre est
désormais impliqué dans toutes les décisions importantes
et participe notamment aux rencontres entre Guelleh et le général
John F. Sattler, le patron de la Combined Joint Task Force (CJFT). Bien entendu,
il s’efforce de convaincre son interlocuteur que la sécurité
est parfaitement assurée dans le pays.

« Le taux de criminalité
y est très faible et plus de 75 % des détenus sont des ressortissants
étrangers, éthiopiens et somaliens en premier lieu »,
plaide-t-il. Mais c’est précisément ce que redoutent les Américains
: une immigration non contrôlée en provenance d’un pays à
haut risque. Dans leur collimateur, le mouvement baptisé

El Itihad Islami Somalia,
auteur du double attentat du 28 novembre, à Mombasa. « Nous savons
que vingt mille réfugiés somaliens sont établis chez
nous. Nous savons aussi que, chaque jour, une cinquantaine d’Éthiopiens
et de Somaliens franchissent illégalement la frontière. Mais
nous contrôlons la situation, l’ordre public n’est pas menacé.
»

Les Américains
en sont-ils convaincus ? « Ils sont là et nous nous entendons
très bien. Aussi bien qu’avec nos amis français », répond
Khaireh. Qu’attend-il de l’installation de la Task Force à Djibouti
?

D’abord, une formation
pour une cinquantaine de ses hommes ; ensuite, la livraison de matériel
de surveillance électronique afin de rendre les frontières du
pays moins « poreuses ». Quand il aura obtenu ce qu’il attend,
alors, oui, Hassan Saïd Khaireh sera un chef de la Sécurité
nationale heureux.

Ch.O