09/04/03 (B192) Une nouvelle fois, DAF a été lourdement condamné par le Tribunal aux ordres de la dictature. (Extrait du Renouveau N° 474)

Guelleh a-t-il pris exemple
sur l’un des autres membres du Cercle très fermé des dictateurs
sanguinaires pour agir dans la précipitation et en profitant de la
Guerre en Irak. Nous voulons parler de Fidel Castro qui n’a pas hésité
à faire condamner des journalistes et des opposants à des peines
particulièrement lourdes.

Guelleh a demandé
un peu de mesure au Tribunal puisque le journaliste et opposant n’écoppe
que (allait-on dire !) de six mois de prison avec sursis et de 2.000.000 de
FD d’amendes. Plus de 10.000 dollars qui iront enrichir le Général
Zakaria au passé doûteux …

La question peut-être
posée de savoir si le sursis tient, car c’est la deuxième condamnation
à une peine avec sursis et le rusé Guelleh pourrait bien faire
constater que le sursis est tombé. Il pourrait ainsi faire placer le
pauvre Daf, non pas à l’ombre comme on le fait en Europe mais au soleil
à Gabode
!

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Extrait du Renouveau du 10 avril N° 474

DAF lourdement condamné


Comme annoncé, DAF est de nouveau retourné à la barre.
Il l’a fait lundi 7 avril 2003.
En ce lundi matin, le vieux Palais de Justice est bouclé par un imposant
dispositif policier. Signe qui ne trompe pas : le régime procède
de la sorte chaque fois qu’il juge une affaire où il ne se sait pas
sans fautes. Ainsi, à procès politicard, dispositions policières
particulières. Comme les désirs du prince doivent primer sur
le droit, l’on prend ses précautions, par réflexe. Sait-on jamais…

A neuf heures, arrive
donc Monsieur Daher Ahmed Farah, président du MRD, et directeur de
publication du Renouveau Djiboutien. Il n’est pas seul, loin s’en faut. Il
est accompagné des autres dirigeants de l’opposition ainsi que de nombreux
partisans de celle-ci. Le président de l’UDJ, Monsieur Ismael Guedi
Hared, son premier vice-président, le Général Ali Mehidal
Waiss, le président du PDD, Mohamed Daoud Chehem, le premier vice-président
et président par intérim de l’ARD, Monsieur Ahmed Youssouf Houmed,
le porte parole de l’ARD et directeur de publication de Réalité,
Monsieur Ali Mahamadé Houmed, le Secrétaire Général
de l’UDJ, Monsieur Farah Ali Waberi, Monsieur Abdoulkader Ahmed Hassan, membre
dirigeant du MRD, ainsi que d’autres membres de l’opposition tels que Mohamed
Ahmed Mohamed dit Moli et Ahmed Mohamed Abdallah dit Bonney.

La vieille salle des audiences,
malgré sa récente couche de peinture porte bien les marques
de la gouvernance, se retrouve encore une fois archicomble de militants de
l’opposition djiboutienne. La Cour se fait attendre longtemps. Elle ne déroge
pas à la tradition de retard. De sorte qu’il est près de 10
heures lorsque la sonnerie annonçant son entrée retentie. A
sa vue l’assistance se lève, davantage par politesse que par respect
pour une justice qui tarde à s’émanciper de la négative
et regrettable Influence du pouvoir en place.

La composition de la Cour
n’a pas varié par rapport au lundi 31 mars2003. elle est présidée
par Monsieur Yacin Darar, en position de juge unique, le ministère
public est toujours représenté par Monsieur Ahmed Loita.

A peine assis, le juge
Yacin prend la parole. Il parle bas, ce que n’arrange pas le non fonctionnement
de la sonorisation. Il appel DAF qui se lève et va se placer encore
une fois à la barre. Le magistrat lit la décision d’une voix
à peine audible. Il n’a l’air ni serein ni sûr de lui.

” Monsieur Daher
Ahmed Farah est reconnu coupable du délit de diffamation, débite-t-il,
le regard fuyard. Il est condamné à six ans d’emprisonnement
avec sursis, à la somme de 2.000.000 FD (plus de 10 000 dollars US)
au titre des dommages et intérêts pour la réparation du
préjudice subi par la général Zakaria Cheik Ibrahim “.

Ainsi tombe ce verdict,
gratuit et ridicule. Comme bien d’autres avant lui comme tant d’autres après
lui, aussi longtemps que perdurera ce régime médiéval,
un tel jugement n’obéit qu’à la volonté de répression
du pouvoir. Encore une fois, l’ordre établi insulte au droit et à
l’idée de justice. Encore une fois, il raisonne du ventre et s’interdit
tout effort d’intelligence.

Mais la lutte pour la
démocratie et l’Etat de droit n’en a cure. Elle n’a que faire des agissements
d’un pouvoir d’un autre âge. Inébranlable, elle continue.

Aussi, la décision
politicarde qui vient de tomber ne suscite que la réaction qu’elle
mérite : le sourire chargé qui sied au ridicule récurrent.
C’est de la sorte que DAF l’accueille. Ses nombreux amis politiques aussi.

Et la salle de se vider
de l’essentiel de l’assistance, de ces femmes et hommes qui refusent d’abdiquer
leur liberté et leur dignité, c’est-à-dire leur intelligence.

Questions à
responsables
Nos questions s’adressent cette semaine au général Zakaria
Cheik Ibrahim, numéro deux de l’Armée avec le titre de Chef
d’Etat Major de la Défense.

Mon général,
usant de notre liberté naturelle d’expression, qui n’a que faire des
agissements tendant à nous aliéner, nous nous adressons de nouveaux
à vous. Nous le faisons sur le mode interrogatif et sur un sujet qui
n’est pas sans intérêt pour nos lecteurs comme pour l’opinion
nationale. Il s’agit de votre conception du commandement militaire.
Général, vous commandiez le Camp Cheik Osman (CCO) et l’unité
blindée qu’il abrite avant de devenir numéro deux de l’Armée.
Et ce durant de longues années où vous vous êtes illustré
par une présence peu commune au CCO.

Vous y aviez et le bureau
et le mabraz où vous passiez le plus clair de votre temps. En dehors
des heures de service allant (à peu de choses près) de 6 heures
à 13 heures, vous reveniez l’après midi pour vous installer
au mabraz jusque très tard dans la nuit, appareils téléphoniques
à portée de main. Etait-ce réglementaire ?

Il semble que, malgré
votre promotion à l’Etat Major, vous n’ayez guère changé
d’habitudes. Est-il donc vrai que vous fréquentiez encore assidûment
le CCO ? Y avez-vous toujours votre bureau et votre mabraz ? qui entretien
le mabraz ?

Trouvez-vous une telle
attitude normale alors qu’un autre officier est censé exercer le commandement
de l’unité blindée ? Cumuler avec ses fonctions de Numéro
deux de l’Armée, le commandement de fait d’une formation, fût-elle
blindée, vous paraît-il dans les règles ? Est-ce que cela
ne trahit pas le caractère non républicain de l’Armée
où certains ont plus de droits que d’autres pour des raisons que vous
pouvez aisément deviner ?

Nous attendons votre réponse.

Républicainement
vôtre.