10/07/03 (B205) RSF / Djibouti : Liberté de la presse – 9 juillet 2003. Daher Ahmed Farah de nouveau en prison

La
cour d’appel de Djibouti a condamné Daher Ahmed Farah, directeur de
publication du journal Le Renouveau et président du Mouvement pour
le renouveau démocratique et le développement (MRD, parti d’opposition),
à trois mois de prison pour “diffamation”, le 9 juillet 2003.
A l’issue de l’audience, Daher Ahmed Farah a été immédiatement
conduit à la prison de Gabode (Djibouti). Son journal est également
interdit de parution pendant trois mois.

“C’est un véritable
harcèlement. C’est la troisième fois que Daher Ahmed Farah est
emprisonné cette année. Aujourd’hui, il est condamné
à trois mois de prison dans une affaire pour laquelle il avait été
relaxé en première instance. Ce n’est pas sérieux. De
plus le montant astronomique demandé au titre des dommages et intérêts
signe l’arrêt de mort du Renouveau. Comment un petit journal, qui tire
à quelques centaines d’exemplaires pourrait-il trouver plus de 65 000
euros ? L’Etat le sait très bien et a trouvé là le moyen
de faire taire une publication qui dérange le pouvoir en place”,
a déclaré Robert Ménard, secrétaire général
de Reporters sans frontières.

Selon les informations
recueillies par Reporters sans frontières, la cour d’appel de Djibouti
a condamné Daher Ahmed Farah à trois mois de prison ferme, trois
mois de prison avec sursis, treize millions de francs djiboutiens (environ
65 000 euros) de dommages et intérêts et 200 000 francs djiboutiens
(environ 1 000 euros) d’amende. Le Renouveau est interdit de parution pendant
trois mois.

Daher Ahmed Farah était
poursuivi par le chef d’état-major de l’armée, le général
Zakaria Cheik Ibrahim, et par les membres d’un groupe folklorique militaire,
la Troupe Harbi, pour “diffamation”. Dans son édition n°475
du 17 avril 2003, Le Renouveau avait reproché au général
d’utiliser la Troupe Harbi à des fins politiques et personnelles. “Est-il
républicain de mettre au service de la propagande d’un régime
un élément de l’institution militaire ? Pensez-vous agir en
officier républicain en vous prêtant à l’instrumentalisation
politicarde d’une troupe culturelle militaire ? Général, est-il
vrai que des membres féminins de la Troupe Harbi continuent, comme
par le passé, à vous servir (Š), en tenue de sport bien
entendu ?”, avait publié Le Renouveau à l’adresse du général.
Un tribunal de première instance de Djibouti avait prononcé
la relaxe de Daher Ahmed Farah, dans le cadre de cette affaire, le 23 juin.

Le journaliste et opposant
a été emprisonné à plusieurs reprises au cours
de ces dernières années. Dans la plupart des cas, il était
poursuivi pour un délit de presse et a été condamné
à des peines de prison ou à des amendes.

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