17/09/03 (B212) Déclaration de la LDDH, au sujet de l’opération “refoulement des étrangers”, dont le nombre total pourrait dépasser 120.000 et non 80.000 comme le dit la communication officielle.

Le Président

DECLARATION DU 15 SEPTEMBRE 2003

Lors de l’interview radio-télévisé
et résumé par le journal ” La Nation ” , le Ministre
de l’Intérieur nous a, en partie, réconforté du fait
que les mesures portant sur des violations de domiciles, contraires au Titre
II de la Constitution, que ces mesures inadmissibles et ” dignes d’une
Administration coloniale “, que les mesures de fouilles des domiciles,
à la recherche d’immigrés, semblent, à priori, ne plus
être retenues.

En effet, ” évoquant
les opérations de refoulement M. Abdoulkader Doualeh a indiqué
qu’il s’agira d’opérations ciblées. Il a ajouté qu’elles
se feront d’une manière régulière. Les opérations
se feront dans le calme et la tranquillité et dans le respect de la
dignité humaine. “.

Toutefois, la LDDH tient
à préciser, que des fouilles de domiciles même si elles
sont ciblées ne peuvent pas être justifiées par une quelconque
légalité, ou une quelconque raison d’Etat, et la prise d’une
telle mesure illégale, anticonstitutionnelle ne peut être que
dangereuse et révoltante car humiliante et traumatisante.

Le chiffre officiel des
personnes immigrées qui ont quitté le Territoire est de 80 000,
mais en réalité et compte tenu aussi des marges d’erreur dans
les comptages globaux, le chiffre de 120 000 à 130 000 est plus fiable.

Actuellement, avec moins
de cinq pour cent des immigrés qui ne sont pas partis, il est de notre
devoir de considérer que les opérations prioritaires doivent
consister à éviter un nouvel afflux d’immigrés économiques,
et donc doivent consister à éviter que nos frontières
soient de véritables passoires. Oui, il ne faut plus que ” Djibouti
: Terre de Rencontre et d’Echanges ” soit taxé à nouveau
de ” Terre des rafles et des expulsions “, comme en l’an 2000, lorsque
l’ancien Ministre de l’Intérieur M. MIGUIL avait, ” à cor
et à cri ” déclaré qu’ils avaient raflé et
reconduit manu militari à la frontière, en quelques jours, plus
de cinq mille immigrés. Quel honte pour notre République !

Sur le plan de la politique
sociale intérieure,

Les défenseurs
des Droits de l’Homme :

1°) encouragent
les membres du Gouvernement, les membres des différents Partis Politiques,
les Forces Syndicales , les membres de la Chambre de Commerce de permettre
à tous les Travailleurs d’exercer librement leurs activités
syndicales.
2°) exigent du Gouvernement de mettre fin à sa politique de répression
et d’interdiction des manifestations ou des grèves à caractère
syndicales, sous prétexte de sécurité, pour, soit disant,
prévenir tous les débordements que le nombre impressionnant
d’immigrés peuvent occasionnés.

Mais aujourd’hui, cette
fausse peur ne peut plus exister. Cette fausse peur ne doit plus exister.
Par conséquent, tous les Travailleurs djiboutiens doivent être
libres, ils doivent être à même de participer à
des manifestations, de déclencher des grèves, de créer
des Syndicats de Chômeurs ( Travailleurs potentiels), de combattre par
tous les moyens pacifiques et légaux : les détournements des
Deniers Publics et des Biens Sociaux ; le gel des indices des avancements
d’échelons ( gel qui démoralise les fonctionnaires de l’Etat,
car ils demeurent sans avenir) ; le non-paiement des arriérés
des salaires des Travailleurs de l’Etat ; les humiliations, les exploitations
dégradantes, et les favoritismes discriminatoires.

c’est par des manifestations
publiques sans contrainte aucune, des manifestations contre l’injustice
et les abus de pouvoir ;

c’est par des concertations
transparentes, sérieuses, franches entre d’une part, les partenaires
sociaux ( Syndicats et Patronats) et d’autre part, les Pouvoirs Politiques
( y compris les Partis politiques), que l’on peut sortir et sauver le pays
du marasme qui l’envahit et risque de l’engloutir à jamais.

Sur le plan régional.

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains réitère son Appel en direction des pays voisins,
afin qu’aucun effort ne soit ménagé pour porter soutien et assistance
dans la réinsertion aux rapatriés volontaires qui ont regagné
leur pays.

Ces personnes qui ont,
en grande majorité, aidé le peuple djiboutien après l’indépendance
en participant à la construction, en particulier de la ville de Djibouti,
ont droit à des respects et des gratitudes.