06/12/03 (B224) Affaire Dreyfus – Affaire Borrel, on trouve des similitudes bien curieuses sur la forme – Si l’Affaire de l’assassinat prémédité du Juge Bernard Borrel ne débouchait pas sur l’émergence de la Vérité, ce serait alors la Justice française qui serait doublement assassinée.

(Lu sur HANANEWS www.hananews.org)

Par Bouh Warsama.

Les fondements de la démocratie
française étant en cause, l’Affaire Dreyfus fut l’une
des grandes crises politiques du 19ème siècle qui faillit faire
basculer la IIIème République.

Bien au-delà du
climat de désarroi de l’époque, des doutes, des humiliations
et du désir de revanche sur les effets de la guerre de 1870, l’aspiration
à l’ordre favorisèrent des choix souvent irrationnels avec
l’agitation qui menaçait une république qui cherchait ses
assises et qu’accompagnait l’émergence d’un courant
puissant de nationalisme agressif où l’antisémitisme s’exprimait
naturellement – l’Affaire Dreyfus aida Emile Zola à mieux
comprendre à la fois le mouvement de l’histoire et à mettre
en question ses propres convictions idéologiques.

Dans un conflit certes
politique et aigu, c’était bien plus une opposition de valeurs
qui prévalait dans cette Affaire Dreyfus : celle de l’émergence
de la vérité qu’il convenait alors – pour certains
– de masquer par tous les moyens ; cette Vérité qui était
supposée remettre en cause l’Institution militaire de l’époque,
donc porter atteinte à la France et à son renom dans le monde.

C’est ainsi que justice
et droits de l’homme furent défendus face à la parait-il
raison d’État de l’époque et au supposé «
culte étroit de la patrie » – culte n’étant
en l’espèce qu’une vision mensongère de la patrie
et de ses institutions entretenue par ceux qui tentaient de tromper la République
sans dignité aucune, sa Justice et ses valeurs et qui, soit, mirent
fin à leurs jours par refus d’assumer la responsabilités
de leurs actes, soit furent condamnés par les Tribunaux français
de l’époque après que le scandale provoqué par leurs
mensonges coupables les ait rattrapés.

Affaire Dreyfus –
Affaire Borrel, des similitudes sur la forme
Si sur le fond on ne trouve quasiment aucun élément de comparaison
entre l’Affaire du Capitaine Dreyfus et celle du Juge Bernard Borrel
– si ce n’est une volonté évidente d’attenter
à leur honneur de Militaire ou de Magistrat et d’homme tout simplement
– on se doit d’admettre que sur la forme on y discerne d’étranges
similitudes ne serait-ce qu’avec le même déchaînement
de la presse locale ; l’une en France, l’autre à Djibouti.

Dans le déroulement
de l’Affaire de l’assassinat prémédité du Juge
Bernard Borrel – en octobre 1995 à Djibouti – on a mesuré
ces derniers mois ce que peuvent être les débordements outranciers
du journal La Nation et de l’ADI qui ont confirmé combien ils
pouvaient être bien plus préoccupées à tenter de
manipuler maladroitement les consciences locales et à salir la mémoire
du défunt ainsi que l’honneur de sa famille qu’à admettre
– ne serait-ce qu’un seul instant – la véracité
des faits et des témoignages présentés à la Justice
française.

C’est ainsi que ceux
qui prétendent faire du journalisme objectif et d’information
à Djibouti – de par leur dépendance totale par rapport
au pouvoir politique en place – se sont essayés dans des écrits
insipides à des manœuvres de délation et falsificatrices
des vérités.

Rien ne fut épargné
à une femme – Mme Elisabeth Bernard Borrel – dont la seule ambition
a toujours été qu’on lui dise la vérité –
et seulement que cela – sur les conditions exactes du décès
de son époux.

A cela s’ajoute toutes
les allégations gratuites – par trop faciles car sans fondement d’aucune
sorte – manipulées de Djibouti affirmant que derrière l’Affaire
Borrel pourraient se cacher un ou des partis se situant à gauche voire
à l’extrême gauche de l’éventail politique français.

Nous n’en sommes
plus à une hérésie près dans les affirmations
de cette presse et du Procureur Djama lorsque l’on sait que d’une
part il existe des liens très étroits entre des personnalités
politiques de la supposée opposition djiboutienne et les partis de
gauche français.

Mais il s’avère
que ces personnalités – bien qu’étant dépositaires
de documents et de preuves – n’ont jamais témoigné
dans cette affaire auprès de la justice française ou s’ils
l’ont fait – notamment pour l’un d’entre eux, vieil escroc
en diplomatie – ils se sont parjurés et n’ont en rien contribué
à faire avancer ce dossier.

Ceux et celles qui soutiennent
Mme Elisabeth Borrel et sa famille n’ont comme seule ambition que de
faire établir la Vérité par la Justice sur toutes les
raisons et les conditions du décès de son époux, quitte
à saisir l’opinion comme ils et elles le font.

Si l’Affaire de l’assassinat
prémédité du Juge Bernard Borrel ne débouchait
pas sur l’émergence de la Vérité, ce serait alors
la Justice française qui serait doublement assassinée.
Elle serait doublement assassinée car tout fut fait dans un premier
temps dans ce dossier – malgré des évidences manifestes
– pour tenter de faire accréditer la thèse du suicide.

Cette thèse du
suicide a été rendue impossible avec la parution récente
d’un rapport réalisé suite à une nouvelle autopsie
ordonnée par la Juge Mme Clément.

Dans ce rapport, trois
experts médico-légaux de renom estiment “que l’hypothèse
de l’intervention d’un ou plusieurs tiers à l’origine du décès
de Monsieur Bernard Borrel se trouve renforcée » et confirme
les conclusions d’un rapport datant d’octobre 2002, qui spécifiait
que “l’hypothèse d’une mort par auto-agression à l’origine
du décès est peu plausible”.

Dans le rapport des experts
– qui vient de paraître – il est précisé que trois
points permettent de soutenir la thèse de l’assassinat.

Reste à savoir
si toutes les investigations vont être menées sur l’identification
des auteurs de cet assassinat prémédité.

Si ces investigations
restaient en l’état, ce serait alors d’un second Assassinat
dont la Justice serait victime dans cette affaire.