03/05/04 (B245) LDDH : intervention de Jean-Paul Noël ABDI, Président, à l’occasion du 1 er mai 2004.

INTERVENTION DU PRESIDENT
DE
LA LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH )
A L’OCCASION DE LA FETE DU 1er MAI 2004

Chers Travailleuses et
Travailleurs Djiboutiens

En ce 1er Mai 2004, soit
pratiquement neuf ans après les dures répressions d’un régime
qui s’avère, avec les fils du temps comme le régime le plus
foncièrement et sournoisement dictatorial, comme le régime dictatorial
le plus complètement bloqué, totalement obnubilé dans
et par sa répression contre ses propres travailleurs, contre les dirigeants
des deux centrales syndicales Historiques et libres malgré une politique
gouvernementale de ” clonage continu ” de la République de
Djibouti ;

En ce 1er Mai fête
des travailleurs du monde entier, je ne peux que dénoncer cette répression
sans nom qui continue d’étrangler l’ensemble des Travailleurs sur tout
le Territoire de la République de Djibouti, tout en bafouant les Conventions
internationales, les différents accords avec l’OIT, les différents
engagements avec le BIT, bafouant sans vergogne la Constitution Djiboutienne
notamment la liberté Syndicale et les droits de grève et d’expression
syndicale ;

Permettez-moi, chers dirigeants
et militants de base d’unir vos actions pour le Bien-être de toutes
les forces vives de notre pays, pour toutes les forces vives des Travailleuses
et Travailleurs djiboutiens, pour toutes les forces vives de l’ensemble des
Travailleurs potentiels, que sont les actuels chômeurs.

En ce 1er Mai 2004 la
LDDH se joint à vous pour fêtez avec vous, et elle vous demande
de continuer à œuvrer dans les objectifs d’un syndicalisme libre,
dans le combat que vous avez fixé pour atteindre toutes vos revendications,
pour qu’enfin cesse la politique de l’arbitraire, la politique du maintien
de l’impunité, la politique consistant à continuer de bafouer
tous le Instruments nationaux et internationaux sur la protection, la promotion
des Travailleurs, votre légitime combat pour le développement
, l’harmonie et l’épanouissement dans le cadre d’un partenariat libre
et aux objectifs de défenseur des Droits de l’Homme par la défense
des intérêts de tous les Travailleurs, de tous les travailleurs
potentiels ( chômeurs) et des anciens travailleurs (retraités).

En ce 1er Mai 2004, je
vous souhaite une très bonne fête tout en disant :

Vous pouvez compter sur
notre soutien, et surtout sur le soutien de la Fédération Internationale
des Droits de l’Homme ( FIDH) et sur celui de l’Union Interafricaine des Droits
de l’Homme (UIDH) à votre juste et légitime combat de Défenseurs
des Droits des Travailleurs.

Vive la Solidarité
entre les Défenseurs des Droits des Travailleurs et les Défenseurs
des Droits de l’Homme. Même combat pour la Justice Sociale.

Pour terminer le tiens
à remercier le Secrétaire Général de l’UDT M.
Adan Mohamed Abdou pour son aimable invitation.

Brefs rappels de vos engagements
avec le soutien de tous les Défenseurs du Monde entier.

A) OBJECTIFS DU SYNDICALISME
LIBRE

De manière générale,
le syndicalisme djiboutien vise les objectif suivants :

  • défendre les
    droits et les intérêts des travailleurs ;
  • promouvoir la liberté
    syndicale et les valeurs démocratiques ;
  • lutter contre le chômage
    ;
  • renforcer les capacités
    des travailleurs par la formation ;
  • favoriser l’émergence
    d’une culture de partenariat social ( gouvernement, employeurs et syndicats
    des travailleurs ) ;
  • lutter contre toute
    forme de favoritisme basée sur l’appartenance à une tribu,
    à un sexe, à une religion ou une organisation politique…
    ;
  • contribuer au respects
    des Droits de l’Homme.

III) Les événements
majeurs de la lutte syndicale

Conformément à
ses principes syndicaux, et compte tenu du contexte, la lutte s’est organisée
autour des deux grands axes.

A) Les revendications
syndicales – les acquis sociaux.

1) Les salaires

  • Blocage des salaires
    avec gel des avancements des salaires dans la fonction publique depuis 1990
    ;
  • instauration d’impôt
    patriotique de 10 % sur l’ensemble des salariés privés et
    publiques depuis 1991 ;
  • Réduction des
    salaires dans le secteur publique entre 20 et 35% depuis 1995 (Loi des finances
    de 1995) ;
  • Arriérés
    des salaires sur plusieurs mois ;
  • Dégradation
    des structures sanitaires (perte de la couverture maladie) ;
  • Réduction des
    Droits des prestations, des allocations familiales(Loi ” DAACH “)
    ;
  • Réduction des
    congés maladie de 50% ( Loi ” DAACH ” ) ;
  • Suppression du Droit
    au logement ;

2) Le non respect des
textes en vigueur ( généralisation de l’arbitraire )


Non respect de la liberté syndicale ( Conventions 87 et 98 de l’OIT,
ratifiées par la République de Djibouti ) et des droits fondamentaux
de l’Homme.

– Dissolution administratif
des syndicats ;
– Création de syndicats pro-gouvernementaux ;
– Licenciement des dirigeants syndicaux ;
– Répression, incarcération, arrestation et harcèlement
des syndicalistes ;
– Traduction des dirigeants syndicaux devant les tribunaux ;
– Mutation-sanction des syndicalistes ;
– Promotion arbitraire des anti-syndicalistes ;
– Interdiction de fait par la police des réunions syndicales ;

INFORMATION
DE LA LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS
SUR LA REPRESSION PERMANENTE CONTRE LES TRAVAILLEURS ET LES SYNDICATS DE LA
REPUBLIQUE DE DJIBOUTI CONGRES DE LA FIDH DU 1er AU 6 MARS 2004.

Note liminaire

Le problème le plus fondamental et qui, inéluctablement, conduit
la République de Djibouti vers la faillite est franchement le problème
des Travailleurs et des Syndicats, problème purement créé
par le Gouvernement et qui continue encore à s’entêter face aux
Travailleurs du monde entier.

En effet,
la rupture de dialogue entre le gouvernement et les syndicats est d’actualité.

La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a tenté de sensibiliser l’opinion
nationale par des publications dénonçant l’intransigeance gouvernementale
;

La LDDH a
aussi informé les différents représentants officiels
des pays tiers ainsi que les organisations internationales à chaque
fois que l’occasion se présentait.
Il faut reconnaître qu’aucune évolution positive ne semble se
dessiner.

Le président
de la République a rencontré en privé le président
de l’UDT, l’été dernier.

Des promesses
verbales ont été données, jusqu’aujourd’hui, aucun résultat
tangible n’est visible.

SUR LES REPRESSIONS
PERMANENTES ET CONSTANTES CONTRE LES TRAVAILLEURS ET SYNDICATS DJIBOUTIENS
ET SUR LES EXPLOITATIONS DES TRAVAILLEURS ETRANGERS.

Rappelant que la quasi
totalité des dirigeants syndicaux des deux Centrales UDT et UGTD ainsi
que les Organisations des Enseignants du Second et du Primaire SYNESED et
SEP ont été licenciés pour leurs activités syndicales
en 1995 et 1997,
Rappelant que la plupart d’entre eux ont connu des répressions policières
sans précédent, des arrestations répétées
et des emprisonnements arbitraires uniquement pour leurs activités
syndicales,

Constatant encore que
les responsables actuellement en activités sont persécutés
dans leur travail, au niveau de leur profession et certains d’entre eux demeurent
sans salaires.

Constatant que le 8 juillet
2002 un accord tripartide est signé entre le représentant du
Gouvernement M Djibril Omar Houffaneh – Directeur du Ministère du Travail
et des Relations avec les partenaires sociaux, le représentant de l’OIT
M. Ndaya Momar et trois représentants syndicaux.

Cet Accord stipule que
le Gouvernement accepte de réintégrés collectivement
les syndicalistes licenciés. A ce jour encore aucune mesure en ce sens
n’a été entreprise, et tous les Accords avec le BIT demeurent
aux points morts.

Déplorant que cette
attitude négative du Gouvernement constitue une grave entrave aux activités
et aux actions des forces syndicales qui sont les principaux partenaires sociaux-économiques
et source de développement de la culture sociale, les premières
forces concernées par la prévision, la protection, et les négociations
dans l’intérêt des évolutions sociaux-économiques
des Travailleurs et subsidiairement des Retraités.

Très préoccupée
de la situation inadmissible d’exploitation des Travailleurs démunis
de toutes pièces d’identité et surtout sans aucun document d’assurance
et de prestations sociales.

Soulignant les actions
positives de certaines ONG caritatives en faveur des enfants de la rue, mais
reste préoccupée de la précarité de leur situation
et les risques réels d’exploitation sur tous les plans.

Souhaits

La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains – LDDH – demande aux membres du Congrès
de la FIDH de condamner le Gouvernement de la République de Djibouti
:

– pour les
violations constantes des Conventions internationales
et notamment celles de l’OIT ;

– pour le
refus répété d’appliquer les différents accords
signés avec le BIT entre autres celui de procéder à la
réintégration professionnelle, avec les droits pertinents, de
tous les syndicalistes sanctionnés durant et pour leurs activités
et leurs actions syndicales.


M. NOEL ABDI Jean-Paul