18/05/04 (B247) A VOIX AU CHAPITRE : par AÏNACHÉ. Le désir lancinant du Changement.

DÉSIR LANCINANT
DE CHANGEMENT

Il nous a fallu,
une longue période d’apprentissage de dix ans et une guerre civile
désastreuse qui hélas, a duré autant de temps,
pour accoucher d’un multipartisme limité et contrôlé

( pour ne pas dire dompté, concernant trois des quatre partis
autorisés).
Faut-il se résoudre, à sonner le glas de ce balbutiement
de la démocratie à Djibouti avant même, que les
Djiboutiens aient pu l’expérimenter?

Normalement et selon les
échéances, nous sommes entrés dans une année électorale.

Le tenant du titre et
ses médias n’ont pas hésité, à intensifier la
campagne dont ils ne sont jamais sortis d’ailleurs. Pour s’en convaincre,
il serait utile à chacun de nous, que les Djiboutiens qui possèdent
ou peuvent acquérir la nouvelle publication ” L’Espoir ”
publiée, à l’occasion de la commémoration de l’investiture
du Président, fassent, pour l’intérêt général,
une analyse critique.

De même, il me paraît
aussi utile de revenir sur le troublant interview du Président plein
d’enseignements, publié par l’Intelligent en deux épisodes,
dans les n° 2259 et 2261.

Pour chaque campagne,
il est de bon ton d’avoir une onction internationale, à défaut
d’une reconnaissance ou de soutiens nationaux ou internationaux. Comme d’habitude
ce détachement, de plus en plus croissant de la politique Djiboutienne
par les observateurs et les médias, est pallié par l’achat du
” LE PLUS ” de Jeune Afrique L’intelligent.

Avant chaque élection,
nos amis de ”L’intelligent” réussissent une petite opération
commerciale avec notre Président selon l’importance de l’élection.
Pour les législatives du 10 janvier 2003 cela s’est soldé par
un supplément : ‘ la Lettre de DJIBOUTI’ avec trois photos du Président
tout de même !
Pour l’échéance à venir et comme cela le concerne personnellement,
le tenant du titre n’a pas hésité à financer ” UN
HEBDO, EN PLUS DE L’HEBDO ” de 18 pages, bien entendu à sa gloire
dans : ”LE PLUS” de L’intelligent.

Adieu l’avarice lorsqu’il
s’agit de sa personne.

Pour le commun des mortels
(qui serait peu initié à la chose politique Djiboutienne et
qui n’aurait pas vécu à Djibouti depuis de nombreuses années),
à la lecture de ces 18 pages vantant les mérites de notre Président,
le lecteur lambda finit par se demander d’où vient ce désir
lancinant des Djiboutiens à vouloir un changement?

D’ailleurs, c’est le credo
en cours chez les proches du pouvoir. Certains, sans rire affirment le plus
sérieusement du monde, que le souci pour cette échéance
n’est pas, que ne soit pas reconduit avec une très large victoire,
celui qu’ils considèrent comme leur démiurge, mais de trouver
un challenger pour donner un aspect légal et ainsi : l’apparence démocratique
sera sauve.

AH ! CETTE APPARENCE
DÉMOCRATIQUE.

Le pouvoir tient uniquement
à cette apparence démocratique pour satisfaire les bailleurs
de fonds. Il est de notoriété publique que nos dirigeants manquent
cruellement d’une fibre démocratique. A défaut d’une politique
présentable, le souci majeur de nos dirigeants est exclusivement de
soigner l’apparence et depuis quelques temps le vocabulaire.

Pour ce qui est du vocabulaire,
ce n’est pas encore gagné. Le manque de pratique de l’expression démocratique
est évident à écouter la radio et la télévision
ou à lire La Nation.

Si quelqu’un pouvait encore
avoir le moindre doute, il suffit de lire ou de relire les communiqués
souvent hystériques de la cellule de communication Présidentielle
relayée sans contrôle par les médias locaux. Il y a du
pain sur la planche!

Les quelques personnalités
que les médias daignent évoquer en toute éventualité
comme candidats potentiels, sont disqualifiées à l’avance :
L’une parce que trop vieille et malade, l’autre trop jeune et manquant d’expérience.

En somme, à les
entendre, il n’y a pas dans le pays une seule personnalité qui pourrait
donner le change à l’actuel Président. Sommes-nous aussi dépourvus
d’hommes ou de femmes de valeurs susceptibles de diriger le pays ? J’en suis
moins sûr qu’eux.

Certains leaders qui se
sont investis dans les précédentes élections sont très
hésitants pour aller à la bataille, une nouvelle fois. Ils sont
hantés par l’injustice et la fraude à grande échelle,
qu’ils ont subies lors de la dernière élection, comme à
chaque élection d’ailleurs.

Incroyable mais vrai,
l’opposition unie qui a participé à l’élection de janvier
dernier se bat encore aujourd’hui, pour essayer de récupérer
la caution déposée au trésor public.

Par contre, le spectacle
de la division, pour ne pas dire la jalousie étalée sur la place
publique, entre les membres de l’opposition, procure une certaine jouissance
au tenant du pouvoir.

Il affiche même
une sorte de sérénité apparente.

Dans d’autres cieux, pour
dix fois moins que ça, le pouvoir en place jubilerait.

Cela ne donne pas le droit
pour autant au tenant du pouvoir, d’ignorer jusqu’à l’existence même
d’une quelconque opposition.

La contradiction entre
les discours, laborieusement démocratiques et la pratique systématique
qui consiste à étouffer toute possibilité de contradictions
et de débats, à fini par être criante et ne peut plus
être masquée aux bailleurs de fonds. Il ne suffit pas de clamer
à chaque phrase ‘démocratie…démocratie..’ Il faut
le démontrer par des actes.

Toutes les préoccupations
du pouvoir sont tournées vers l’aval des bailleurs de fonds au détriment
des nombreuses promesses faites au peuple. Il est notoirement admis chez les
Djiboutiens, que les promesses de nos politiques n’engagent que ceux qui ont
encore la naïveté de les croire.

Je persiste à croire,
que décidément, nos dirigeants sont des ” démocrates
“…. non pratiquants.

AÏNACHÉ