25/05/04 (B248) La voix au chapitre : par AÏNACHÉ. “REVELATIONS”.

”LA RÉVÉLATION”

Le service après-vente,
de Jeune Afrique l’Intelligent nous a gratifiés d’un entretien
Présidentiel étonnant.

C’est le moins qu’il
pouvait faire après une opération commerciale lucrative,
de permettre au Président d’évacuer à peu de frais
avec un journaliste complaisant certains nombres de problèmes
préoccupants du moment.

Surtout, cela à
permis de faire oublier la fameuse conférence de presse désastreuse,
face à des journalistes curieux, sur la situation de la Région,
-au Centre d’Accueil de la Presse Étrangère à la Maison
de Radio France – le 03 octobre 2002. Cette conférence de presse avait
écorné l’image que voulait présenter notre Président
à l’extérieur.

Archives : image
de Canal + prise
durant
la conférence de Presse
de Guelleh
à Paris, au moment
où un journaliste lui pose
une question sur l’affaire
Borrel.
Quelques instants plus tard,

il va quitter la salle en “maugréant”
de façon indamissible
contre les journalistes
ce qui avait fait grand scandale.

Pour
ce qui concerne l’affaire de ” l’assassinat ou du suicide ”
du juge Borrel qui pourrit la relation avec la France, à la lecture
de cet entretien recueilli par le journaliste chargé d’assurer
le service après-vente, notre Président semble s’en sortir
à bon compte et renvoyer l’affaire en France. C’est un scandale
franco-français dit-il. Au passage il se paye même le luxe
de s’attribuer le mérite d’avoir fait avancer le dossier.

Enfin, il n’y a pas lieu
de s’immiscer dans une enquête en cours. Attendons, la suite !

La révélation
la plus étonnante est son affirmation sur le commanditaire de l’attentat
du Café de Paris. Elle est le moins qu’on puisse dire, surprenante
à plus d’un titre :

En effet, le Président
nous révèle tranquillement que cet attentat à été
commandité par Aden Robleh.

Voilà une affaire qui a trouvé un témoin de premier choix
en la personne du Président !

A priori, il ne vient
à l’esprit de personne de mettre en doute la parole du premier magistrat
de l’Etat !

Cependant, la question
qui nous brûle les lèvres est : Pourquoi n’a-t-il pas voulu apporter
son concours à la justice pour l’aider à solutionner cette affaire
?

Certes, ce n’est pas la
première fois que la piste d’Aden Robleh est évoquée.
Lui-même a toujours nié être de près ou de loin
concerné par cette affaire. Il avait même adressé une
lettre au juge qui l’avait convoqué le 4 avril 2001 où il déclarait
entre autre, je le cite : ”Je n’ai absolument rien à voir avec cette
affaire étant donnée qu’aux moments des faits, je vivais à
dix mille kilomètres de Djibouti, lieu où les dits faits se
sont produits……”

Il est bon de rappeler
qu’à cette époque là, Aden Robleh, était Président
d’un parti d’opposition qui s’est rallié depuis à la majorité
présidentielle. Ce qui est encore plus déroutant dans cet entretien,
c’est le fait que le Président accuse un membre éminent de sa
majorité ?

Depuis la publication
de cet entretien, Monsieur Aden Robleh n’a toujours pas réagi. Cela
me paraît plutôt incompréhensible. Je l’ai connu plus réactif
que cela.

Son silence confirme-t-il
donc l’affirmation du Président ?

D’autres bizarreries de
cet entretien – : connaissant le commanditaire, pourquoi alors avoir ordonné
et persécuté des citoyens qu’il savait innocent ? Ces citoyens
persécutés, qui ont été estimé à
plus de 300 personnes, ont en commun d’être de la même communauté.
Certains, à la suite des sévices subis sont morts, d’autres
gardent encore aujourd’hui des séquelles.

Les plus chanceux d’entres
eux ont préféré s’exiler avec ou sans familles.

Parmi les enfants des
torturés, il y en a quelques-uns qui font encore des cauchemars plus
de dix ans après. Ils sont hantés par la brutalité des
sévices et humiliations infligées à leurs parents en
leur présence.

A ce sujet, il convient
de saluer l’initiative venant d’OTTAWA qui s’apprête à manifester
pour que cette injustice ne tombe dans l’oubli, comme bien d’autres, sous
le thème :

”JE ME SOUVIENS,
LE 27 SEPTEMBRE 1990 A DJIBOUTI”.

Cette journée de
mauvais souvenir s’ajoutera à la liste des autres journées tristement
célèbres commémorées seulement par la Diaspora,
(pour le moment) depuis de nombreuses années, comme : -la commémoration
du massacre d’Arhiba tous les 18 décembre.

A ce rythme là,
si nous n’arrivons pas à un changement salvateur il n’y aura pratiquement
aucun mois dans le calendrier sans une commémoration douloureuse.

Nul n’ignore évidemment
la tenue du ” Forum sur l’Etat de Droits de l’Homme à Djibouti
“, annoncée avec beaucoup de bruits, la semaine dernière.
Seulement voilà, contre toute attente ce Forum s’est tenu pratiquement
à huit clos. C’est à dire entre les gens parfaitement d’accord
entre eux : Ministres, Députés et Hauts Fonctionnaires, hormis
les invités protocolaires, contraints d’assister à l’inauguration.

Aucun représentant
de l’opposition ni le Président de la LDDH (Ligue Djiboutienne des
Droits Humains) n’était présent. (*)

Dans ce ”Forum” entre
amis, pensez-vous que les situations des exactions, des humiliations citées
plus haut aient été débattues ? Détrompez-vous,
qui pourrait se hasarder à les évoquer puisque pour ceux qui
se sont réunis, ces évènements sont occultés.

Pour terminer avec cet
entretien et la révélation sur l’affaire dite (Café de
Paris) il n’est pas venu à l’esprit de notre Président de présenter
ses excuses aux innocents injustement persécutés et humiliés.
Combien de temps faut-il attendre pour que des excuses soient présentées
aux familles disloquées et anéanties par les dirigeants qui
savaient ? ? ?

Comme il ressort très
implicitement de cet entretien.

A quand la réparation
morale et physique de cette injustice ?

AÏNACHÉ

(*) Note de l’ARDHD.
Nous certifions que notre Association n’a pas été, non plus,
conviée à participer à ce forum ! Est-ce que parce que
les autorités djiboutiennes n’avaient pas nos cordonnées ?