31/05/04 (B249) La trahison et ses conséquences – Chehem Ibrahim – ancien militant du FRUD – invite des ” étrangers au pays ” pour faire de la figuration lors du dîner offert à Bruxelles par M Kounta Kounté le samedi 29 juin 2004, mais il ….oublie sa propre famille !!!. Pourquoi ?. (Article du GED)

Par Abas Abakari

Nul doute que c’est sous
la bannière d’une absence de morale qui fait, sciemment, deux poids
deux mesures dans l’esprit de Chehem Ibrahim, neveu de Chehem Daoud le secrétaire
général du FRUD.

Après l’épuration
ethnique dont les Afars furent victimes dans les années 90, vient ensuite
une arrogance sans limites de la part du pouvoir despotique actuel.

Après la tentative
de nettoyage ethnique des populations lancée dès 1980 par Ismaïl
Omar Guelleh avec la caution d’Hassan Gouled et les encouragements d’un Moumin
Bahdon Farah qui aujourd’hui met la tête dans le trou telle que le ferait
une autruche apeurée, c’est au tour de quelques Afars égarés
dans les méandres du pouvoir et dans celle du billet en petites coupures
de déserter leurs valeurs et d’abandonner chaque jour un peu plus l’universalisme
auquel nous restons fondamentalement attachés comme populations Afars
et d’évidence Djiboutiennes.

Il ne peut et ne doit
y avoir de demain sans respect de la mémoire de nos frères et
de nos sœurs qui furent victimes de l’épuration ethnique.

Les souffrances humaines
de notre peuple furent horribles en ces temps passés que nous ne saurions
oublier et qui imposent, tout au moins, la reconnaissance et les réparations
matérielles pour le génocide dont nous fûmes les victimes.

Il faudra au moins une
génération pour remédier à cette tragédie
et à la destruction de notre région alors que se perpétue
un lent phénomène de familles Afars déplacées
de manière subtile par le pouvoir et dépossédées
petit à petit de leurs terres et qui peuvent en témoigner.

Rester chez soi en pays
Afar n’est jamais aussi simple qu’il y paraît car rien ne peut compenser
la perte de sa maison, de son milieu familial, de son environnement, même
si la vengeance simple et brutale donne parfois une illusion de satisfaction.

Nous ne réclamons
pas vengeance mais reconnaissance du " génocide contre les populations
Afars ", les réparations matérielles auxquelles les familles
ont droit et que l’Etat actuel cesse enfin toutes ses manipulations dans la
capitale comme en pays Afar afin de nous exclure dans le temps de la nation
djiboutienne et d’un pays auquel nous appartenons.

Vivre
en exil n’est pas notre choix mais une contrainte forcée que l’on nous
a imposée.

Bon nombre d’entre-nous
se sont exilés et tout particulièrement à Bruxelles où
l’on compte plus d’une centaine de familles Afars qui se côtoient en
bonne intelligence.

Nous tenons, par le présent
article, à exprimer notre indignation quant à l’attitude de
M Chehem Ibrahim – ancien militant du FRUD et nouvelle recrue au sein de l’ambassade
de Belgique à Bruxelles.

Les invitations lancées
par M Chehem Ibrahim à l’adresse de la centaine de familles Afars de
Bruxelles et suivant la méthode du " porte à porte "
pour participer au dîner offert à Bruxelles par M Kounta Kounté
– le samedi 29 juin 2004 – se sont traduites par un retentissant fiasco.

Seules deux familles Afars
djiboutiennes et réfugiées comme Erythréennes ont répondu
favorablement à cette invitation.

Nous observons non sans
surprise que M Chehem Ibrahim a une bien mauvaise mémoire de ses appartenances
tant tribales que familiales lorsque l’on sait qu’il a totalement oublié
d’inviter ses neveu et nièce -M Daoud Ibrahim et Mademoiselle Hayat
Ali Yabé – ainsi que son propre frère…..; à moins
qu’il ait eu une autre raison pour ne pas les inviter ?.

Une
invitation à un repas, sous les feux des caméras et des appareils
photos.

En sachant parfaitement
que ce repas était l’opportunité pour les hommes des Services
Djiboutiens de Sécurité (SDS) de filmer et de photographier
– à loisir et dans le détail – chaque membre des familles Afars
on se demande alors si M Chehem Ibrahim voulait éviter de piéger
sa propre famille ? tout en essayant de piéger les membres des autres
familles Afars qui – bien heureusement – ont flairé le danger.

Lorsque les intérêts
privés se camouflent en discours sans lendemain sur la, paraît-il,
cohésion nationale dont on se réclame en prétendant obéir
à une supposée démarche morale sans suivi d’effets, qui
écarte tout débat démocratique et la conscience critique,
la trahison des gouvernants et leur faillite morale sont consommées.

La
morale élémentaire nous l’apprend :

" On peut tout acquérir
dans la lâcheté, hormis du caractère et le sens de ses
responsabilités d’homme et de femme ! ".

Abas
Abakari
Comité
bruxellois du Mouvement
– Afar Djibouti Demain –