10/04/05 (B293) MANIFESTATION DU 8 AVRIL 2005 à PARIS. LASSITUDE ! par Aïnaché.

Nous sommes ici
ensemble aujourd’hui pour exprimer notre refus de participer une fois
de plus à une élection truquée

Les différents
partis politiques de l’opposition sous l’égide de l’UAD refusent
fermement et à juste titre de participer à cette élection
qui tourne à la farce en ce mois d’avril.

Le poisson d’avril à
la sauce Djiboutienne est en peu trop gros à avaler.
Le même genre de manifestation se déroule aux quatre coins du
monde où vivent des Djiboutiens.

Depuis Paris, nous saluons
nos compatriotes qui sont rassemblés en ce moment même à
Djibouti, avenue Nasser devant le siège de l’UA.D. Un amical salut
à nos compatriotes, exilés comme nous, qui tiennent le même
genre de manifestation à BRUXELLES, à OTTAWA, à STOCKHLOM
etc….

Contrairement à
la propagande du tenant du pouvoir, ce n’est pas par manque de candidats ou
par crainte de perdre que l’opposition unie n’a pas souhaité l’affronter,
mais parce que comme chacun le sait ” les jeux sont faits “.

Nous sommes las d’être
infantilisés par un petit groupe qui nous refuse de choisir d’une manière
responsable nos dirigeants.

Nous sommes las du mépris
affiché par nos dirigeants envers le peuple.

Nous sommes las des élections
où les résultats sont connus d’avance non seulement par ceux
qui l’organisent mais aussi par toute personne qui suit l’actualité
Djiboutienne.

Nous sommes las d’une
administration qui nous refuse notre citoyenneté.

Nous sommes las d’une
politique basée sur les divisions ethniques et sur le dosage tribal.

Nous sommes las d’une
administration qui fournit les documents administratifs à la tête
du client.

Nous sommes las d’un gouvernement
qui ne respecte pas ses engagements.

Nous sommes las d’une
politique basée sur le mensonge.

Nous sommes las de ne
pas pouvoir vivre librement et honnêtement dans notre pays.

Nous sommes las des arrestations
arbitraires et des intimidations permanentes.

Notre lassitude est arrivée
à un point de non-retour et nous ne voulons plus nous faire piéger
par une énième élection truquée.

L’élection rejetée
par la grande majorité de nos concitoyens, se présente, je le
crains, comme une farce de poisson d’avril qui ne tient qu’une journée.

Pour nous les Djiboutiens,
cette grosse farce du 1er avril dans le reste du monde, nous la célébrons
avec huit jours de retard, mais sans surprise. Le retard est une marque de
fabrique de nos dirigeants.

On se distingue comme
on peut !

Malheureusement il faut
se rendre à l’évidence et admettre hélas, que le vent
de la démocratie, qui balaye à travers le monde les dictateurs,
n’arrive toujours pas à pénétrer dans nos frontières
jalousement barricadées.

Il n’est pas concevable
que nous continuions à vivre dans une singulière exception Djiboutienne
farouchement réfractaire à toute velléité démocratique.

AÏNACHÉ