19/08/05 (B311) Les journalistes de La Nation auraient-ils acquis une certaine dose d’humour ? Affirmer sans rire que les mérites et les diplômes sont les critères de sélection dans la fonction publique, il fallait le faire ! (Lecteur)

Le journal de la propagande du régime de Guelleh, le mal nommé « La Nation », vient,
dans son édition de ce jeudi, de faire état des principes qui président à la
nomination des hauts fonctionnaires dans les postes a responsabilité.

Non sans une certaine dose d’humour, le journal a le courage (il faut l’avoir !) d’affirmer que seul le mérite serait à la base des choix des hauts fonctionnaires dans l’Administration publique.

J’ai l’impression de rêver !

Car chacun sait bien qu’à Djibouti, c’est avant tout le critère tribal qui est retenu.

Depuis que Guelleh est aux affaires, l’origine ethnique conditionne les nominations.

C’est ainsi que les postes les plus importants tels que Chef de la Sécurité, Ministre de l’Intérieur, Ambassadeurs, Secrétaires généraux, Etat-Major des Armées, Gendarmerie, Garde présidentielle, Finances, Direction des investissements, Chefs de districts, Gouverneur de la Banque nationale (etc..) échoient uniquement à des proches de la famille au pouvoir « tribalement parlant » ou à des étrangers issus de la ville natale de Guelleh à savoir Dire Dawa en Ethiopie.

Les Finances publiques sont aux mains de gens qui sont soit d’origine Mamassan, soit comme c’est le cas du Gouverneur de la Banque nationale de Djibouti, des parents de la femme de Guelleh.

Et la chaîne se déroule : par exemple, à la Banque nationale de Djibouti, les postes à responsabilité ne sont pas attribués sur diplôme, mais sur l’appartenance ethnique à la tribu du gouverneur.

L’ambassadeur de Djibouti à Washington, Olhayeh, est un cousin de Guelleh. C’est le même qui se vante de ne connaître Djibouti qu’au travers de sa chancellerie aux USA !

Un autre cousin de Guelleh, Douksieh, est Secrétaire général du Ministère des
Finances. On ne peut vraiment pas dire que ce seraient son assiduité et ses qualités de fonctionnaire qui justifieraient le maintien dans le poste, mais le simple fait qu’il est un cousin de Guelleh.

Le Directeur du Budget, le Directeur de la DINAS, le chef de l’ADETIP et
pratiquement tous les Chefs de Services des Finances sont recrutés uniquement parmi les cousins de Guelleh.

Qu’arrive-t-il lorsque Guelleh a épuisé la liste des cousins ?

Quand Guelleh n’a plus de cousin à sa disposition, pas de problème, on cherche un Ethiopien d’origine de Dire Dawa et on lui confie le poste important. C’est ainsi que de nombreux Secrétaires généraux : Urbanisme, par exemple ou des Chefs de District comme Soubaneh à Ali-Sabieh ou quelques Ministres importants du Gouvernement, ont obtenu leur poste.

Donc la logique dans ce pays, qui est l’un des premiers dans le monde en termes de corruption, refuse que le diplôme ou le mérite soient des critères de sélection des Chefs de l’administration publique.

Pire que cela, les rares, qui ont été poursuivis pour détournement de Deniers publics, ne sont jamais les hauts responsables des trafics et malversation. La Justice (aux mains des proches de Guelleh) « privilégie / sélectionne » toujours les fonctionnaires non Mamassan.


Humour : IOG aurait-il pu décorer
personnellement Djama Ali Guelleh,
directeur inamovible
et surtout prévaricateur “patenté” à l’EDD,
de l’Ordre des Brosses à Reluire ?

Aucun Mamassan, aucun membre de la famille de Kadra, quelque soit la gravité des faits ou l’ampleur des prévarications, n’a jamais été poursuivi. Prenons le cas de Djama Ali Guelleh, cousin de Guelleh, qui est à la tête de l’électricité de Djibouti (EDD) depuis 20 ans ou Haid, le Gouverneur de la Banque nationale de Djibouti : les rumeurs les plus folles courent sur les montants qui auraient été détournés et elles sont probablement en dessous de la réalité : ont-ils été, ne serait-ce qu’entendu par la Justice. Que nenni !

Demain, ce pourrait être différent !

Dans un régime démocratique et « propre », les nominations seront effectuées sur la base des diplômes et des services rendus au pays et non plus en fonction de l’appartenance tribale.

Et les corrompus pourraient bien goûter alors les charmes d’un séjour de longue durée à Gabode…

K. R.