09/10/05 (B319) L’affaire d’Hôpital général Peltier (par Houmed Daoud, Responsable Information et Presse Uguta-Toosa)

Un Ministre (véreux ?), celui de la Santé publique, qui fait parler de lui à la place du chef de l’Etat. Une version supplémentaire, anecdotique, d’un Etat qui vit de fraudes, de détournement des fonds publics et d’aides internationales et d’affaires crapuleuses.


Un ministre qui s’acharne sur un haut fonctionnaire de l’Etat, M. Aden Mohamed Dilleyta, dont la gestion exemplaire de l’Hôpital Général devrait logiquement lui valoir éloges et récompenses.


Derrière ce limogeage brutal, il y a bien sûr le chef de l’Etat djiboutien, toujours en quête de “ressources patrimoniales”.


On n’ose croire que la parenté de M. Aden M. Dilleyta avec le Premier ministre y soit, pardoxalement, pour quelque chose !



Le ministre de la Santé Publique, Abdallah Abdillahi Miguil, a procédé à une véritable opération de purge à l’Hôpital Peltier et dans l”ensemble de son département ministériel. Il a en effet systématiquement muté tous les Afars en poste à l’Hôpital Peltier, car il y a ” trop d’Afars ” selon ses propres termes, dans ce département. Alors que tout le monde sait qu’il y a une pratique discriminatoire anti-afare à tous les échelons de la fonction publique.


D’après le Ministre, il faut un réel équilibrage ethnique dans ce Ministère et, il ne s’est pas gêné pour entreprendre une opération qui ressemble plus à une véritable “chasse aux Afars “.


Il a en effet commencé par éparpiller tous les proches collaborateurs du Directeur Général de l’Hôpital Peltier.


Le gestionnaire est muté à Pierre Pascal (Dispensaire), certainement pour penser les plaies des fonctionnaires, puisque seule cette catégorie de la population y a accès.


Le chef du personnel quant à lui, est prié de se rendre utile aux habitants d’Arhiba, d’où il est originaire.


Ainsi toutes celles et tous ceux, qui travaillaient aux cotés d’Aden Mohamed Dileita, sont dispersés au nom du rééquilibrage ethnique. C’est la toute première fois depuis l’Indépendance, qu’un membre du Gouvernement ose ouvertement se charger de la question.


Si il y a trop d’Afars Au ministère de la Santé, pour parler franc, quel pourcentage d’Issas trouverons-nous dans les autres départements ministériels ?


Voilà un terrain sur lequel nous n’allons nous laisser entraîner mais pour avoir une idée de ce que c’est que l’équité, jetons un coup d’oeil à cette liste de Conseillers Techniques du Ministre de l’Education Nationale et essayons de localiser le nom d’un seul Afar (2002) :



Monsieur ABDI IBRAHIM HAIBAN

Conseiller Technique du MENESUP


Monsieur AHMED ALI BARREH

Conseiller Technique du MENESUP


Monsieur AIDID ADEN GUEDI

Conseiller Technique du MENESUP


Monsieur ANIS ABDALLAH KAMRA

Conseiller Technique du MENESUP


Monsieur BOURDAIS Jacky

Conseiller Technique du MENESUP


Monsieur DAHER OSMAN OMAR

Conseiller Technique du MENESUP


Monsieur ISMAEL DJILAL DIHIN

Conseiller Technique du MENESUP


Monsieur MAHAMOUD FARAH OMAR

Conseiller Technique du MENESUP


Monsieur MOHAMED HASSAN AHMED

Conseiller Technique du MENESUP


Monsieur SILLAH-EDDINE ABDOUSAMAD

Conseiller Technique du MENESUP


M. Abdallah Abdillahi Miguil qui se dit épris de justice, a-t-il pensé au rééquilibrage lors de son passage au Ministère de l’Intérieur surtout ? Bien sur que non, puisqu’il n’y a installé que sa tribu aux différents postes de responsabilité.



Ce qui est encore pire, c’est qu’il aurait même limogé ces jours ci, le Directeur Général Aden Mohamed Dilleita, qui, reconnaissons le, a redressé l’Etablissement qui était en état de délabrement avancé. Pour gagner le pari, Aden n’a pas hésité à parcourir le monde et, négocier ici et là, une coopération multiforme avec les différents partenaires européens et américains surtout.


Le ministre Abdallah A. Miguil, a pour but de faire de l’Hôpital Peltier, Etablissement public dépendant entièrement des financements internationaux, sa principale source de revenu, puisqu’il a décrété que tout sera payant dorénavant, y compris les points de sutures qui coûtent 100 FD ( 50 centimes d’euro ).


Pour que tout se déroule comme il a prévu, il a installé ses propres cousines comme caissières et un autre proche comme gestionnaire, qui a surtout pour tâche principale, de réceptionner la recette de la journée.


Le tout, sous la bienveillante supervision du PDG, pardon, de Monsieur le Ministre de la Santé Publique. D’ailleurs, dans l’état actuel des choses, on a très aisément tendance à confondre ce Ministre avec un businessman, ou plutôt un buraliste qui se soucie de la recette du jour.




M. Houmed DAOUD


Responsable Information et Presse

Uguta-Toosa