17/02/06 (B337-B) RSF / Affaire des caricatures : Appel à la libération des journalistes emprisonnés.

Quoique l’on pense des caricatures du prophète et de l’opportunité de les publier, il est absolument injustifiable que des journalistes soient actuellement détenus, poursuivis en justice ou menacés de mort, et que des publications soient fermées pour avoir reproduit ces dessins.

Reporters sans frontières lance un appel et une pétition pour la libération des sept journalistes actuellement détenus au Yémen, en Syrie et en Algérie, qui ont publié ces caricatures dans le seul souci d’informer leurs lecteurs.

Au total, des poursuites judiciaires ont été engagées dans cinq pays contre au moins douze journalistes – dont sept sont déjà emprisonnés. Dans certains cas, ils risquent de lourdes peines de prison. Ainsi, en Jordanie, deux directeurs de publication sont poursuivis pour provocation et désordre. Au Yémen, trois journalistes sont incarcérés et poursuivis en vertu de l’article 103 de la loi sur la presse qui “interdit la publication de tout ce qui nuit à la foi islamique, dénigre une religion monothéiste ou une croyance humanitaire”. Reporters sans frontières demande que toutes les plaintes au pénal soient levées.

Ce ne sont pas moins de treize publications qui ont été fermées définitivement ou temporairement en Algérie, au Maroc, en Jordanie, au Yémen, en Malaisie ou en Indonésie, pour avoir reproduit les caricatures du prophète. Reporters sans frontières demande que ces médias soient habilités à reparaître.

Lors d’une conférence organisée sur les caricatures par Reporters sans frontières et la Commission arabe des droits humains, à Paris, le 9 février, il a été rappelé que rien ne pouvait justifier la détention de professionnels de l’information. Une quinzaine de journalistes, intellectuels et responsables religieux occidentaux comme du monde arabo-musulman y avaient lancé un appel au calme et au dialogue. Une initiative similaire se tiendra au Caire le 25 février prochain.

Reporters sans frontières demande à tous de prendre position en faveur de ces journalistes qui n’ont fait qu’exercer leur métier en relayant une information ayant fait la Une de l’actualité internationale.