11/06/06 (B354_A) Une manifestation pour protester contre les délestages de l’EDD. Où sont passés les 60 millions US$ d’aides et de financement pour la rénovation de Boulaos, rien que sur les quatre dernières années ?

On nous rapporte qu’une manifestation se serait déroulée cette semaine pour protester contre les délestage de courant électrique qui se multiplient avec l’arrivée des grandes chaleurs, privant les populations de climatisation ou du ventilateur.

La Police aurait été envoyée avec la sauvagerie qu’on lui connaît et les heurts violents auraient fait plusieurs blessés des deux côtés.

_________________________________ Note de l’ARDHD

BOULAOS, une grande centrale de production …
d’argent cash ?

L’EDD est dirigée par Djama Ali Guelleh, porche parent de Guelleh. C’est un membre très influent de l’Ordre des Brosses à Reluire où il a été coopté au grade de “Père fouettard”.

Toute l’entreprise est organisée pour produire … non pas, comme on pourrait légitimement l’imaginer, de l’électricité pour les habitants, mais du Cash pour financer l’achat des consciences et des engagements personnels !

La principale production qui est demandée à EDD est de produire de l’argent pour alimenter le système mafieu.

Une partie des sommes sert à acheter les “obligés” du royaume, qui en “bons mercenaires”, ne servent Guelleh que s’il paye régulièrement. L’EDD contribuant largement à financer ces dépenses pour assurer la suprématie du clan.

La conséquence est que les installations sont mal entretenues et que rien n’est pas fait pour augmenter la production en fonction de l’évolution de la demande. Et le KwH est hors de prix.

Les arrêts sur panne sont fréquents et en plus l’insuffisance de la production contraint les opérateurs à pratiquer des délestages. Rassurez-vous, les délestages ne concernent jamais les notables du régime qui reçoivent le courant : Haramous, l’Escale, etc.. De plus, les nantis ont acquis depuis longtemps des générateurs individuels qui leur permettent de pallier les coupures.

Ce sont les quartiers populaires qui sont touchés. Plus de ventilateur, plus de frigidaire, perte des aliments conservés, pas d’électricité le soir, etc… Mais que cela peut-il bien faire à Guelleh qui vit confortablement dans la climatisation et la soie.

Pour avoir une vision précise du goufre, il faudrait éplucher toutes nos archives afin d’être en mesure de donner les détails aux lectrices et aux lecteurs. La rénovation ou l’extension de la centrale de Boulaos ont été financés au moins cinq ou six fois (*) par des aides ou des subventions internationales : France, U.E., pays arabes, etc… Sans aucun résultat sur l’amélioration de la production ni sur la continuité des fournitures de courant !

________________________________________ Les financements récents.

Près de 60 millions US$ de prêts et de subventions “bouffés” en quelques années, sans aucune amélioration pour la population, mais un enrichissement considérable du clan Guelleh.
La liste publiée ci-dessous est loin d’être exhaustive !

en novembre 2005,
un financement à hauteur de 7 millions US$, avec une période de grace de 10 ans …

en décembre 2004, une info publiée sur notre site
 Energie : depuis 4 ans, EDD a bénéficié des investissements suivants :
· FADES (acquisition de 2 groupes) : 10 millions $US

· FADES & KOWEIT (acquisition de 4 groupes) : 25 millions $US

· BID (acquisition d’un groupe) : 6 millions $US
– 5 millions US$ de plus aujourd’hui.
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Des pannes ou des équipements non installés ayant pour origine la corruption systématique organisée par Djama Ali Guelleh.

Il y a eu des épisodes intéressants ; nous en rappelons deux qui sont significatifs :

1 – pour se libérer des grands pétroliers internationaux installés à Djibouti et qui réclamaient, souvent sans résultat, le juste paiement des fournitures de produits pétroliers à l’administration, Guelleh aurait privilégié des achats “Spot”.

Mais le Génie de la Corne avait oublié un petit détail qui avait son importance : en dehors des compagnies pétrolières, ni l’EDD, ni Djibouti ne possèdent aucun réservoir de stockage. Pour décharger la cargaison d’un pétrolier, il avait fallu faire intervenir l’Ambassadeur de France, pour qu’au final, Total accepte de stocker le produit dans ses cuves.

Malheureusement ce n’était pas la qualité commandée et le produit a créé des gros problèmes au niveau des brûleurs de Boulaos : nouvelles pannes et nouvelles réparations.

2 – Une autre fois, un groupe de production entièrement neuf qui devait être installé à Boulaos a été contraint de repartir bâteau, à la suite d’un désacord entre le vendeur et l’acheteur de mauvaise foi. Ce serait le Yémen qui l’aurait acquis au final.

_____ La majorité de la population n’a pas accès au courant électrique

Selon une étude de la Banque mondiale en 2005,

– 43 % des habitants des centres urbains (non compris ceux qui vivent dans la brousse ou dans de petites localité) n’auraient pas accès à l’électricité !

– d’autres sources confirment que 65 % environ de la population totale en est privée.

D’abord à la suite de hautes successives et pas toujours jusitifiées, la population appauvrie par le régime, ne peut plus payer les factures et Djama Ali Guelleh, “le pére fouettard” fait couper le courant avec brutalité.

L’augmentation du baril a certes une incidence sur le coût du KwH, mais beaucoup moins importante qu’on le pense.

Boulaos est un gouffre financier : non seulement les aides à l’investissement sont systématiquement détournées, mais la vétusté des installations est génératrice de surcoûts : réparations, consommations excessives de produits pétroliers.

____________________________ La solution ? Privatisation à la Guelleh ?

Nous ne serions pas surpris d’apprendre un jour que Guelleh a vendu à Dubaï la production d’électricité à Djibouti. On peut anticiper une privatisation sans transparence qui permettra à l’équipe de s’enrichir un peu plus, en bénéficiant du travail et du savoir-faire des autres. Confortable pour eux, le bradage de la production aurait pour conséquence de retirer aux Djiboutiens leur indépendance en cette matière et de les endetter encore davantage.

Car, comme avec le contrat de concession de l’aéroport, Dubaï voudra bien encaisser les bénéfices, mais laissera les charges d’investissement et d’entretien au Trésor Public …..

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(*) Au minimum ce serait un montant global de 60 millions d’US$ qui seraient partis “en fumée” dans les poches du dictateur et de ses proches. Mais la charge de la dette est inscrite au débit des Djiboutiens et de leurs descendances qui devront en assumer le remboursement pendant des dizaines d’années.