21/07/06 (B359-A) BBC Des soldats ethiopiens sont-ils entrés en territoire somalien, comme l’affirment certaines sources reprises par la BBC ? Selon la même source, les Ethiopiens démentiraient. L’AP en Français est plus catégorique. En tout cas, les tensions sont vives à la frontière. (1 – BBC en Anglais _ 2 -AP en Français / Info lecteur)

_______________________________ BBC
Somalie: des soldats éthiopiens à Baïdoa selon des habitants, démentis officiels
Par Ali MUSA ABDI

MOGADISCIO (AFP) – Des soldats éthiopiens sont arrivés jeudi à Baïdoa, ville où siège le gouvernement de transition somalien, qui avait accusé la veille les islamistes somaliens de préparer une offensive contre les fragiles institutions de transition, ont assuré des habitants de Baïdoa.

Fidèle alliée du président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed, l’Ethiopie – qui a déjà ouvertement fait part de son inquiétude de la progression des islamistes en Somalie – a aussitôt démenti avoir dépêché des troupes dans le pays. Le gouvernement de transition a lui aussi nié toute présence éthiopienne à Baïdoa.

“Nous avons vu des soldats éthiopiens dans un convoi de plus de 100 camions”, a assuré Shukri Abdirahman, habitant de Baïdoa (250 km au nord-ouest de Mogadiscio), joint depuis la capitale somalienne. Certains des véhicules ont traversé la ville sans s’y arrêter, a-t-il ajouté.

“Plus de 20 véhicules appartenant à l’armée éthiopienne sont arrivés” dans Baïdoa, a déclaré un autre habitant de la ville sous couvert d’anonymat .

“C’est la première fois que des troupes éthiopiennes sont vues ouvertement à Baïdoa”, a commenté un troisième habitant.

Selon ces mêmes sources, qui n’ont pu être confirmées immédiatement de sources indépendantes, des soldats et des véhicules, transportant notamment des munitions et tractant des pièces d’artillerie, se sont installés dans une caserne désaffectée.

Interrogé sur ces témoignages, le porte-parole du gouvernement somalien, Abdirahman Nur Mohamed Dinari, a répondu: “C’est absolument faux”.

“A chaque fois que les islamistes veulent attaquer, ils commencent par propager des rumeurs et fabriquer des mensonges”, a-t-il indiqué.

De son côté, un haut responsable du ministère éthiopien des Affaires étrangères, joint à Addis Abeba, a déclaré sous couvert d’anonymat: “A cet instant, nous n’avons pas un seul soldat sur le sol somalien”.

“Nous observons chaque mouvement des milices islamistes et nous sommes prêts à défendre notre indépendance s’ils essaient de franchir une ligne rouge qu’ils ne devraient pas” franchir, a-t-il ajouté.

Mercredi soir, l’Ethiopie – qui partage une longue frontière avec la Somalie – avait déjà prévenu qu’elle “défendrait” le gouvernement de transition si les islamistes attaquaient Baïdoa. Plus tôt dans la journée, le Premier ministre somalien de transition, Ali Mohamed Gedi, avait accusé les milices des tribunaux islamiques de préparer une attaque contre Baïdoa.

Des miliciens islamistes, équipés d’environ 30 véhicules armés, étaient arrivés mardi à Buurhakana, localité située à environ 40 km au sud-est de Baïdoa et sous contrôle du gouvernement. Jeudi matin, ils ont assuré s’en être retirés, après avoir évacué selon eux 135 déserteurs des forces gouvernementales.

“Nous n’avions aucune intention d’attaquer Baïdoa”, a déclaré à Mogadiscio cheikh Yusuf Mohamed Siad, en charge de la sécurité au sein du Conseil suprême islamique de Somalie (SICS), qui rassemble les dirigeants des tribunaux islamiques.

Les affirmations du Premier ministre visent à “obtenir une intervention éthiopienne” en Somalie, selon lui.

Face à ces tensions, le représentant spécial de l’Onu pour la Somalie, François Fall, a appelé les deux camps à éviter toute “provocation” de nature à créer une “escalade de la situation”.

Les islamistes, qui veulent instaurer la loi coranique (charia) en Somalie et ont pris le contrôle en juin de Mogadiscio et d’une partie du pays, et le gouvernement de transition ont signé le 22 juin à Khartoum un accord de cessation des hostilités et de reconnaissance mutuelle.

Depuis les tensions restent vives entre les islamistes et le gouvernement, qui depuis sa création en 2004 n’a pu établir son autorité sur le pays en guerre civile depuis 1991.

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Les forces ethiopiennes viennent soutenir le gouvernement somalien



Des soldats éthiopiens sont entrés jeudi en Somalie et ont installé un camp dans la ville où est installé le gouvernement reconnu par la communauté internationale, afin de le protéger d’une éventuelle attaque des milices islamistes qui contrôlent la plus grande partie du sud du pays.Un porte-parole du gouvernement éthiopien avait prévenu que son pays protégerait le gouvernement somalien de transition d’une attaque des miliciens.

Selon de nombreux témoins, des soldats éthiopiens en uniforme sont entrés en Somalie dans l’après-midi et se sont installés à Baidoa, la seule ville tenue par le gouvernement, à 240km au nord-ouest de Mogadiscio et à environ 150km de la frontière avec l’Ethiopie.

Un des responsables de la milice islamique a demandé le retrait des troupes éthiopiennes. “Nous déclarerons la guerre sainte si le gouvernement éthiopien refuse de retirer ses troupes de Somalie. Ils doivent se retirer au plus vite”, a déclaré Cheik Charif Cheik Ahmed, joint par l’Associated Press. “Nous attendrons quelques temps pour voir s’ils respectent notre demande.”

Les Ethiopiens souriaient et faisaient des signes amicaux aux habitants en entrant dans la ville. Certains se sont déployés à l’aéroport, à l’extérieur de la ville, tandis que d’autre ont rejoint un camp militaire près de la résidence provisoire du président.

Une partie des militaires qui sont entrés en Somalie à Dolow ont installé des bases arrières à la frontière, selon Chukri Abdi-Rahman, un habitant de la ville.Les ministères éthiopiens de la Défense, des Affaires étrangères et de la Communication ont démenti à plusieurs reprises l’entrée des troupes en Somalie. Ismail Hurreh, un des vice-Premier ministres somaliens a lui aussi démenti l’arrivée des soldats à Baidoa, se refusant à tout commentaire.


Le porte-parole du gouvernement Abderahman Dinari a simplement précisé que les autorités avait décidé d’un couvre-feu valable du coucher au lever du soleil. AP