22/07/06 (B360) AFP / Somalie: le chef des islamistes appelle à la “guerre” contre l’Ethiopie ( Par Ali MUSA ABDI)(Info lecteur)

MOGADISCIO (AFP) – Le chef des islamistes somaliens, cheikh Hassan Dahir Aweys, a appelé vendredi les Somaliens à la “guerre sainte” contre l’Ethiopie voisine, qui soutient le gouvernement de transition, en accusant l’armée d’Addis Abeba d’avoir “envahi” la Somalie.

Dans une allocution diffusée par la radio de Mogadiscio Shabelle Radio, cheikh Aweys affirme que “le peuple somalien doit se battre contre l’Ethiopie. Ceci est une guerre sainte dans laquelle nous défendons notre pays”, en guerre civile depuis 1991.

“Les Ethiopiens ont envahi notre pays et nous devons les forcer à le quitter et cela sera une guerre sainte”, a ajouté le chef du Conseil suprême islamique de Somalie (SICS), décrit comme terroriste par les Etats-Unis et qui réside dans sa région natale de Galgadud (centre).

Jeudi et vendredi, des habitants de Baïdoa (250 km au nord-ouest de Mogadiscio) ont fait état de l’arrivée de troupes éthiopiennes dans cette ville où siège le gouvernement de transition, soutenu par Addis Abeba et impuissant à établir son autorité dans le pays depuis sa création en 2004. Les gouvernements éthiopien et somalien ont démenti.

Plus tôt vendredi, cheikh Charif Cheikh Ahmed, président du conseil exécutif du SICS – organe rassemblant les dirigeants des tribunaux islamiques – avait demandé “à l’Ethiopie de retirer sans délai ses troupes et d’arrêter de s’ingérer dans les affaires somaliennes”.

“Nous demandons instamment à l’Ethiopie d’être juste un bon voisin”, avait ajouté le dirigeant islamiste, affirmant que “le peuple somalien est prêt à se défendre contre les actes d’agression de l’Ethiopie”.

Le gouvernement de transition avait accusé mercredi les islamistes de préparer une offensive contre Baïdoa, après une incursion de miliciens dans une localité située à une quarantaine de km de la ville.

Les islamistes, qui se sont repliés de cette localité, ont nié toute intention belliqueuse et ont accusé à leur tour le gouvernement de vouloir obtenir une intervention militaire éthiopienne en dans le pays.

Fidèle alliée du président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed, l’Ethiopie – qui a déjà ouvertement fait part de son inquiétude sur la progression des islamistes en Somalie – a prévenu qu’elle soutiendrait militairement le gouvernement somalien en cas d’attaque contre Baïdoa.

Le soutien d’Addis Abeba au gouvernement de transition s’explique notamment par la crainte du régime éthiopien de voir les islamistes s’implanter en Ethiopie, pays à majorité chrétienne qui abrite une importante minorité somalie.

“Nous observons chaque mouvement des milices islamistes et nous sommes prêts à défendre notre indépendance s’ils essaient de franchir une ligne rouge qu’ils ne devraient pas” franchir, avait commenté jeudi sous couvert d’anonymat un haut responsable du ministère éthiopien des Affaires étrangères.

Les islamistes, qui veulent instaurer la loi coranique (charia) en Somalie, et le gouvernement de transition ont signé le 22 juin à Khartoum un accord de cessation des hostilités et de reconnaissance mutuelle.

Mais depuis, les tensions restent vives entre les islamistes et le gouvernement et de nouveaux pourparlers, initialement prévus le 15 juillet, ont été reportés sine die.

Les milices des tribunaux islamiques ont pris le contrôle de Mogadiscio et d’une partie du pays en juin après avoir défait une alliance de chefs de guerre soutenue par les Etats-Unis dans le cadre des opérations antiterroristes.