31/07/06 (B361) REUTERS : Rixe au Parlement somalien, après le rejet de la motion de censure qui aurait provoqué, si elle avait été votée, la démission du Cabinet du Premier Ministre.

Rixe au parlement somalien après le maintien du Premier ministre

BAIDOA, Somalie (Reuters) – Des députés somaliens ont fait le coup de poing au sein du parlement siégeant à Baïdoa après la confirmation au poste de Premier ministre d’Ali Mohamed Gedi.

Des policiers ont dû pénétrer dans l’enceinte parlementaire -un entrepôt à céréales- pour mettre un terme à la rixe et évacuer Gedi.

En début de séance, ce dernier avait recueilli 88 votes, contre 126 pour ses adversaires. Un quorum de deux-tiers des voix minimum est nécessaire pour obtenir le départ du chef du gouvernement provisoire.

La non-confirmation de Gedi à son poste aurait entraîné la dissolution de l’actuel gouvernement de transition, qui siège à Baïdoa, à 200 km environ à l’ouest de la capitale.

L’autorité du gouvernement de Gedi est déjà largement contestée par les islamistes qui se sont emparés de Mogadiscio et d’autres localités du Sud depuis juin.

“Ce fut un bon exercice de démocratie. Je suis certain que le gouvernement va très vite se remettre en ordre”, a déclaré à Reuters Ismail Mahamoud Hourreh, vice-Premier ministre.

“Le plus probable, c’est qu’il y ait un remaniement.”

L’opposition parlementaire souhaite le départ de Gedi, en poste depuis 2004, pour faire une place aux islamistes au sein du gouvernement. On ignore toutefois si les islamistes souhaitent prendre part au gouvernement de transition.

Gedi, tout comme le président Abdullahi Youssouf, est accusé de “vendre” le pays à l’Ethiopie, pays voisin et ennemi traditionnel de la Somalie, où prévaut la tradition chrétienne et qui redoute l’avènement d’un Etat musulman à ses frontières.

Une nouvelle série de négociations entre les islamistes et le gouvernement de transition est annoncée à Khartoum la semaine prochaine.

Mais les islamistes ont répété ce dimanche qu’ils ne comptaient pas participer tant que des troupes éthiopiennes restaient stationnées sur le sol somalien, au sud du pays.

“Peu importe qu’il s’agisse d’un seul soldat ou d’un bataillon tout entier (…). Tant qu’ils seront sur notre sol, nous ne participerons pas”, a assuré à Reuters le chef des islamistes, le cheikh Hassan Dahir Aweys.