17/08/06 (B362) Innondations en Ethiopie. Le bilan s’alourdit au fil des heures. De 450 dans une précédente dépêche, le bilan est monté à plus de 870.

__________________________________ 1 – Reuters 16/08

mercredi 16 aout 2006, 22h36

Les inondations ont fait environ 870 morts en Ethiopie

ADDIS-ABEBA (Reuters) – L’Ethiopie a réclamé une aide internationale à la suite d’inondations catastrophiques dont le bilan s’élève à 870 morts environ.

“La situation dépasse les moyens de notre région et nous appelons la communauté internationale à nous venir en aide”, a déclaré Shesaraw Shegute, administrateur de la région Sud, après avoir survolé les zones sinistrées en hélicoptère.

Le gouvernement a dit s’attendre à de nouvelles inondations dans l’ensemble des régions touchées.

“Les principaux barrages hydroélectriques contiennent plus d’eau que prévu et pourraient déborder, ce qui entraînerait de graves destructions dans les zones environnantes”, dit un communiqué conjoint des ministères des Mines, de l’Information et de l’Eau.

D’autres rivières sont entrées en crue dans le nord, le sud, l’est et l’ouest du pays, où elles menacent de submerger des projets de développement, ajoute le communiqué.

Des secouristes ont recueilli 170 corps de plus mercredi, trois jours après l’entrée en crue du fleuve Omo, ce qui porte à 364 le bilan des morts pour cette région du Sud, a déclaré à Reuters l’inspecteur de police Daniel Gezahenge.

“Dans ces circonstances, on s’attend à découvrir d’autres cadavres car les eaux recouvrent de grandes étendues”, a-t-il ajouté.

Cette évolution porte à environ 870 morts le bilan total des inondations qu’a subies l’Ethiopie ce mois-ci.

Des milliers de personnes sont isolées, à court de vivres et souvant sans abri dans le Sud, ont fait savoir les Nations unies et le gouvernement d’Addis-Abeba.

“Il n’y a pas d’accès à cette région. Les routes sont impraticables et d’épais nuages empêchent les hélicoptères de se déplacer”, a déclaré à Reuters Vincent Lelei, responsable de mission du bureau de l’Onu pour les affaires humanitaires (Ocha) en Ethiopie.

Dans l’Est, le fleuve Dechatu est sorti de son lit la semaine dernière. On dénombre 254 morts et 250 disparus. Le bilan pourrait être bien plus grave compte tenu de l’éloignement de la zone sinistrée.

Les autorités craignent également que le fleuve Awash, qui coule à 300 km à l’est de la capitale, n’entre aussi en crue. Au total, 7.000 personnes sont établies sur ses rives.

__________________________________ 2 – AFP

Inondations en Ethiopie: plus de 450 morts et des milliers de déplacés

Par Abraham FISSEHA

ADDIS ABEBA (AFP) – L’Ethiopie est frappée depuis plus d’une semaine par de graves inondations qui ont fait des centaines de morts et des milliers de déplacés dans plusieurs régions, alors que les secours se heurtent à d’importantes difficultés pour atteindre des villages prisonniers des eaux.
Au total, le bilan des inond

tions qui ont frappé depuis le 6 août l’est, le nord et le sud-ouest de l’Ethiopie est d’au moins 456 morts et des milliers de déplacés.

Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a exprimé sa tristesse pour les pertes en vie humaine et les dégâts causés par ces inondations, assurant que l’Onu continuera à aider les autorités éthiopiennes à porter secours aux survivants, dans un communiqué publié mardi soir.

Dans le sud-ouest de l’Ethiopie, près des rives du lac Turkana, les sauveteurs poursuivaient mercredi leurs efforts avec l’espoir d’atteindre au moins 11 villages prisonniers des eaux, trois jours après des inondations qui ont fait au moins 194 morts.

“Etant donné que 4 autres villages sont inatteignables depuis deux jours, nous craignons que le bilan des victimes n’augmente”, a déclaré à l’AFP l’inspecteur de police Daniel Gezahegn, interrogé par téléphone depuis Addis Abeba.

“En survolant, on ne pouvait voir qu’une vaste région couverte par les eaux”, a déclaré mercredi à la radio d’Etat Said Muhei, un journaliste ayant pu monter à bord d’un hélicoptère militaire. L’incertitude liée à la profondeur de ces eaux empêche les hélicoptères d’atterrir la plupart du temps, a-t-il dit.

“Dans les lieux où l’hélicoptère a pu atterrir, les gens ont tout perdu; leurs maisons ont été submergées et ils ont peur d’attraper des maladies liées à l’eau s’ils ne sont pas évacués vers les hauteurs. Et c’est ce que les sauveteurs essaient d’organiser grâce à des bateaux”, a-t-il ajouté.

Kadaki Gezhegn, un responsable régional, a déclaré sur la radio d’Etat que les services d’urgence locaux “faisaient tout leur possible”.

“Nous avons dépêché des bateaux dans ces zones avec de la nourriture, des médicaments et des tentes”, a-t-il précisé.

Ces inondations ont été provoquées par le débordement du fleuve Omo – qui se jette dans le lac Turkana – dans au moins 11 villages situés sur les rives du lac, à environ 700 km au sud-ouest de la capitale éthiopienne Addis Abeba.

Cette crue a été causée par des pluies diluviennes qui s’abattent depuis une semaine sur les hauts plateaux éthiopiens.

En outre, au moins une personne a été tuée et près de 13.000 déplacées depuis début août dans le district de Gondar sud, dans la région Amhara (nord) lors d’inondations qui ont envahi 13 villages, a rapporté mercredi l’agence de presse éthiopienne ENA.

Environ 4.500 personnes ont pu être secourues par des équipes équipées de bateaux, a précisé l’ENA, citant un responsable local du district, situé à environ 560 km au nord d’Addis Abeba.

Près de 2.500 têtes de bétail ont également été emportées par les flots dans ce district, selon la même source.

Des inondations survenues le 9 août avaient tué cinq personnes dans ce même district de Gondar et dans la région Amhara.

Dans l’est de l’Ethiopie, au moins 256 personnes ont été tuées et environ 10.000 déplacées par des inondations survenues le 6 août dans la ville de Dire Dawa et ses environs.

Le sud-ouest et l’est de l’Ethiopie sont des régions de plaines arides, régulièrement frappées par la sécheresse.

Les pluies torrentielles, qui lessivent des sols asséchés n’absorbant pas convenablement ces précipitations, ont provoqué ces dernières années des inondations dramatiques pendant la saison des pluies, qui dure de juin à septembre dans ce pays.