05/03/07 (B385-A) AFP / Rapt en Ethiopie : pas de nouvelles des Européens, 5 Ethiopiens retrouvés.

Par
Emmanuel GOUJON

ADDIS ABEBA (AFP) – Les recherches s’intensifiaient dimanche, avec
l’aide de la Grande-Bretagne, pour retrouver les cinq touristes européens
et plusieurs Ethiopiens capturés jeudi par des hommes armés
en Ethiopie, alors que cinq des nationaux enlevés ont été
retrouvés selon l’agence éthiopienne ENA.

L’affaire a pris
une dimension régionale samedi soir lorsqu’un responsable éthiopien
du nord-est du pays, où les touristes ont été kidnappés,
a accusé des “soldats érythréens” d’être
les ravisseurs, ce qu’Asmara a immédiatement démenti. Le gouvernement
éthiopien n’avait toujours pas réagi dimanche à cette
affirmation.

La Grande-Bretagne,
qui a reconnu pour la première fois dimanche que les cinq Européens,
tous liés à l’ambassade britannique à Addis Abeba, avaient
été kidnappés, a affirmé travailler “aussi
dur que possible pour identifier le lieu” où ils se trouvaient.

Londres a envoyé
en Ethiopie une équipe d’une dizaine de personnes, qui est arrivée
samedi et comprend, selon la BBC, un expert des prises d’otages. Deux diplomates
britanniques sont descendus dimanche dans un hôtel à Mekele,
la principale ville du nord-est de l’Ethiopie, a-t-on appris auprès
de l’établissement.

L’ambassade de Grande-Bretagne
à Addis Abeba a déclaré ne pas pouvoir “corroborer”
les accusations du président de la région Afar (nord-est), Ismail
Ali Sero, qui a affirmé que les touristes avaient été
kidnappés par des soldats érythréens et emmenés
en Erythrée.

L’ambassadeur éthiopien
à Londres, Berhanu Kebede, a refusé quant à lui de spéculer
sur l’identité des ravisseurs: “Ce n’est pas à nous d’accuser
tel groupe, tel individu ou tel pays”, a-t-il déclaré à
la chaîne britannique de télévision Sky News.

L’Erythrée,
qui entretient des relations très tendues avec l’Ethiopie depuis leur
guerre frontalière (1998-2000), a une nouvelle fois dimanche démenti
les affirmations de M. Ismail.

Ce “n’est pas
possible” que des Erythréens aient enlevé un groupe en
Ethiopie, a déclaré le ministre érythréen de l’Information,
Ali Abdu, n’excluant pas qu’il s’agisse d'”un coup monté”
par l’Ethiopie.

Cinq des 13 Ethiopiens
kidnappés ont été retrouvés par les forces éthiopiennes
de sécurité, selon l’agence d’information ENA (officielle),
qui n’a précisé ni l’identité ni la nationalité
des kidnappeurs.

“Les otages
éthiopiens ont marché trois à quatre heures depuis Hamed
Ela (où ils avaient été enlevés) vers la frontière
érythréenne avant de revenir”, ajoute ENA, sans préciser
s’ils se sont enfuis ou s’ils ont été libérés.

Le groupe de touristes a été attaqué jeudi à Hamed
Ela, localité située à une cinquantaine de kilomètres
de la frontière érythréenne, selon la police éthiopienne.

Leurs véhicules ont été retrouvés détruits,
et les passagers ont été emmenés par les ravisseurs,
selon des sources concordantes.

Une équipe “composée d’officiels de la police et de la
défense” est sur place pour “déterminer qui a kidnappé
les touristes et dans quelles circonstances”, a précisé
le porte-parole de la police éthiopienne, le commandant Demsash Hailu.

Parmi les cinq Européens – deux femmes et trois hommes -, l’une des
touristes a la double nationalité britannique et italienne, selon le
ministère italien des Affaires étrangères. L’autre pourrait
être de nationalité française, alors que les trois hommes
sont britanniques, selon des sources proches de l’enquête.

Les Ethiopiens sont des chauffeurs, guides, cuisiniers et policiers, ainsi
que des officiels du gouvernement de la région Afar (nord-est), selon
des sources concordantes.

Le groupe visitait cette région réputée pour ses lacs
de sel et ses volcans, situés non loin de la frontière avec
l’Erythrée.