09/03/07 (B385-B) LDDH : le droit de réponse que le Ministre Yacin Elmi Bouh a adressé à la revue “Afrique-Asie”





Le Président

DIFFUSION
D’INFORMATION DU 8 MARS 2007


Droit de Réponse sur les tueries d’Arhiba.

 

Suite
à un article, d’Afrique Asie de février 2007, intitulé
« Djibouti, dérives chaotiques » le Ministre de l’intérieur
de la République de Djibouti a immédiatement réagi par
un droit de réponse sur le drame sanglant à Arhiba le 30 novembre
2006.

Cette réponse
est publiée ci-après.

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) regrette les faits qu’à Djibouti les enquêtes
indépendantes n’existent pas et que les enquêtes diligentées
par les Autorités Djiboutiennes restent lettres mortes.

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH), tout en encourageant le Ministre de l’Intérieur
à relancer une Enquête judiciaire, exige du Ministère
Public, que cette enquête judiciaire :

1. détermine
sans ambiguïté le nombre exact de décès et de
blessés suite aux tueries ;

2. permette
aux victimes de porter plaintes pour que la Justice puisse condamner les
responsables de ces crimes odieux.

La LDDH
souhaite vivement la fin de l’impunité en République de Djibouti.

M.
NOEL ABDI Jean-Paul

_____________________________
Droit de réponse de réponse adressé par
Yacin Elmi Bouh, Ministre de l’Intérieur à “Afrique-Asie”

Courrier
Mars 2007 Afrique Asie

Djibouti,
dérives chaotiques.

J’ai pris
connaissance du contenu de votre article publié dans votre numéro
de février intitulé « Djibouti, dérives chaotiques
».

Vous y
avancez deux éléments de faits inexacts et tendancieux au moment

vous évoquez le malheureux incident qui s’est produit à Arhiba
à l’occasion
d’une simple opération de décasement ayant dérapé.

Il s’agit
d’abord du nombre de morts et de blessés : vous les chiffrez
respectivement à huit et à vingt-cinq. Le second point me concerne
directement. Vous prétendez que j’ai donné l’ordre de tirer
sur les gens en
ma qualité de ministre de l’Intérieur.

Exerçant
le droit de réponse […], je vous prie de bien vouloir publier ma
réaction qui suit.

À
la demande du ministre des Finances, les services de la voirie du district
de Djibouti appuyés par les éléments de la police nationale
ont procédé en
novembre 2006 à la démolition des constructions sauvages constituées
de bric
et de broc et de matériel d’infortune sur un terrain jouxtant la cité
d’Arhiba et appartenant au domaine privé de l’État.

Au cours
de cette opération pour l’exécution de laquelle mon assentiment
n’a
pas été nécessaire, des heurts se sont produits entre
les agents de la
police nationale et les occupants des lieux.

Pris de
panique, des policiers ont tiré sur la foule.

Malheureusement,
ils ont tué deux personnes […], et blessé dix autres.
Quant à la police nationale, elle a dénombré dans ses
rangs douze blessés.

Vous m’accusez
à tort d’avoir donné l’ordre de tirer dans une opération
que
je n’ai jamais ordonnée ni dirigée et cherchez à m’impliquer
gratuitement
dans un événement qui m’est totalement étranger.

J’étais
absent du lieu où les affrontements se sont produits et je ne
disposais d’aucun contact avec les éléments qui agissaient sur
le terrain en
tant que dirigeants ou simples exécutants.

Comme
beaucoup d’autres responsables, j’ai appris tardivement les faits.
J’ai aussitôt mis en place une commission d’enquête […].

Yacin
Elmi Bouh,
ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation,
Djibouti.