14/04/07 (B391) AFFAIRE BORREL – AFP :L’ambassadeur de France en Chine entendu par la justice sur l’affaire Borrel

L’ex-porte-parole
du Quai d’Orsay Hervé Ladsous a récemment mis en cause le cabinet
de l’ancien garde des Sceaux Dominique Perben dans une enquête sur d’éventuelles
pressions sur la justice liées à l’affaire Borrel, a annoncé
une source proche du dossier.

M. Ladsous, aujourd’hui ambassadeur de France en Chine, a été
entendu le 21 mars en tant que témoin assisté par les juges
Fabienne Pous et Michèle Ganascia, qui instruisent une plainte d’Elisabeth
Borrel, veuve du juge Bernard Borrel assassiné en 1995 à Djibouti,
a-t-on précisé de même source, confirmant une information
du Canard enchaîné.

Cette plainte visait une déclaration officielle du Quai d’Orsay du
29 janvier 2005 qui avait assuré qu’une copie du dossier d’instruction
français relatif au décès du juge Borrel serait “prochainement
transmise à la justice djiboutienne”, qui en avait fait la demande.

Or, quelques jours plus tard, la juge chargée du dossier, Sophie Clément,
refusera cette transmission estimant notamment que la demande de Djibouti
avait “pour unique but de prendre connaissance (…) de pièces
mettant en cause le procureur de la République de Djibouti”.

La juge Clément a par la suite délivré, en octobre 2006,
des mandats d’arrêt contre le procureur et le chef des services secrets
de Djibouti pour une éventuelle “subornation de témoins”
dans l’enquête sur l’assassinat du juge Borrel.

Interrogé sur la déclaration du Quai d’Orsay, assimilée
par les plaignants à une pression sur la justice, l’ambassadeur a affirmé
s’être borné à publier un communiqué préparé
par le cabinet du ministre de la justice.

“Il y a visiblement quelqu’un qui a fait une grosse boulette à
la chancellerie (…) quelqu’un qui aurait dû connaître la bonne
procédure. Ce n’était pas notre métier. C’était
celui du ministère de la Justice”, a notamment déclaré
M. Ladsous aux juges, selon le Canard enchaîné.

A l’époque, le cabinet du ministre était dirigé par l’actuel
procureur général de Paris, Laurent Le Mesle. Ce dernier n’a
pas souhaité commenter les déclarations de M. Ladsous.