27/04/07 (B393) ALERTE ROUGE / PORTRAITS de ces Djiboutiens, anciens combattants dans la résistance du FRUD, réfugiés en Ethiopie et sous la menace à la fois d’une reconduite “manu militari” à la frontière djiboutienne et d’un abandon par le HCR. (Info lecteur)

AHMED
IBRAHIM MOHAMED

Fils du grand opposant djiboutien IBRAHIM LAAJI, très connu pour son
combat pour l’indépendance de Djibouti (*1) il a été
arrêté à ARHIBA au moment du massacre du 18 decembre 1991.
(C’est au cours de ce massacre que son frére a été sauvagement
abattu).

Lui-même, âgé de 16 ans à l’époque, fut d’abord
incarcéré à Gabode et torturé sans aucun autre
motif que la haine du régime pour la population d’Arhiba.

Aprés 3 mois de detention arbitraire dans des conditions indignes et
de torture, il a finalement été libéré.

Comprenant que sa vie était en danger à Djibouti-ville, toujours
mineur, il a rejoint le FRUD. En 1993, il a choisi le groupe qui s’opposait
à celui d’Ougoureh Kifleh qui essayait de convaincre les hommes de
se rallier à Gouled/Guelleh. Découragé ensuite, comme
la plupart de ses camarades, en juillet 1993, il n’a pas eu d’autre choix
que de prendre la route de l’exil en Ethiopie.

Il
avait 19 ans.

Mais
il n’était pas encore au bout de ses épreuves…

En Ethiopie
il fut arrêté et torturé à plusieurs reprises,
sous prétexte qu’il avait servi dans le FRUD et qu’il pouvait contenir
à entretenir des relations avec l’organisation de résistance
au régime de Guelleh / Gouled.

Peu à
peu les choses se sont pacifiées et il a pu regrouper une partie de
sa famille. Aujourd’hui, il vit avec ses 5 soeurs toutes réfugiées.
Contrairement à lui (mais comme c’est le cas pour des centaines d’autres réfugiés),
les autorités éthiopiennes et le HCR ont refusé de
reconnaître à ses soeurs, le statut de réfugiée.

Toute
cette famille vit avec 550 birs éthioipiens (env 55 euro) mensuels,
chicement accordés par le HCR !!!

La
question qui angoisse : qu’adviendra-t-il si le HCR décidait de leur
supprimer cette maigre allocation, lors du rendez-vous du 2 mai auquel il
a été convoqué et surtout si on lui imposait un retour
forcé à Djibouti où ils seraient attendus à la
fois par l’équipe de Guelleh, mais aussi par celle d’Ougoureh Kifleh
?

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MOHAMED HASSAN ALI

Il avait arrêté à Djibouti dans le cadre de l’enquête
sur le coup d’Etat attribué à Ali Aref (*2 ).Après plusieurs
semaines de torture il a été finalement relâché
mais avec interdiction de quitter le territoire. Comprenant lui aussi que
sa vie même était en danger dans la capitale, il a décidé
de rejoindre le FRUD dans le maquis.

Responsable de la communication.

A ce poste qui lui avait été attribué, il fut l’un des
premiers à découvrir la trahison d’Ougoureh Kifleh.

De nouveau
arrêté et torturé, mais cette fois par l’équipe
d’Ougoureh Kifleh, il a réussi à leur échapper.

Découragé,
il a lui aussi choisi le chemin de l’exil en Ethioipie où il a subi
le même sort qu’Ahmed Mohamed Ibrahim :

Après les Sbires de Guelleh, l’équipe d’Ougoureh Kifleh, il
a été de nouveau arrêté et torturé à
plusieurs reprises par les Ethiopiens.

Ensuite
il a fait partie du comité des réfugiés djiboutiens qui
ont manifesté pour que leurs droits de réfugiés soient
reconnus et que le HCR les prenne en charge..

Parent de tous ceux dont on a découvert récemment les corps
dans le charnier du Day…

Parmi les corps retrouvés récemment et dont la liste
a été publiée sur le site d’ l’ARDHD, il y a :
– son propre frère,
– ses cousins et son oncle.

Aujourd’hui,
il vit en Ethiopie avec sa femme et ses deux enfants, subsistant avec l’apport
de l’allocation HCR de 55 Euro mensuel (env.)

La
question qui angoisse : qu’adviendra-t-il si le HCR décidait de lui
supprimer cette maigre allocation, lors du rendez-vous du 2 mai, auquel il
a été convoqué et surtout si on lui imposait un retour
forcé à Djibouti où il serait attendu à la fois
par l’équipe de Guelleh, mais aussi par celle d’Ougoureh Kifleh ?

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MOHAMED ISMAEL AHMED dit CHOMEUR .

Il
a été arrêté et torturé à Djibouti
en avril 1989, après avoir participé à la manifestation
de Tadjourah, contre le commisaire Daash qui venait de détourner l’aide
qui avait été accordée à la population par les
Nations Unies. Il s’agissait d’un secours international après les grandes
pluies qui avaient causé de gros dégâts.

Une deuxième
fois, en Janvier 1991, il est de nouveau arrêté et torturé
après le coup d’état attribué à Ali Aref, pour
un soi-disant complot contre le pouvoir.

Après sa libération il n’hésite pas.

Il quitte
la capitable pour rallier les rangs du FRUD.

Dans le maquis il a failli être tué “par traitrise et dans
le dos”, parce qu’il s’opposait à Ougoureh Kifleh et au ralliement
infâme qu’il préparait.

Blessé,
il a rejoint lui aussi l’Ethioipe. Comme ses frères d’armes, il a connu
de nouvelles arrestations, des séances de torture et toutes les intimidations
possibles et inimaginables.

Aujourdhui il est le père d’un enfant. Sa femme est enceinte l’accouchement
est prévu pour juillet 2007.

La
question qui angoisse : qu’adviendra-t-il à cette famille, si le HCR
décidait de leur supprimer la maigre allocation, lors du rendez-vous
du 2 mai auquel il a été convoqué et surtout si on leur
imposait un retour forcé à Djibouti où ils seraient attendus
à la fois par l’équipe de Guelleh, mais aussi par celle d’Ougoureh
Kifleh ?
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(*1)
Son père fut le premier exilé politique Djiboutien en Somalie,
dans les années 60). Il fut l’un des membres fondateur du FDLD (Front
démocratique pour la Libération de Djibouti) et un grand opposant
au régime de Gouled dès 1978. Il est décédé
en 2003.

(*2) Le Gouvernement avait accusé Ali Aref et ces hommes d’avoir conspiré
contre le Gouvernement en organisant “un coup d’état”. Plus
vraissemblablement, c’était le moyen trouvé par Gouled / Guelleh
pour éliminer les cadres Afar djiboutiens de la fonction publique et
du Gouvernement.