22/06/07 (B400) REUTERS : La thèse de l’assassinat officielle dans l’affaire Borrel

La justice retient la
thèse d’un homicide et non plus celle du suicide dans l’enquête
sur la mort du magistrat français Bernard Borrel, en 1995 à
Djibouti, déclare officiellement mardi soir le procureur de la République
de Paris dans un communiqué.

L’affaire est au
centre de vives tensions diplomatiques. Ce communiqué avait été
demandé quelques heures auparavant au président Nicolas Sarkozy
par la veuve du magistrat, reçue à l’Elysée pour la première
fois depuis la mort de son mari, pour laquelle elle met en cause les autorités
de Djibouti.

Le magistrat, Jean-Claude Marin, assure dans ce communiqué – démarche
sans précédent dans ce dossier – qu’il répond à
une demande du juge d’instruction et ne mentionne pas l’Elysée.

“Le procureur de la République de Paris, en accord et comme suite
à la demande de Madame Sophie Clément, vice-présidente
chargée de l’instruction de l’affaire Borrel, précise que si
la thèse du suicide a pu un temps être privilégiée,
les éléments recueillis notamment depuis 2002 militent en faveur
d’un acte criminel”, dit le procureur.

Elisabeth Borrel souhaitait ainsi qu’il soit répondu à des reportages
de presse qui ont examiné diverses hypothèses, dont le suicide,
un temps envisagé dans l’enquête, ce qui aux yeux de son avocat
Olivier Morice constitue une manipulation.

“Les expertises anthropologiques, médico-légales et de
police scientifique concluent à l’existence de lésions osseuses
sur le crâne et sur l’avant-bras gauche, faites à l’aide d’un
objet contondant, et à la découverte de deux produits inflammables
de nature distincte versés sur le corps. Elles précisent que
‘Bernard Borrel était couché sur le sol lorsque les liquides
ont été répandus sur sa personne de manière aléatoire'”,
explique le procureur.

Il ne se prononce cependant pas sur la piste d’un meurtre commandité
par le pouvoir politique de Djibouti, défendue par la veuve du magistrat.
“En l’état, l’instruction vise à compléter ces éléments
par des auditions et de nouvelles expertises afin, notamment, d’identifier
les auteurs et de connaître leurs mobiles”, dit-il.