17/07/07 (B404) AP / Ethiopie : 35 membres de l’opposition condamnés à la prison à perpétuité (Info lectrice)

Trente-cinq membres de l’opposition éthiopienne ont été condamnés lundi à la prison à perpétuité et à une peine d’inéligibilité pour avoir tenté de renverser le gouvernement. Ils ont également été privés de leurs droits civiques.

Le ministère public avait requis la condamnation à mort contre les 35 accusés, parmi lesquels figurent des chefs de l’opposition et cinq personnes jugées par contumace. Huit autres accusés ont écopé de peines allant de 18 mois à 18 ans de prison, a annoncé le juge Adil Ahmed, lisant le verdict au nom d’un collège de trois juges.

Les organisations internationales de défense des droits de l’Homme affirment que ce procès est destiné à taire les critiques.

“La plupart, si ce n’est la totalité, des condamnés” ont été “emprisonnés à cause de leurs opinions” et “n’ont pas utilisé ou prôné la violence”, a déclaré dans un communiqué diffusé lundi le directeur du programme Afrique d’Amnesty International, Erwin van der Borght, plaidant pour leur libération “immédiate et sans condition”.

Les juges ont refusé de suivre les réquisitions du ministère public, a ajouté Adil Ahmed. “Le tribunal a estimé que la prison à perpétuité était un verdict suffisant”, a-t-il expliqué.

Les magistrats ont par ailleurs ordonné la fermeture de trois maisons d’édition, les condamnant également au paiement d’amendes allant de 1.700 à 13.600 dollars.

Parmi les accusés condamnés à vie figurent le chef de la Coalition pour l’unité et la démocratie, Hailu Shawel; Berhanu Nega, qui avait été élu maire d’Addis Abeba; ainsi que l’ancien envoyé spécial des Nations unies Yacob Hailemariam.

Le procès avait débuté en décembre 2005 après des violences consécutives aux élections du 15 mai, dont l’opposition contestait les résultats. Les accusés avaient au départ été inculpés de trahison, incitation à la violence et tentative de génocide. En avril, les juges avaient abandonné les accusations de trahison et tentative de génocide. A la même époque, 25 détenus, dont huit journalistes, avaient été libérés.