27/08/07 (B410) AFP : Nouvel appel des islamistes à combattre les troupes éthiopiennes en Somalie

MOGADISCIO (AFP) – Un leader islamiste somalien, chassé de Somalie en janvier par l’armée d’Addis Abeba, a appelé une nouvelle fois samedi à “expulser” les soldats éthiopiens de Somalie, le jour même où un civil a été tué et sept personnes blessées dans de nouvelles violences armées.

“Notre pays a été attaqué par l’Ethiopie, qui tente de coloniser la Somalie”, a déclaré à l’AFP Cheikh Sharif Cheikh Ahmed, le numéro 2 des tribunaux islamiques somaliens, chassés du pouvoir fin décembre-début janvier.

Le leader islamiste, qui s’exprimait dans la capitale érythréenne, Asmara, base des insurgés islamistes somaliens, faisait allusion à l’intervention de l’armée éthiopienne en Somalie, officiellement en décembre 2006 pour soutenir le fragile gouvernement somalien.

L’Ethiopie, berceau de la chrétienté en Afrique, avait justifié l’envoi de milliers de soldats en Somalie voisine par les menaces directes que faisaient peser, selon elle, les tribunaux islamiques, qui contrôlaient la quasi-totalité du centre et du sud de la Somalie depuis des mois.

Ces tribunaux ont été défaits il y a huit mois, et depuis, la capitale somalienne Mogadiscio est le théâtre d’attaques quasi quotidiennes qui ont fait des centaines de morts. Les forces éthiopiennes et somaliennes sont les plus visées, mais les civils sont les principales victimes de ces violences.

“Nous avons le droit de défendre notre pays. Nous sommes obligés d’attaquer les Ethiopiens. Ils seront expulsés de Somalie et nous reprendrons notre liberté par la force”, a prévenu Cheikh Ahmed

“Nous avons le droit de vivre en paix et en liberté et le droit de diriger nous-mêmes nos affaires (…). Nous continuerons le combat tant que nous n’aurons pas atteint ce but”, a-t-il assuré, dans un énième appel à combattre les troupes éthiopiennes.

Cheikh Ahmed a par ailleurs de nouveau fustigé les Etats-Unis, qui ont apporté leur soutien à l’Ethiopie: “Les Etats-Unis sont un grand gouvernement, mais ils soutiennent l’Ethiopie, ils soutiennent le dictateur (le Premier ministre éthiopien) Meles Zenawi, qui tue notre peuple”, a-t-il lancé.

Il a enfin démenti les affirmations de services de renseignement occidentaux, selon lesquels son mouvement est infiltré par Al-Qaïda. “Il n’y a pas de membres d’Al-Qaïda en Somalie et nous ne sommes pas des terroristes: nous sommes simplement des Somaliens”, a affirmé Cheikh Ahmed.

Mogadiscio a été secoué samedi par plusieurs nouvelles attaques, qui ont fait au total un mort et sept blessés.

Un employé d’une société privée somalienne de télécommunications a été tué par balles, selon des témoins. Les motifs de cet assassinat restaient inconnus dans l’immédiat.

Deux délégués somaliens participant à la Conférence de réconciliation nationale – ouverte mi-juillet – ont été blessés dans une attaque à la grenade contre un hôtel de la capitale qui accueille des participants à cette réunion, selon la police.

Seule une grenade a explosé dans le bâtiment, les deux autres à l’extérieur, a précisé un délégué, Mohamud Haji Mohamed.

Enfin, un policier et quatre civils ont été blessés dans l’explosion de deux grenades près d’un poste de police, selon des témoins.

La Conférence de réconciliation nationale, à laquelle participent environ un millier de personnes, vise à ramener la paix en Somalie, pays en guerre civile depuis 1991. Mais les leaders islamistes, qui représentent la principale opposition actuelle au gouvernement, n’y participent pas.