29/09/07 (B415) AFP : L’Erythrée demande à l’ONU de régler la question frontalière avec l’Ethiopie (Info lectrice)

L’Erythrée a demandé à l’ONU de contraindre l’Ethiopie à mettre en oeuvre immédiatement les conclusions d’une commission internationale concernant leur frontière commune, accusant Addis Abeba de se préparer à l’attaquer.

Dans une lettre adressée jeudi au secrétaire général Ban Ki-moon et mise vendredi sur le site du ministère érythréen de l’Information, le ministre des Affaires étrangères Osman Saleh accuse le pays voisin de se préparer à une agression après avoir menacé de ne plus reconnaître l’accord de paix signé à Alger qui mettait un terme à la guerre des frontières entre 1998 et 2000.

“L’Erythrée demande instamment au Conseil de sécurité de l’ONU d’assumer ses responsabilités juridiques, morales et sécuritaires et de prendre les mesures adéquates pour mettre en oeuvre les décisions de la Commission frontalière Ethiopie-Erythrée (EEBC)” mise en place par l’ONU qui a attribué la localité de Badmé à l’Erythrée, a écrit M. Osman.

“L’Ethiopie semble se préparer à utiliser des moyens illégaux pour renoncer aux accords d’Alger, signalant ainsi son intention de reprendre les hostilités” selon le ministre érythréen.

L’Ethiopie est déjà engagée dans des actions hostiles contre l’Erythrée, selon la lettre envoyée également aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU, à l’Union européenne et aux témoins de l’Accord d’Alger.

“L’occupation par les armes du territoire d’un autre Etat est un des principes fondamentaux de la loi internationale parce qu’elle constitue une agression. Le positionnement des troupes éthiopiennes au nord de la frontière internationalement reconnue entre dans cette catégorique”, écrit M. Osman.

Dans un communiqué du ministre éthiopien des Affaires étrangères, Seyoum Mesfin, l’Ethiopie a menacé mardi de se retirer des Accords d’Alger en accusant son voisin de violer les accords et d’occuper la zone démilitarisée à la frontière entre les deux pays.

Addis Abeba accusait notamment Asmara d’avoir “proféré à plusieurs reprises des menaces contre l’Ethiopie, d’avoir quasiment occupé l’intégralité de la zone de sécurité temporaire et imposé de sérieuses restriction à la mission de l’ONU pour l’Ethiopie et l’Erythrée (Minuee)”, chargée de surveiller cette zone tampon