21/10/07 (B418) Guelleh est-il vraiment en grand danger ? (ARDHD)

Initiateur d’un mouvement djiboutien, anti-français de résistance à une Justice indépendante qui pourrait le mettre en face de ses responsabilités dans l’affaire de l’assassinat d’un Juge français en exercice, Guelleh a-t-il pris un risque de première importance ?

Cela dépend de l’attitude et de la réponse française à cette provocation misérable : faire défiler des fonctionnaires entourés par quelques ministres “aux ordres”, est-ce bien convaincant au final ? Est-ce sérieux de produire des chiffres officiels supérieurs aux estimations des organisateurs ?

Chacun sait ce que Guelleh et ses proches pensent de la Justice : elle doit être aux ordres du pouvoir et rendre les verdicts qui lui sont dictés par la Présidence. Toute autre forme de Justice est inacceptable pour le clan au pouvoir …Indépendance est un mot obscène pour les partisans de ce régime corrompu, avide et injuste.

Est-il allé trop loin ?

La réponse viendra dans quelques jours. Car la France ne peut pas laisser faire. La diplomatie française n’a plus le choix. Elle doit réagir. Que penserait le monde entier si elle se taisait, faisant le gros dos, pour laisser passer l’orage. Que les Français n’ont plus de virilité …!

Guelleh a-t-il pris les Djiboutiens pour des ânes, incapables de se forger un avis personnel. En tout cas, il donne ce sentiment.

Quels sont les Djiboutiens qui pourraient encore croire à son innocence et à toutes les salades avariées qui sont servies régulièrement dans les trois média inféodés au système dictatorial ? Hormis ceux qui vivent et s’engraissent sur le dos du Trésor public, personne à notre avis !

En revanche, jouer sur la corde anti-française, rappeler les erreurs de l’ancienne puissante coloniatrice, en occultant l’importance de la coopération financière, culturelle, sociale, médicale et éducatrice : c’est facile et ça peut rapporter gros.

Mais voilà, le risque est important. Quand on suscite la haine, elle se développe. Anti-française aujourd’hui, demain elle deviendra raciste “anti-blanc”, puis religieuse “anti-chrétien”. Les islamistes extrêmistes présents dans la région et probablement soutenus parfois en sous-main par les équipes de Guelleh, pourraient y trouver une base de développement pour l’instauration d’un régime religieux.

A ce moment la peau de Guelleh ne vaudra pas cher. Il sera accusé de coopération avec l’Occident et surtout avec les Américains qui utilisent le territoire pour lancer des opérations qui manquent cruellement de transparence. Si contents de leur allié de pacotille, qu’ils vont multiplier la surface de la base actuelle par cinq.

N’y a-t-il pas de fortes chances pour que le Chef de l’Africacom (Commandement militaire américain pour l’Afrique) dont on parle actuellement, privilégie une implantation à Djibouti ?

Face à ce qu’ils considèrent comme un péril islamique, les américains conduiront alors des opérations de ratissage, baptisées anti-terroristes à Djibouti. Coincé entre les feux des ennemis de toujours, Guelleh aura bien du mal à sauver son capital injustement acquis et peut-être même sa vie.

Il devrait faire bien attention à ce qu’il fait et réfléchir aux conséquences. Une vision à plus long terme est indispensable pour assurer une chance de survie. Les artifices d’aujourd’hui pourraient bien se retourner contre lui demain et de façon amplifiée.