14/12/07 (B425) Le Figaro Magazine : interview exclusive de Guelleh qui tient des propos “renversants” !!! (Les lecteurs apprécieront la langue de bois …)

Affaire Borrel : «La justice française pas indépendante»

Propos recueillis par Aziz Zemouri, Le Figaro Magazine.

INTERVIEW Nicolas Sarkozy s’est entretenu mardi avec le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh. En exclusivité, le président djiboutien a répondu aux questions d’un de nos journalistes.

«La France et Djibouti entretiennent des relations d’Etat à Etat de confiance » a déclaré, le porte-parole de l’Elysée, David Martinon à l’issue de la rencontre entre Nicolas Sarkoy et le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh. Les deux hommes ont longuement évoqué l’enquête sur l’assassinat du juge Borrel mais rien n’a filtré sur cette affaire à l’issue de la rencontre.

Magistrat détaché à Djibouti, Bernard Borrel a été retrouvé mort en 1995, le corps en partie carbonisé, en contrebas d’un ravin, à 80 km de Djibouti.

L’enquête française a privilégié dans un premier temps la thèse du suicide avant de retenir celle d’un assassinat après de nouvelles expertises.

Vous vous êtes entretenus mardi avec Nicolas Sarkozy de l’affaire Borrel entre autres ?

Ismaël Omar Guelleh, Président de la République de Djibouti : En effet. J’ai dit à Nicolas Sarkozy que la justice française n’est pas indépendante. Tous les éléments qui infirment la thèse défendue par le juge Sophie Clément et Mme Borrel ne sont pas retenus. Exactement comme dans l’affaire Outreau !

Le dernier en date : l’expertise adn du principal suspect, un Tunisien, s’est révélée négative. Plutôt qu’entériner ce fait, la juge veut désormais procéder elle-même au prélèvement adn alors qu’elle avait demandé à un magistrat tunisien de s’en occuper par commission rogatoire. Comment peut-elle mener une instruction indépendante alors que dans cette affaire tous les syndicats de magistrats sont partie civile et partisans de Mme Borrel ?

De nouveaux éléments sont apparus, la thèse judiciaire qui prévaut aujourd’hui est celle d’un homicide, qu’en pensez-vous ?

Je n’arrête pas de lire en France que les autorités djiboutiennes ont conclu à un suicide dans l’affaire Borrel. C’est totalement faux. C’est un communiqué de l’ambassade de France qui l’a affirmé le jour de la découverte du corps du magistrat. Ce sont des militaires français qui ont découvert le corps. Il a été transféré dans un hôpital français, les médecins qui l’ont autopsié sont Français. Nous n’avons absolument rien à voir avec cette histoire.

Pourquoi avoir fait expulser la famille d’un de vos principaux accusateurs?

Nous n’avons pas expulsé la famille de M.Aloumekani (ancien militaire djiboutien, il a accusé Guelleh d’être le commanditaire de « l’assassinat » de Borrel ndlr). Nous n’expulsons pas nos propres ressortissants. Tous les membres de la famille sont citoyens djiboutiens. Ils sont actuellement au Yémen car l’opinion djiboutienne en a plus qu’assez de cette histoire et nous avons eu peur qu’un individu s’en prenne violemment à elle. Que ne dirait-on pas s’il leur arrivait quelque chose.

Qu’avez-vous retenu au final de votre rencontre avec Nicolas Sarkozy ?

Il souhaite que les relations entre nos deux Etats ne soient pas court-circuitées par cette affaire. La justice suit son cours mais nous ne devons pas nous empêcher d’avoir des relations entre nos deux pays. Je suis d’accord avec ce point de vue. Dans le même temps, j’ai le sentiment qu’il aime prendre constamment le contre-pied de son prédécesseur Jacques Chirac d’où son affichage avec Mme Borrel.