17/12/07 (B426) Un journaliste français enlevé en Somalie (Puntland) (3 dépêches – Info lectrice)

_____________________________________ Le Figaro
Le caméraman se porte bien. Les ravisseurs ont demandé une rançon de 70.000 $.

Nouvelles encourageantes sur le sort de Gwenlaouen Le Gouil. Ce caméraman français, enlevé dimanche matin par des hommes armés dans le nord du pays, se porte bien a indiqué un chef coutumier impliqué dans les négociations pour sa libération. Le journaliste se trouve à 15km de Bosasso, la capitale économique du Puntland, région semi-autonome située au nord-est de la Somalie. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner privilégie la piste crapuleuse à celle d’un enlèvement politique.

Les ravisseurs avec qui le Quai d’Orsay est en contact, exigent ainsi une rançon de 70.000 dollars pour libérer le journaliste. Le lauréat du prix Albert Londres audiovisuel 2007 pour un sujet sur l’assassinat de travailleurs humanitaires sri-lankais d’Action contre la Faim, était arrivé samedi à Bosasso. Il devait effectuer un reportage sur le trafic d’émigrants illégaux qui traversent au péril de leur vie le golfe d’Aden pour se rendre au Yémen. Plus de 26.000 réfugiés et migrants ont ainsi entrepris la traversée en 2006, selon les chiffres du HCR.

Les menaces contre les reporters courantes

La multiplication des enquêtes ces derniers mois sur ce trafic, géré par la mafia, qui rapporte 3 millions de dollars par an, constitue une publicité gênante pour les passeurs. Les journalistes se rendant sur place font régulièrement l’objet de menaces verbales ou physiques d’après les ONG.

_________________________________ Reuters

Un journaliste français enlevé au Puntland en Somalie

BOSASSO, Somalie (Reuters) – Des inconnus ont enlevé un journaliste français au Puntland, région autonome du nord de la Somalie, annonce le gouverneur de la région.

“Un journaliste français a été enlevé par des inconnus en armes”, a déclaré à Reuters Yusuf Mumin. “Les responsables de la sécurité au Puntland sont actuellement réunis pour évoquer cette affaire”.

Le gouverneur a affirmé ne détenir, à ce stade, aucune information sur l’identité du journaliste enlevé ou le nom du média pour lequel il travaille.

Selon le témoignage du chauffeur du journaliste, l’enlèvement s’est produit à environ 70 km à l’est de Bosasso, principale ville du Puntland. “J’ai tenté, avec l’interprète, de parler au commando qui réclamait une rançon de 70.000 dollars”, a raconté Omar Ahmed.

Ce dernier a précisé que le journaliste français enquêtait sur une affaire de migrants somaliens passés en contrebande au Yémen.

Abdigani Hassan,
version française Jean-Loup Fiévet

_____________________________________ JDD

Somalie: Un journaliste français enlevé
Par Marianne ENAULT (avec Reuters) leJDD.fr

Inquiétude après l’enlèvement d’un cameraman français, Gwen Le Gouil, dimanche matin au Puntland, une région semi-autonome au nord-est de la Somalie. Son chauffeur a précisé qu’il enquêtait sur le trafic de clandestins, qui traversent le golfe d’Aden pour se rendre au Yémen. Selon lui, les preneurs d’otages, armés, auraient exigé une rançon de 70 000 dollars. Le Quai d’Orsay confirme l’enlèvement.

Le cameraman enquêtait sur le trafic de clandestins, entre la Somalie et le Yémen. (Googlemaps)

Gwen Le Gouil a été enlevé dimanche matin à 70 kilomètres à l’est de Bosasso, la principale ville du Puntland, une région semi-autonome située dans le nord de la Somalie. Selon le chauffeur du cameraman français, le commando était composé de trois hommes armés de fusils automatiques AK-47. “J’ai tenté, avec l’interprète, de parler aux ravisseurs, qui réclamaient une rançon de 70.000 dollars”, a-t-il raconté aux autorités somaliennes. “Les responsables de la sécurité au Puntland sont actuellement réunis pour évoquer cette affaire”, a simplement commenté le gouverneur de la région, Yusuf Mumin.

Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé l’enlèvement. Interrogé sur i-Télé, Bernard Kouchner a indiqué que la thèse d’un acte crapuleux était privilégiée. “Je ne veux pas l’affirmer parce que je n’en suis pas sûr”, a-t-il toutefois ajouté, précisant que ses services s’occupaient activement du dossier. “Nous avons contacté ceux qui semblent être les ravisseurs”, a-t-il déclaré, sans donner plus de précisions.

Le journaliste français enquêtait sur le trafic de clandestins qui a lieu entre la Somalie et le Yémen. Chaque mois, des dizaines d’entre eux embarquent à bord de bateaux de fortune et traversent le golfe du Yémen, à leurs risques et périls et sous les coups des passeurs. C’est dans ce cadre qu’il aurait été en contact avec le commando armé et l’affaire aurait mal tourné.

“Un pays de non droit”

Le port de Bosasso est devenu la plaque tournante de l’immigration clandestine de la corne de l’Afrique. Ce sont en majorité des Ethiopiens et des Somaliens qui fuient la famine et la guerre civile. La région du Puntland connaît de plus en plus d’enlèvements, de détournements et d’actes de piraterie au large de ses côtes. En mai, deux humanitaires étrangers avaient été pris en otages, puis libérés à la suite de pourparlers entre leurs ravisseurs et des chefs de clans.

Sur son site internet, Reporters sans frontières exprime dimanche soir son inquiétude. “Cet enlèvement est d’autant plus alarmant qu’il survient dans un pays de non-droit où sept journalistes ont été tués depuis le début de cette année. Nous demandons aux autorités locales de tout mettre en oeuvre pour identifier les ravisseurs et connaître leurs éventuelles revendications”, déclare l’organisation de défense des journalistes.

Cette année, Gwen Le Gouil avait obtenu le Prix Albert Londres, dans la catégorie audiovisuelle, pour un documentaire intitulé Muttur: un crime contre l’humanitaire, évoquant l’assassinat de 17 membres d’Action contre la faim au Sri Lanka. A 32 ans, ce diplômé du CUEJ de Strasbourg, a collaboré aux journaux télévisés de France Télévisions et de TF1, et à plusieurs magazines produits entre autres par Capa.