27/12/07 (B427) AP : Le journaliste français enlevé en Somalie éprouvé par “la tristesse et le manque de liberté” (Dépêche datée du 24/12, avant la libération du journaliste – Info lectrice)

Le journaliste français enlevé pour en obtenir une rançon dans le nord de la Somalie dimanche dernier se dit éprouvé “par la tristesse et le manque de liberté” mais espère toujours être bientôt libéré.

Gwen Le Gouil a été enlevé le 16 décembre à la sortie de la ville de Bossaso, dans le Puntland, une région du Nord de la Somalie éloignée du Sud en proie à une violente insurrection islamiste. La région connaît toutefois depuis plusieurs mois un regain de piraterie le long de ses côtes, et Bossaso sert de base à de nombreux trafiquants qui font passer en bateau au Yémen des candidats à l’immigration clandestine.

Dans la nuit de dimanche à lundi, la radio HornAfrik basée à Mogadiscio a annoncé avoir pu parler à Le Gouil par téléphone dans une interview organisée par ses ravisseurs. Il était impossible dans l’immédiat de confirmer par une source indépendante que la personne au téléphone était bien Le Gouil.

“Mon message à ma famille et proches et à tous ceux qui s’inquiètent pour moi est d’être patient parce que j’espère être libéré bientôt”, a dit Le Gouil avant d’ajouter que ses repas quotidiens étaient composés de riz et de pommes de terre.

Interrogé sur son état de santé, le journaliste français a répondu: “Tout ce que je sais c’est que je suis éprouvé par la misère et le manque de liberté”.

Samedi, un haut responsable local avait annoncé que Gwen Le Gouil devrait être bientôt libéré mais qu’il pourrait être poursuivi pour avoir voyagé sans autorisation dans cette région. Selon Farah Abdi Dolshe, vice-ministre à la Sécurité de la région semi-autonome du Puntland, les négociations pour la libération de Gwen Le Gouil progressaient. “Il y a des pourparlers trilatéraux entre les autorités du Puntland, les ravisseurs et des diplomates français au Puntland et nous espérons qu’il soit bientôt relâché malgré une demande de rançon de 80.000 dollars” (114.864 euros), avait-il affirmé. Les ravisseurs ont déjà présenté plusieurs demandes de rançon pour des sommes allant de 70.000 à 1 million de dollars.

Mais selon M. Dolshe, le journaliste a violé la loi et “nous allons entamer des poursuites à son encontre quand il aura été remis en liberté”.