17/01/08 (B430) REUTERS L’Erythrée accepte sa frontière “virtuelle” avec l’Ethiopie

________________________________________ Note de l’ARDHD
L’information est très importante. Ce litige pouvait laisser craindre des risques de guerre entre l’Ethiopie et l’Erythrée. Tous les différends ne sont pas réglés pour autant, mais la menace d’une reprise des combats dans cette région, s’éloigne un peu.

Les observateurs avaient craint un moment que l’Erythrée ne soit tentée de profiter de l’enlisement de l’Ethiopie en Somalie, pour lancer une offensive, d’autant plus que l’Erythrée soutient ouvertement les forces islamiques de Somalie …

Il est possible que la présence des forces américaines implantées à Djibouti ait eu tendance à modérer les ardeurs guerrières de l’Erythrée. Les USA n’ont jamais caché qu’ils soutenaient l’Ethiopie et qu’ils envisageaient d’inscrire l’Erythrée sur la liste des pays accueillant le terrorisme.
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ASMARA (Reuters) – L’Erythrée a annoncé qu’elle acceptait la délimitation "virtuelle" établie par une commission internationale de sa frontière avec l’Ethiopie et demande qu’Addis-Abeba retire ses troupes du territoire érythréen.

"Aujourd’hui, après cinq ans à tourner autour du problème central, la question est finalement réglée grâce à une délimitation virtuelle de la frontière", précise le communiqué publié dans le journal érythréen en langue anglaise Eritrea Profile.

Les autorités éthiopiennes n’ont fait, pour l’instant, aucun commentaire.

Les négociations entre les deux pays de la Corne de l’Afrique, qui se sont livré une terrible guerre entre 1998 et 2000, étaient dans l’impasse depuis 2002, quand une commission indépendante chargée de fixer la frontière commune de 1.000 kilomètres avait accordé la ville de Badme à l’Erythrée.

La commission de La Haye a terminé à la fin de l’an dernier de fixer "virtuellement" la ligne de démarcation, Asmara et Addis-Abeba n’ayant pu se mettre d’accord.

Entre 1998 et 2000, la guerre entre les deux pays a fait 70.000 morts et la persistance du différend frontalier a ravivé les craintes d’une reprise des hostilités.

En novembre 2006, la commission internationale, issue de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, avait donné un an aux deux pays pour délimiter leur frontière sur la base de ses propositions.

Devant les obstacles opposés à son travail sur le terrain, la commission a dû avoir recours à des techniques telles que la photographie aérienne à haute résolution pour déterminer les emplacements où des bornes devraient être placées afin de marquer le tracé frontalier dans les zones litigieuses.

L’Ethiopie a indiqué par le passé qu’elle ne reconnaîtrait aucune délimitation de la frontière contestée, jugeant "illégaux" les projets de la commission.

Aux termes de l’accord de paix qui a mis fin à la guerre en 2000, une force de paix de l’Onu comprenant 1.700 hommes surveille une zone tampon du côté érythréen de la frontière.

L’Erythrée entretient des relations tendues avec cette force, dont elle limite les vols d’observation effectués par des hélicoptères. Asmara a aussi expulsé des casques bleus occidentaux.

Jack Kimball, avec Tsegaye Tadesse à Addis-Abeba,
version française Guy Kerivel