20/04/08 (B444) Alerte REFUGIES / Les réfugiés djiboutiens en Ethiopie et en particulier à Addis Abeba : une situation qui ne progresse guère. L’ARDHD, avec les informations qui lui sont transmises par les représentants de ces malheureuses familles, initie une nouvelle campagne en leur faveur. Celle-ci se déroulera sur plusieurs semaines, avec des appels au HCR. (ARDHD)

Le 09 juillet prochain, cela fera quinze ans que les réfugiés Djiboutiens ont été accueillis sur le sol Ethiopien, en qualité de réfugiés, pour une infime minorité.

Il est grand temps de faire le point sur la situation et sur les actions du HCR en leur faveur.

Si le HCR a accepté d’enregistrer une vingtaine de familles et de leur apporter un maigre secours mensuel, la situation est loin d’être brillante et surtout de répondre au nombre impressionant de réfugiés djiboutiens.

– Il ne s’agit que d’une prise en charge symbolique. On ignore le nombre exact de familles d’anciens résistants du FRUD qui ont été contrainte à se réfugier en Ethiopie, refusant de trahir la cause en cédant à la tentation de Guelleh, comme l’a fait l’équipe d’Ougoureh Kifleh. Certains parlent de dix ou vingt mille ! Quelque soit le chiffre exact, on constate que l’enregistrement d’une vingtaine de familles et leur prise en charge, est très symbolique, face à l’ampleur du problème …. qui n’a jamais été pris en compte et qui est sans cesse sous-estimé.

– Ces familles vivent dans la précarité la plus totale.

La maigre allocation du HCR ne leur permet pas d’exister économiquement. Pour ceux d’Addis Abeba, ils ont eu “chance” de pouvoir occuper des logements qui leur ont été mis à disposition par le Sultan, mais qui sont loin de répondre aux normes minimales d’hygiène et de confort : promiscuité, délabrement, etc…

Malgré tout, ils ont un toit et une adresse, mais pratiquement rien d’autre !

Il faut savoir que les réfugiés en Ethiopie n’ont pas de droit de travailler et donc de subvenir à leurs besoins légitimes.

– Ces familles ne sont pas toujours accueillies avec “l’humanité que l’on pourrait espérer” par le HCR et elles sont vulnérables.
Les Ethiopiens considèrent toujours les réfugiés comme des citoyens de troisième classe. Vulnérables, ils sont victimes de nombreux harcèlements, provocations et menaces. Ce que nous avons constaté lors de l’affaire d’Hasna. Aiguillonné par la campagne médiatique que nous avions initiée, le personnel du HCR avait manifesté une compassion de façade et il avait amélioré l’accueil des familles.

La médiatisation retombée, les mauvaises habitudes auraient vite repris le dessus. Par exemple, les réfugiés de toute nationalité ne sont reçus que deux jours par semaine. Pour avoir une chance d’être reçu, le réfugié doit partir de chez lui vers 5:00 h du matin … se débrouiller pour trouver un moyen de transport … avant d’affronter une longue, dégradante et pénible attente devant les guichets pour espérer seulement avoir un entretien, etc…

– Un processus de réinstallation qui ne semble pas être mis en oeuvre. Le principe qui prévaut normalement dans le fonctionnement du HCR est d’aider à la réinstallation des familles soit dans leur pays, si la situation le permet, soit dans un autre pays où elles pourront acquérir des droits et une existence de citoyens à part entière.

Nous savons que deux pays, au moins, pourraient accueillir ces familles. 1°) Une association de Djiboutiens en Nouvelle Zélande a fait une démarche officielle en octobre 2007 et 2°) le Canada pourrait offrir des opportunités. Rien n’a bougé. En dépit de notre insistance, le HCR d’Addis Abeba n’a toujours pas répondu à la lettre de Nouvelle Zélande ….

Suite prochainement avec un article retraçant l’histoire de ces réfugiés et proposé par l’un de leurs représentants.