06/05/08 (B446-B) AFP : La France n’a pas le droit de juger les pirates somaliens, selon un responsable somalien

NAIROBI (AFP) La France n’a pas le droit de juger sur son sol les pirates somaliens qui s’étaient emparés en avril du voilier de luxe français Le Ponant, a déclaré lundi un chef de faction somalienne et opposant au gouvernement de transition, Hussein Mohamed Aidid.

“La France et la Somalie n’ont pas de traité d’extradition et les lois françaises ne peuvent s’appliquer à des crimes commis hors de France”, a affirmé Aidid, ancien Premier ministre adjoint et actuel président en exercice de l’Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS, soutenue par l’Erythrée).

“Les pirates sont des criminels, mais ils doivent être punis par des tribunaux mandatés pour le faire”, a-t-il précisé.

Au regard du droit somalien, totalement bafoué en 17 ans de guerre civile, seuls les tribunaux somaliens sont effectivement habilités à juger les pirates. Mais, en 2006, un tribunal kenyan avait condamné 10 pirates somaliens pour s’être emparé d’un cargo indien.

Les six pirates présumés avaient été capturés le 11 avril par des forces spéciales françaises en territoire somalien, peu après la libération des 30 membres d’équipage du Ponant, détourné une semaine auparavant alors qu’il croisait dans le golfe d’Aden.

Les six Somaliens ont été inculpés depuis en France, notamment pour enlèvement et séquestration en bande organisée.

Le Premier ministre somalien Nur Hassan Hussein avait demandé un accroissement de l’aide internationale pour combattre la piraterie, après avoir loué l’action menée par la France contre les pirates.

“Les forces françaises ont arrêté six pirates somaliens et les ont emmenés en France pour qu’ils y soient jugés. Nous encourageons de telles démarches menées par les Français”, avait-il dit.

Le président somalien, Abdullahi Yusuf Ahmed, doit rencontrer lundi à Paris son homologue français Nicolas Sarkozy, puis le chef de la diplomatie Bernard Kouchner, avec au programme des entretiens la piraterie internationale et les “initiatives” prises par la France dans ce dossier.