22/08/08 (B462) REUTERS / De violents combats font 70 morts dans le sud de la Somalie (Info lectrice)

Par Sarah Abdi Ahmed

Le bilan des affrontements entre les forces gouvernementales somaliennes et les insurgés dans le sud du pays s’élève désormais à 70 morts, rapportent vendredi une organisation de défense des droits de l’homme locale et des habitants de la région.

Les combats ont éclaté jeudi, principalement à Kismayon, ville portuaire du sud du pays, ainsi que dans la capitale, Mogadiscio.

“Nous avons reçu jusqu’ici la confirmation du décès de 55 personnes, la plupart d’entre elles ayant pris part aux affrontements”, a confié à Reuters Ali Bashi, le responsable de l’antenne locale de Kismayo d’une organisation de défense des droits de l’homme, qui évoquait le bilan humain pour la seule journée de jeudi.
Bashi a précisé qu’au moins une centaine de personnes avaient été blessées au cours des combats et que 75 d’entre elles avaient été transportées d’urgence vers l’hôpital de la ville.

Parallèlement, des témoins ont rapporté que 15 autres personnes avaient péri vendredi au cours d’affrontements sporadiques.

UN SEUL MEDECIN ET UNE POIGNÉE D’INFIRMIÈRES

Toujours selon les mêmes sources, la ville est désormais contrôlée par les insurgés islamistes qui vont de maison en maison pour traquer les combattants alliés aux forces gouvernementales.

Le gouvernement du président Adullahi Yusuf a signé lundi un accord de paix avec certaines personnalités de l’opposition lors de négociations parrainées par l’Onu à Djibouti.

L’accord, qui prévoit notamment le déploiement rapide de troupes de maintien de la paix de l’Onu pour mettre un terme à un conflit déjà responsable de la mort de plus de 8.000 civils, a toutefois été rejeté par les insurgés et par les partisans d’une ligne dure au sein de l’opposition.

“Nous condamnons ce génocide et exhortons les deux camps à cesser les combats de manière inconditionnelle”, a déclaré Bashi.

Le directeur de l’hôpital de Kismayo, Abdi Ahmed Sugule, a indiqué à Reuters qu’il n’avait à sa disposition qu’un seul médecin et une poignée d’infirmières pour s’occuper des personnes blessées. “Nous manquons également de médicaments”, a-t-il ajouté.

Version française
Olivier Guillemain