12/10/08 (B469) Romandie News avec AFP / Somalie: les pirates du Faina écartent les intermédiaires des négociations.

Les négociations visant à relâcher le cargo ukrainien Faina et sa cargaison d’armes se sont interrompues samedi après que les pirates somaliens eurent rejeté les intermédiaires somaliens impliqués dans ces discussions, a-t-on appris dimanche auprès de chefs coutumiers.

Selon ces sources, pirates et propriétaire du cargo s’étaient mis d’accord samedi sur la somme de 10 millions de dollars pour relâcher le cargo lorsque les pirates se sont ravisés, demandant le retrait des intermédiaires somaliens, qui font la navette entre les deux parties dans ces négociations.

“Les discussions entre les pirates et les propriétaires du bateau se sont complètement arrêtées hier (samedi) après que les pirates eurent demandé avec insistance que les intermédiaires soient sortis des négociations”, a déclaré à l’AFP Ahmed Abshir Hasan, un chef coutumier de Harardhere, situé à environ 100 km au sud de Hobyo, où est ancré le Faina.

“Les commandants des pirates sur le bateau nous ont dit que les discussions étaient interrompues. Ils n’ont pas dit pourquoi ils rejetaient ces intermédiaires à la dernière minute alors qu’ils travaillent avec eux depuis une semaine”, a-t-il ajouté.

“Nous étions prêts d’un accord sur la rançon mais nous sommes sorti des discussions à cause des intermédiaires somaliens”, a confirmé un des pirates à bord du Faina, sous couvert de l’anonymat.

Les pirates “ont accepté de recevoir 10 millions de dollars pour libérer le bateau mais les négociations se sont arrêtées en raison des intermédiaires. Les pirates ont dit que les discussions reprendront dans quatre jours avec de nouveaux intermédiaires”, a précisé un autre chef coutumier de la zone, Abdulahi Moalim Afrah.

Les pirates se sont emparés du Faina le 25 septembre au large des côtes somaliennes, alors que le cargo ukrainien se dirigeait vers le port kényan de Mombasa. Il transporte notamment 33 chars d’assaut, ainsi que des lance-roquettes et des batteries anti-aériennes.

Le cargo est actuellement ancré à quelques encablures de la ville portuaire d’Hobyo (500 km au nord de Mogadiscio) et encerclé par plusieurs navires de guerre, notamment américains, dont l’étroite surveillance vise à empêcher les pirates de débarquer la cargaison.