27/01/09 (B483) AfarIssas -> Pourquoi nier nos erreurs et nos responsabilités ?

Tous les Djiboutiens sont coupables de cette situation tragique qui frappe le pays de plein fouet, à des degrés différents mais personne n’est totalement innocent.

Lorsque l’on demande à la majorité des citoyens Djiboutiens de donner les raisons principales de la misère exécrable dans laquelle croupit la totalité de la population, il n’est fréquent d’obtenir les réponses suivantes : “C’est la faute de la dictature Guelleh, c’est la division de l’opposition, c’est la communauté internationale, la colonisation, la jalousie des pays étrangers, les étrangers vivants à Djibouti, etc.…, mais pas moi en tout cas”.

Même les Djiboutiens éduqués, même les intellectuels sont incapables d’admettre leur propre responsabilité dans la situation socio-économique et politique désastreuse qui prévaut actuellement à Djibouti.

Personne ne veut prendre conscience de ses responsabilités et on rejette les torts sur les autres. Il est pratiquement impossible de reconnaître son propre tort dans un pays où les antivaleurs ont érigé demeure.

Le poisson commence toujours à pourrir par la tête .

Cela se vérifie à Djibouti ! La gangrène est entrée avec le leadership politique.

En dépit de cette vérité historique, chaque Djiboutienne, chaque Djiboutien devrait s’interroger sur sa contribution personnelle à la destruction du pays. Ne serait-ce que par inaction, par passivité volontaire ou involontaire, par des comportements qui ont cautionné ou encouragé certains actes répréhensibles, en laissant le champ libre aux pilleurs.

Les Djiboutiens n’ont-ils pas adopté des comportements qui ont cautionné ou encouragé certains actes répréhensibles, ou qui ont soutenu pour des raisons tribales, certains politiciens corrompus au pouvoir ?

Il est bien dommage, à chaque fois que se pose la question de savoir qui est responsable de cette situation apocalyptique à Djibouti, d’obtenir la même réponse. Le Djiboutien, pour se justifier, vous répétera : “c’est la faute du système !”. Comme si les Djiboutiens n’avaient pas les moyens de récuser un système injuste qui les ruine.

Ne dit-on pas que la plus grande qualité d’un homme est de savoir reconnaître ses erreurs et de s’en souvenir pour ne pas les renouveler ? A Djibouti, au contraire, c’est l’amnésie générale.

Cette amnésie systématique viendrait du fait que le Djiboutien pense toujours que : « c’est la faute de l’autre ou des autres » et jamais la sienne.

Au fond quelle est la différence entre “l’Homo sapiens” et “l’animal” ? C ’est la capacité d’atteindre un stade de conscience suffisant pour constater que l’on a commis une erreur et de s’en souvenir.

Être un Être humain instruit, éduqué et compétent mentalement, c’est la capacité de ne jamais renouveler l’erreur que l’on a commise ou que l’on a vu faire.

C’est aussi la capacité de pouvoir retirer de chaque erreur, un enseignement aussi « cuisant » et « inoubliable ». C’est l’enfant qui met sa main sur un fer à repasser et qui s’en méfiera à l’avenir.

Depuis longtemps, les Djiboutiens acceptent ce qui est inacceptable pour un peuple digne et fier des ses valeurs historiques, morales et culturelles. Ce n’est pas en consacrant son énergie et son intelligence à se forger de fausses excuses pour justifier la situation actuelle et le fait qu’il l’accepte sans révolte, que le Djiboutien pourra sortir de son contexte et contribuer à améliorer son sort et celui de sa famille.

Ce n’est pas la faute du gouvernement, mais serait-ce la faute des Djiboutiens parce qu’ils ont accepté et laissé agir des incompétents, des inconscients et des irresponsables à la tête de leur pays. Peuple aveugle, la faute n’est pas au menteur, mais au trompé (celui qui a accepté le mensonge). Ne dit-on pas que les promesses des hommes politiques n’engagent que ceux qui y croient … ?

Il faut cesser d’avoir peur du lendemain, de l’après Guelleh. Il est trop facile de dire que c’est dramatique aujourd’hui, mais que cela pourrait être pire avec un autre au pouvoir. Il est négatif de s’inquiéter à l’avance de ce qui est inéluctable.

Le régime vit ses derniers moments à condition que le peuple assume ses responsabilités et qu’il prenne son destin entre ses mains. Vouloir s’éterniser au pouvoir sans ne rien faire de concret et de positif pour le pays, ne peut pas durer longtemps.

Rien n’est éternel et rien ne sera comme jadis.

Comprendre cette vérité historique nécessite un grain d’esprit pour se désintéresser du superflu, des avantages financiers, des honneurs et accepter l’adieu. S’entêter est une preuve de stupidité.

Le régime de Guelleh touche à sa fin. Guelleh et ses clans mafieux ont échoué. Et pourtant ils continuent à prendre Djibouti en otage : la corruption et l’accaparement des richesses n’ont jamais été aussi encouragées par le sommet de l’Etat.

Il est incompréhensible qu’un Chef d’État, un homme politique responsable, soucieux de la paix et de la stabilité dans son pays continue à entretenir une bande de « hors-la-loi », des « intouchables » qui commettent des exactions, des vols, des détournements. Des crimes odieux commis contre sa propre population : en affamant, en asphyxiant, en suffoquant et en tuant ses propres citoyens volontairement et de sang-froid.

Le Président Dictateur Guelleh, à la tête d’un gouvernement ivre de pouvoir et avide de l’argent du trésor public, ne cherche que son intérêt personnel. Il est prêt à sacrifier toute la nation pourvu qu’il garde son pouvoir et atteigne un objectif qu’il est le seul à connaître, mais qui est éloigné de toutes les façons des aspirations du peuple.

Aujourd’hui, ce gouvernement et son insouciance absolue vis-à-vis des problèmes socio-économiques surprend. Et surtout il ne rassure ni la communauté internationale (derniers rapport de l’UE) ni la population.

Les Djiboutiens ne doivent pas désespérer.

Sans optimisme exagéré et sans pessimisme démesuré, ils doivent être réalistes.

Ils doivent savoir et admettre que l’espoir existe toujours ! Celui de vivre ensemble dans la paix, la tolérance, l’insertion harmonieuses des différentes communautés et le développement du niveau de vie

Plus que jamais, on a vraiment besoin de Djibouti parlant d’une même voix avec conviction et fermeté, face à une communauté internationale impartiale. Il faut éviter à tout prix, cette guerre programmée et manipulée par les américains (contre l’Erythrée) qui ne fera qu’aggraver la misère de la population pour satisfaire les ambtions d’un pyromane aux commandes.

Chaque Djiboutien ou Djiboutienne doit se poser la question de savoir qu’elle peut-être sa contribution pour sauver notre maison commune.

Construire Djibouti est un grand chantier noble, un bien précieux, une œuvre commune qui appartient à tous les citoyens du pays ; elle sera la résultante de la collaboration de tous à sa construction, son entretien et sa conservation.

Chacun possède son lopin.

Les Djiboutiens sont en face d’un choix très simple : Mal soigné la maladie ou payé le prix d’un bon traitement. Mais il ne reste plus beaucoup de temps : c’est maintenant ou jamais qu’il faut faire ce choix, car demain, il sera trop tard.

Soutenons les partis d’oppositions crédibles, moralement et financièrement ! Ce serait un premier geste positif pour le changement et pour réparer nos erreurs passées.

Soutenons aussi les Associations humanitaires qui se sont mises au service de la diaspora djiboutienne et qui œuvrent dans le cadre de la coopération nord-sud afin d’aider la population défavorisée du pays à améliorer son niveau de vie.

Ce seront les plus grands investissements dans l’œuvre de construction du Djibouti de demain, paisible et prospère.

Rappelons-nous ou découvrons la déclaration d’indépendance rédigée par Thomas Jefferson assisté de Benjamin Franklin, le 4 juillet 1776, à Philadelphie :

« Nous tenons les vérités suivantes pour évidentes par elles-mêmes : tous les Hommes ont été créés égaux ; le Créateur leur a conféré des droits inaliénables, dont les premiers sont :
-Le droit à la vie,
-Le droit à la liberté,
-Le droit au bonheur […]. »

« C’est pour s’assurer de la jouissance de ces droits, que les hommes se sont donné des gouvernements dont l’autorité devient légitime par le consentement des administrés […] »

« Lorsqu’un gouvernement, quelque que soit sa forme, s’éloigne de ces buts, le peuple a le droit de le changer ou de l’abolir, et d’établir un nouveau gouvernement en le fondant sur ces principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtra la plus propre à lui donner sécurité et bonheur ».

Que Dieu accompagne et guide, mon peuple et mon pays dans le changement.

Amen !

Afarissas
afarissas@live.be