28/01/09 (B483) La conférence de Djibouti pour l’élargissement du parlement et l’élection du nouveau Président. En dépit de la constitution qui prévoit une élection dans le mois qui suit la démission du Président en exercice (soit le 26 janvier au plus tard), le vote est retardé d’au moins cinq jours … Le leader de l’ARS lance un appel à la réconciliation avec l’Ethiopie. (6 articles en Français et en Anglais)

_________________________ 6 – AFP

Somalie: l’élection présidentielle reportée de cinq jours, annonce le parlement

Le parlement somalien a annoncé mardi le report de cinq jours, à lundi prochain au plus tard, de l’élection d’un nouveau président après la démission il y a presque un mois d’Abdullahi Yusuf Ahmed.

En vertu de la nouvelle charte de transition du pays, le nouveau président devait être élu dans les 30 jours suivant la démission du président. Yusuf est parti le 29 décembre et la date limite pour l’élection de son successeur a lieu mercredi.

“La majorité des parlementaires a accepté de rajouter cinq jours, mais si nous pouvons le faire avant, nous le ferons”, a déclaré en référence au scrutin présidentiel le président du parlement Aden Mohamed Nur lors d’une session parlementaire à Djibouti.

Dans un communiqué, la commission électorale parlementaire a précisé que le vote aurait lieu vendredi. “L’élection aura lieu le 30 janvier et le président élu prêtera serment le lendemain”, lit-on dans le texte.

Les hommes politiques somaliens se retrouvent à Djibouti pour procéder à cette élection en raison de l’insécurité dans leur pays. Ils ont déjà agrandi leur assemblée parlementaire pour y inclure l’opposition islamiste modérée en vertu d’un accord que l’Onu a passé avec le gouvernement l’an dernier.

L’actuel parlement est doté de 550 sièges, contre 275 précédemment, et les nouveaux députés prêteront serment mercredi.

En Somalie, les islamistes radicaux, les “shebab”, ont annoncé lundi avoir pris le contrôle de la seconde ville du pays, Baïdoa, qui abrite le parlement. Mais le chef de la commission de l’Union africaine (UA) Jean Ping a affirmé que ce changement sur le terrain n’affecterait pas le processus politique.

“La situation sur le terrain en Somalie s’est révélée moins grave que nous le pensions”, a déclaré Ping à la presse mardi devant le quartier général de l’organisation panafricaine à Addis Abeba.

Les “shebab” ont affirmé s’être installé dans Baïdoa après le retrait des troupes éthiopiennes le week-end dernier.

“L’occupation de Baïdoa n’est pas une surprise pour nous et cette éventualité avait été envisagée par l’Ethiopie”, a ajouté Ping.

Ce retrait des troupes d’Addis Abeba avait suscité des inquiétudes sur le vide sécuritaire dans ce pays toujours en butte à une crise de pouvoir


_________________________ 5 – Reuters

Un leader islamiste somalien tend la main à l’Ethiopie

Le cheikh Charif Ahmed, un islamiste modéré candidat à la présidence somalienne, veut s’il est élu tendre la main à l’Ethiopie et incorporer les jeunes combattants islamistes dans les forces de sécurité nationales.

Dans une interview à Reuters, le chef de l’Alliance de re-libération de la Somalie (ARS) se dit prêt à discuter de toute question politique ou religieuse avec les insurgés islamistes qui poursuivent la lutte dans son pays.

Ahmed, un juriste formé en Libye, était le président des Tribunaux islamiques chassés de Mogadiscio fin 2006 par les forces éthiopiennes.

Mais le gouvernement fédéral de transition, malgré l’appui des Ethiopiens, n’est pas parvenu en deux ans à ramener la paix dans le pays et les soldats d’Addis-Abeba ont fini lundi d’évacuer le territoire somalien.

Plus de 16.000 civils ont péri dans les affrontements depuis le début 2007 et un million ont été contraints de partir de chez eux, tandis que les pirates infestent les côtes, capturant les navires marchands dont ils demandent une rançon.

“Il est vraiment nécessaire d’améliorer les relations avec les pays voisins et de mettre fin au long différend entre la Somalie et l’Ethiopie”, a déclaré Ahmed lundi soir à Reuters.

“Cela permettra à la région de se développer car la pauvreté alimente les conflits et il faut à tout prix l’éradiquer.”

La parlement somalien, réuni à Djibouti pour des raisons de sécurité, a décidé lundi de doubler le nombre des députés et d’accueillir dans ses rangs 200 membres de l’ARS. En outre, 75 sièges sont laissés vacants pour d’autres membres de l’opposition qui souhaiteraient participer à la vie parlementaire.

Ahmed a souligné qu’il était temps pour tous les Somaliens de se retrouver, dans la paix, quelles que soient leurs opinions politiques et leurs tendances religieuses.

“IL N’Y A PLUS DE RAISON DE SE BATTRE”

“Les insurgés se sont battus pour obtenir le retrait des Ethiopiens et les Ethiopiens sont partis. Il n’y plus de raison de se battre et de tuer encore des Somaliens”, a-t-il dit.

“Nous sommes prêts à parler avec eux s’ils ont un programme politique, et nous sommes aussi disposés à parler religion avec eux.”

Les combattants d’Al Chabaab (“Jeunesse”), groupe considéré comme terroriste par les Etats-Unis, ont juré de poursuivre la lutte tant que la loi islamique la plus stricte ne sera pas établie en Somalie.

Profitant du départ des Ethiopiens, ils ont pris lundi le contrôle de la ville de Baidoa, où siège normalement le parlement somalien.

“Les temps ont changé, il faut maintenant améliorer la sécurité. Il faut rassembler toutes les forces disponibles, que ce soit les insurgés, les forces de sécurité actuelles ou les anciens militaires”, a estimé Ahmed.

“Nous allons tenter de convaincre ces jeunes miliciens (de Chabaab), leur faire comprendre combien c’est important d’appartenir à une force qui est au service de la nation.”

Le dirigeant islamiste a dit son espoir de voir se constituer un gouvernement d’union nationale pour remettre le pays sur les rails car, affirme-t-il, “il n’y a pas de divergences majeures entre les Somaliens”.

Le départ des quelque 3.000 hommes déployés par Addis-Abeba ouvre une nouvelle ère dans l’ancienne colonie italienne livrée au chaos depuis 1991.

Certains s’attendent à une recrudescence des combats, d’autres voient dans ce retrait une occasion d’entamer un processus de réconciliation nationale.

La communauté internationale presse les Somaliens de surmonter leurs divergences afin que le Parlement puisse élire un nouveau président pour remplacer Abdoullah Youssouf, qui a démissionné fin décembre.

Les députés, réunis à Djibouti en raison de l’insécurité en Somalie, pourraient décider un report du scrutin, prévu initialement la semaine prochaine.

Version française Guy Kerivel


_________________________ 4 – Shabelle avec Reuters (En Anglais)

Le leader islamiste modéré, candidat à la Présidence de Somalie, veut faire la paix avec l’Ethiopie. // Leader wants peace with Ethiopia

Somalia’s Islamist presidential candidate said he wants to make peace with Ethiopia, bring young militia fighters into a national security force, and rebuild the country’s social services.

Sheikh Sharif Ahmed, the moderate Islamist leader from the Alliance for the Re-Liberation of Somalia (ARS), also told Reuters he was ready to discuss any political or religious issues with Islamist insurgents still fighting in Somalia.

Ahmed, a law graduate from Libya, was chairman of the Islamic Courts’ Union which ran Mogadishu in 2006. Initially welcomed for bringing order to a city ruled by warlords, Ethiopian troops invaded and ousted them from the capital.

But the Ethiopian soldiers failed to quell a two-year Islamist insurgency and left Somalia on Monday. More than 16 000 civilians have been killed since the start of 2007, a million fled their homes and piracy has flourished off Somalia’s coast.

“It is very, very necessary to improve our relations with the neighbouring countries and to end the long dispute between Somalia and Ethiopia,” Ahmed told Reuters late on Monday.

“That will help the region’s development, because poverty in the region is encouraging the conflict to continue and we have to stand for eradicating it,” he said.

Somalia’s parliament agreed on Monday to invite 200 ARS members into an expanded assembly which international players hope will elect a new president this week. Another 75 seats have been left vacant for other opposition groups to join later.

The challenge for any new leader will be to bring security to the Horn of Africa nation and persuade the array of Islamist fighters to end their struggle now the Ethiopians have left.

Ahmed said it was time for all Somalis to find peace, whatever their political or religious ideology, and he would try and convince hardliners to work in the nation’s interest.

“The insurgents had been fighting for the Ethiopian withdrawal. Now they have pulled out of the country, there is no reason to fight and kill more Somalis,” he said.

“If they have a political agenda, we are ready to talk to them. And the second issue may be based on religion, and we are ready to discuss that with them.”

Fighters in Al Shabaab, which is on Washington’s list of foreign terrorist groups, have vowed to continue their fight to impose a strict version of Islamic law which has traditionally been shunned by more moderate Somalis.

“In this new era, we have to improve security. We will try to join all the forces available, whether they are insurgents, the current security forces or former military,” Ahmed said.

“What these young militia men believe is not what they were born into. We will try to convince them how valuable it is to be a security officer working for the nation’s interest,” he said.

Al Shabaab fighters captured Somalia’s seat of parliament, Baidoa, on Monday, taking advantage of a power vacuum just hours after Ethiopian soldiers withdrew.

Ahmed said including opposition parties absent from reconciliation talks in neighbouring Djibouti would be a priority, along with resettling the displaced, rebuilding the capital and restoring health services and education.

“I believe there is a big hope of creating a government of national unity,” he said.

“There are no major differences between the Somali people. But there are some fishermen in the ocean of politics who want to destroy the image of the good people. We must face them and then stop them before they become obstacles to our efforts.”

__________________________ 3 – Shabelle (En Anglais)

La communauté internationale exerce des pressions pour que l’élection du Président somalien de transition se déroule cette semaine. // Somalis pressured to elect president this week

The Somali presidential election may be held this week after pressure from the international community, officials told radio Shabelle on Tuesday.

Diplomats from African and western countries at the power-sharing talks in Djibouti has insisted that the Somali presidential election be held within the timeframe set in the Somali Transitional Federal Charter, Mohamed Omar Dalha, deputy speaker of Somali parliament told Shabelle radio in Mogadishu by phone from Djibouti.

The thirty-day deadline for the election of a president expires on Wednesday as former president Abdulahi Yusuf Ahmed stepped down on Dec. 29.

The Somali Transitional Federal Government and the Alliance for the Re-Liberation of Somalia (ARS) agreed last October on the outline of enlarging Somalia’s Transitional Federal Parliament and forming Government of National Unity.

On Monday, the Somali lawmakers approved the expansion of the parliament to include members of the opposition faction, the ARS, who will be sworn in on Tuesday.

ARS leader Sheikh Sharif Sheikh Ahmed announced on Sunday he would contest the presidential election.

Sharif and Prime Minister Nur Hassan Hussein are seen as the two main presidential contenders.

More than a dozen candidates are expected to vie to succeed former President Abdullahi Yusuf Ahmed who stepped down last month after falling out with the prime minister over a UN-backed peace deal.

__________________________ 2 – Shabelle avec VOA (En Anglais)

L’UA condamne la prise de contrôle de Baïdoa et du siège du Parlement somalien par les forces islamistes Al Shebaab. //AU Condemns Al-Shabaab Takeover of Somali Parliament Seat

The African Union has sharply condemned Monday’s reported takeover of the Somali parliament building in Baidoa and surrounding areas by Al-Shabaab Islamic insurgents.

The Islamic group described by Washington as a terrorist organization promised to institute Sharia law shortly after taking over the town.

Al-Shabaab took control of most of Baidoa with reportedly little resistance from local militia groups and government troops who controlled the city after the departure of the Ethiopian troops a few hours earlier. The takeover of Baidoa came as Somali parliamentarians, meeting in neighboring Djibouti overwhelmingly agreed to expand parliament from 275 to 550 members. The new parliament is expected to begin meeting today ahead of the possible extension of the deadline for electing a new president.

Mohammed Ali Ahmed, a former education minister, told VOA that residents of Baidoa welcomed the Al-Shabaab takeover.

“The residents believed that they (Al-Shabaab) will come after the withdrawal of the Ethiopian troops. They were expecting that they will come because there were contacts between the civil societies and especially the chiefs and elders and intellectuals as well as religious leaders. They all said if you (Al-Shabaab) come to Baidoa but now there are no Ethiopian troops so we are Islamists and we will welcome you if you do not conflict with us,” Ali Ahmed noted.

He said the Transitional Federal Government (TFG) failed to adequately provide security in Baidoa before the seat of parliament was prior to moving the seat of parliament there.

“Before the TFG came to Baidoa there was a quarrel between members of the TFG and because the government was weak so they were not able to settle security matters, and that really undermined the confidence of most residents of Baidoa because they were expecting changes. But when the Ethiopian troops left, there were few members of parliament and soldiers left who were trying to fend off Al-Shabaab. So the community asked the members of parliament to go away and not fight with Al-Shabaab because it would cause a distraction in the lives of people in the town,” he said.

Ali Ahmed said the Islamic group promised to soon institute sharia law in Baidoa.

“They said they would implement sharia law and urged everybody to remain calm. They also said they would not harm the people who were supporting the Ethiopian troops or other factions adding that everybody would be free to do what they want, except that they would implement the Sharia law or obey the Sharia law,” Ali Ahmed pointed out.

He said residents of Baidoa have hailed the Islamic takeover of Baidoa and the subsequent promise to institute the Islamic sharia law.

“The people are welcoming it because they are fed up with the troops of Ethiopia and the TFG supporters, who were not able to maintain or enforce law and order in the town. So, they think that if Al-Shabaab comes to Baidoa they will have good security and there would be peace. So they expected that and they will thank the Al-Shabaab people,” he said.

__________________________ 1 – Shabelle avec AFP (En Anglais)

UN envoy says Baidoa fall would not have impact on Djibouti peace talks

The top United Nations envoy to Somalia, Ahmedou Ould Abdallah, said the Baidoa attack would have no impact on the Djibouti negotiations.

“If the fall of Baidoa is proven, it would not jeopardise the current negotiations or the election of a new president,” Oul-Abdallah said in Djibouti where more than 1,000 Somali politicians are gathered to elect a new president.

After being sworn in, the lawmakers are expected to elect a new president after the post fell vacant last month with the resignation of Abdullhai Yusuf Ahmed.

The new president is to take oath of office on January 31, the UN office for Somalia said in statement Monday.

The departure of the the Ethiopian forces sparked security fears in the war-ravaged country that is also beset by a leadership crisis.

On Monday, the African Union warned that the extremist Islamists militia were plotting more suicide attacks after a car bomb killed 22 civilians in Mogadishu.

The AU forces — comprising Ugandan and Burundian contingents — have also been targeted by the insurgents and have lost nine soldiers since Ugandan forces first deployed in March 2007.

The Horn of Africa country has lacked an effective central authority since the 1991 ouster of president Mohamed Siad Barre sparked internecine violence.