01/02/09 (B484) Le Monde. Cheikh Sharif Cheikh Ahmed élu président de la Somalie.

Le chef de l’Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS), cheikh Sharif Cheikh Ahmed, a été élu, samedi 31 janvier, président de la Somalie par le Parlement de transition somalien réuni à Djibouti. Aussitôt élu, le chef religieux a appelé à un gouvernement de large union et invité tous les groupes armés en conflit en Somalie à rejoindre le processus de paix soutenu par l’ONU.

Le chef de l’ARS qui doit prêter serment samedi devant le Parlement, dit vouloir “améliorer les relations” avec l’Ethiopie et est décidé à “tenter de convaincre les jeunes miliciens [chabab] de combien il est important d’appartenir à une force qui est au service de la nation “. Addis Abeba a affirmé le 25 janvier que toutes ses troupes avaient quitté le sol somalien, ouvrant à la voix à l’entrée des partisans de cheikh Sharif au Parlement et à son élection à la présidence.

Sur les 430 parlementaires présents au vote, Cheikh Sharif, a obtenu 293 voix au second tour de scrutin contre 126 pour Maslah Mohamed Siad Barre, fils du défunt président Mohamed Siad Barre, dont le renversement a marqué le début de la guerre civile.

“Très prochainement, je formerai un gouvernement qui représentera le peuple de Somalie”, a promis le nouveau président lors d’une brève allocution, ajoutant: “je tends la main à tous les groupes armés somaliens qui sont toujours opposés à ce processus de paix) et les invite à nous rejoindre”.

Le premier ministre sortant, Nur Hassan Hussein, présenté comme l’un des favoris du scrutin, était arrivé en 3e position au 1er tour avec 59 voix et s’était retiré de la compétition en indiquant qu’il était “prêt à coopérer avec celui qui sera élu pour faire de la Somalie un pays pacifique”.

Le Parlement devait élire un nouveau chef de l’Etat après le départ du président Abdullahi Yusuf Ahmed, poussé à la démission fin décembre, et qui était hostile à toute négocation avec les islamistes. Le chef de l’Etat a été élu par un nouveau Parlement de transition, élargi ces derniers jours aux islamistes modérés et à des représentants de la société civile. L’élection s’est déroulée dans un climat de violences persistantes. Les parlementaires ont dû se réunir à l’étranger. Les shebab, insurgés islamistes opposés aux institutions de transition, ont pris lundi la ville de Baïdoa (250 km au nord-ouest de Mogadiscio), siège du Parlement.