05/02/08 (B484-B) Assassinat du directeur d’une radio privée en Somalie (3 articles en Français)

_______________________________ 3 – AFP

Somalie: le patron d’une des principales radios privées assassiné

Le directeur d’une des principales radios privées de Somalie, Horn Afrik, a été tué par balles par des inconnus mercredi à Mogadiscio, ont rapporté des témoins et la radio.

“Nous avons été informés que le directeur de la radio Horn Afrik avait été abattu par balles et nous vous informons que la radio cessera ses émissions par solidarité avec notre directeur”, a annoncé un présentateur de la radio.

La victime, Saïd Tahlil, “a quitté la station de radio puis nous avons été informés que son corps était étendu non loin de là. Nous sommes sous le choc”, a dit à l’AFP un employé d’Horn Afrik, Mohamed Abdullahi.

Le directeur d’Horn Afrik a été tué dans le quartier du grand marché de Bakara, un des plus dangereux de la ville, dévastée par la guerre civile somalienne débutée en 1991.

Un journaliste de la radio privée Shabelle, également une des plus importantes de Somalie, Hassan Mayow Hassan, avait été tué par balles le 1er janvier à Afgoye, à 30 km à l’ouest de Mogadiscio, par des inconnus.

En août 2008, le correspondant de la BBC à Kismayo (sud), Nafteh Dahir, avait été assassiné dans des circonstances similaires.

Les enlèvements de journalistes, somaliens ou étrangers, se sont également multiplié en Somalie, décrite en 2007 par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) comme le deuxième pays le plus dangereux au monde – après l’Irak – pour les journalistes.

Deux journalistes indépendants canadien et australien, enlevés en août 2008 près de la capitale sont toujours otages de leurs ravisseurs. Un journaliste britannique et un photographe espagnol, enlevés en novembre dans la région autoproclamée autonome du Puntland (nord-est de la Somalie) ont été libérés par leurs ravisseurs début janvier après cinq semaines de captivité.

La Somalie est privée de gouvernement central depuis que le président Mohamed Siad Barre a été renversé en 1991, livrant le pays à une guerre civile sans merci.

Le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ), organisation américaine, s’est déclaré choqué par l’assassinat de Tahlil et a pressé la future administration somalienne du président nouvellement élu Sheikh Sharif Sheikh Ahmed, de garantir la liberté de la presse.

“Tahlil et les autres journalistes courageux qui continuent à travailler à Mogadiscio dans des conditions extrêmement dangereuses doivent être soutenus. Nous appelons la nouvelle administration somalienne à faire tous les efforts possibles pour protéger les journalistes”, selon un communiqué du CPJ.

________________________________ 2 – RSF

Le directeur de la radio HornAfrik assassiné à Mogadiscio : la Somalie perd une nouvelle figure du journalisme

Reporters sans frontières exprime sa profonde révolte après l’assassinat du directeur de la radio privée HornAfrik, Saïd Tahlil, le 4 février 2009, à Mogadiscio. Cet homicide intervient seulement seize mois après que l’ancien directeur de la même radio, Ali Imam Sharmake, a été tué par l’explosion d’un engin piégé placé sous sa voiture.

“Nos premières pensées se tournent vers la famille de ce journaliste courageux et respecté, ainsi que vers ses collègues de HornAfrik, une nouvelle fois touchés par l’assassinat odieux de leur directeur. Il est indispensable que les autorités, au premier rang desquelles le président récemment élu Sheikh Sharif Ahmed, s’engagent publiquement à tout faire pour combattre les milices armées qui terrorisent la population et qui s’attaquent depuis plusieurs années aux figures de la société civile. Il devrait être également clair, pour les Somaliens qui pourraient avoir de la sympathie pour les partisans de l’assassinat ciblé de l’élite restée au pays, que leur objectif est de les faire vivre dans l’obscurantisme et la violence. Il est urgent de mettre fin à cette hécatombe”, a déclaré l’organisation.

Avec onze journalistes tués depuis 2007, la Somalie est le pays le plus meurtrier d’Afrique pour les médias. Après Hassan Mayow Hassan, journaliste à Radio Shabelle, tué le 1er janvier dernier, Saïd Tahlil est le deuxième professionnel de l’information assassiné dans le pays en 2009, faisant craindre une nouvelle année particulièrement meurtrière.

Le 4 février, Saïd Tahlil, directeur de HornAfrik, une des principales radios privées de Somalie, a été tué de quatre balles dans le coeur, peu avant 15 heures, dans le quartier du marché de Bakara, à Mogadiscio. Le journaliste se rendait, avec d’autres directeurs de radios, à un rendez-vous fixé par des représentants de la milice armée Al-Shabaab. Un présentateur de HornAfrik a annoncé que la radio cessait immédiatement ses émissions par solidarité avec son directeur assassiné.

L’identité des assassins n’est pas encore connue, mais de forts soupçons pèsent sur la milice islamiste Al-Shabaab, coupable de la plupart des exécutions de journalistes, universitaires et militantes féministes depuis plus de deux ans. La radio HornAfrik avait récemment couvert les négociations entre acteurs politiques somaliens, menées à Djibouti, et ayant abouti à l’élection de l’islamiste “modéré”, Sheikh Sharif Ahmed, à la présidence du pays. Le ministre de l’Information, Ahmed Abdisalam, ancien membre du gouvernement fédéral de transition, est l’un des propriétaires de la radio.

“La communauté des journalistes somaliens perd aujourd’hui l’un de ses membres les plus éminents. Celui-ci a été tué par des ennemis de la liberté de la presse ayant l’intention de répandre la peur dans les cœurs des professionnels des médias”, a déclaré Omar Faruk Osman, secrétaire général de l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), organisation partenaire de Reporters sans frontières en Somalie.

________________________________ 1 – JDD

Somalie: Le directeur d’une télévision tué

Le directeur de HornAfrik, une radio-télévision privée somalienne, a été abattu par des inconnus mercredi à Mogadiscio. Saïd Tahlil Ahmed a été tué sur le marché Bakara, théâtre fréquent d’affrontements entre soldats gouvernementaux et insurgés islamistes, ont rapporté des témoins et des collègues.

Un reporter local qui accompagnait la victime a rapporté que deux hommes au visage dissimulé avaient fait irruption et tiré plusieurs coups de feu sur Ahmed, tué sur le coup.