05/02/09 (B484-B) Le sommet de l’UA … (3 articles en Français)

_______________________________ 3 – L’Express avec Reuters

Kadhafi salue les progrès de l’UA vers un gouvernement fédéral

Le modèle démocratique et pluripartite n’a apporté que le chaos en Afrique, mais la progression du continent noir vers un gouvernement fédéral apporte une lueur d’espoir, a déclaré mercredi le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, nouveau président de l’Union africaine (UA) a déclaré au terme du sommet de cette organisation en Ethiopie que si modèle démocratique et pluripartite n’avait apporté que le chaos en Afrique, la progression du continent noir vers un gouvernement fédéral apportait une lueur d’espoir. (Reuters/Irada Humbatova)

Le numéro un libyen s’exprimait au terme du sommet de l’Union africaine (UA) en Ethiopie, organisation dont il a été élu président pour un an lundi.

Depuis des années, le colonel Kadhafi appelle de ses voeux la création d'”Etats-Unis d’Afrique”, voyant dans un gouvernement panafricain le seul moyen d’affronter les défis de la mondialisation, de lutter contre la pauvreté et de résoudre les conflits sans ingérence occidentale.

Certains pays, emmenés par l’Afrique du Sud, ont rejeté ce projet et évoqué une perspective éloignée et irréaliste.

“Nous n’avons aucune structure politique (en Afrique), nos structures sont sociales”, a déclaré Mouammar Kadhafi lors d’une conférence de presse en clôture du sommet de l’UA à Addis-Abeba. “Nos partis, ce sont les partis tribaux, et cela a conduit à des bains de sang.”

La plupart des gouvernements africains font l’objet de pressions de la part des donateurs, qui conditionnent leurs aides à l’avancée des réformes démocratiques et à la tenue d’élections libres, indépendantes et pluripartites.

Tentant de souligner l’inefficacité de ce type de régimes, Mouammar Kadhafi a avancé l’exemple de la crise électorale au Kenya, qui a fait plus de 1.300 morts au printemps 2008.

Dimanche, les dirigeants des pays membres de l’UA se sont seulement mis d’accord pour changer le nom de l’actuelle Commission en une “Autorité” disposant d’un mandat élargi, d’un budget plus important et de “capacités plus grandes”.

Ils sont cependant restés vagues sur les modalités de l’élargissement de ces pouvoirs.

Saluant cette avancée, le dirigeant libyen a toutefois reconnu que les 53 Etats membres restaient divisés sur la question.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UA se réuniront sous trois mois pour soumettre des recommandations en vue du lancement de l’Autorité lors du prochain sommet de l’Union, en juillet à Madagascar, a-t-il ajouté.

Barry Malone et Daniel Wallis,
version française Jean Décotte

_______________________________ 2 – REWNI.COM avec APA

Ethiopie-Sommet-UA : Kadhafi, un partisan des Etats-Unis d’Afrique à la tête de l’UA

Le colonel Mouammar Kadhafi (67 ans), Guide de la révolution libyenne, qui vient d’être élu nouveau président en exercice de l’Union africaine (UA), est un partisan convaincu de la création des Etats-Unis d’Afrique.

L’élection de Kadhafi, qui succède au président tanzanien Jikaya Kikwete, a eu lieu ce lundi en séance plénière au cours de la douzième session ordinaire de l’UA, tenue dans la capitale éthiopienne.

Le nouveau président en exercice de l’organisation panafricaine a longtemps milité pour la mise en place d’un gouvernement continental. L’Acte constitutif de l’UA a d’ailleurs été lancé à Syrte, sa région natale, en Libye, en mars 2001.

La transformation de la Commission de l’UA en une Autorité de l’Union, décidée dimanche à Addis-Abeba par les chefs d’Etat, voit son projet de création des Etats-Unis d’Afrique se dessiner.

Issu d’une famille bédouine modeste, Kadhafi accède au pouvoir en 1969 à l’âge de 27 ans à la suite d’un coup d’Etat ayant renversé le roi Idriss 1er.

Il devient président du Conseil de la révolution, puis du secrétariat général du Congrès général du peuple en 1977 et prône la révolution des peuples par opposition au marxisme et au capitalisme.

De cette date remonte le titre de Guide de la révolution qui le conduit à abandonner ses fonctions officielles tout en restant chef de l’Etat libyen. Son opposition farouche à l’Occident lui vaut une popularité grandissante dans les opinions publiques africaines et arabes.

Ce statut lui confère une autorité au sein diverses organisations d’intégration sous-régionale, telles que la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD), l’Union du Maghreb Arabe (UMA), la Ligue Arabe et l’Union Africaine.

Son arrivée à la tête de l’Union africaine ouvre un nouveau chapitre de l’organisation qui infléchit son parcours pour épouser les nouveaux défis qui se présentent : mondialisation, globalisation et crise financière.

_______________________________ 1 – AFP

Le sommet de l’UA s’alarme des effets de la crise économique en Afrique

Le sommet de l’Union africaine (UA) s’est alarmé, mardi au dernier jour de ses travaux, des répercussions humaines et sociales de la crise économique mondiale sur le continent le plus pauvre de la planète.

“La prochaine décennie sera probablement très sombre pour l’Afrique à cause de la tourmente économique en cours (…) et du réchauffement climatique”, a déclaré le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, dont le pays est l’un des principaux bénéficiaires de l’aide internationale au développement.

“A moins que nous agissions et que nous agissions maintenant, la majorité des Etats africains pourraient devenir des Etats qui échouent ou des Etats défaillants dans la prochaine décennie”, a-t-il lancé devant les chefs d’Etat et de gouvernement africains réunis à Addis Abeba siège de l’UA.

Dans ce climat de crise, nombre de pays redoutent une baisse de l’aide internationale à l’Afrique, vitale pour certains projets de développement.

Dès avant le début du sommet dimanche, dont le thème officiel est le développement des infrastructures du continent, le président de la Commission de l’UA, Jean Ping, avait insisté sur la gravité pour les Africains d’une crise “orientant davantage l’agenda de la communauté internationale vers le sauvetage et le renflouement des institutions bancaires et financières, que sur le financement du développement”.

“Au même moment, les économies et les populations africaines s’apprêtent à subir de plein fouet les conséquences de ces crises dont elles ne sont nullement responsables”, avait-il dit.

Si l’Afrique a conservé en 2008 une croissance globale robuste de 5,4% en 2008, elle est néanmoins en baisse de 1,5 point par rapport à l’année précédente et 2009 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, selon la Banque mondiale (BM).

“La crise financière, qui est devenue une crise économique, devient maintenant une crise de l’emploi et dans les mois à venir, elle deviendra, pour certains, une crise humaine”, a prédit le président de la BM, Robert Zoellick, devant le sommet.

“Beaucoup d’entre vous ont déjà vu les signes du danger – en premier lieu, pauvreté, famine et malnutrition – l’année dernière du fait de la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires”, a-t-il rappelé.

Passant le relais au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi élu lundi à la présidence de l’UA pour un an, le chef de l’Etat tanzanien, Jakaya Kikwete, avait appelé ses pairs à prendre la mesure de ces défis.

“Nous consacrons beaucoup trop de temps à régler les conflits ou les partages de pouvoir entre nos politiciens. Il faut que nous redéfinissions nos priorités pour nous consacrer au développement de nos économies (…) pour nous libérer de la honte qui est la nôtre d’être le continent le plus pauvre du monde”, avait-il déclaré.

Une bonne partie de l’attention des chefs d’Etat a été mobilisée par les crises et conflits du continent (Somalie, Darfour, RD Congo, Zimbabwe, récents coups d’Etat en Mauritanie et en Guinée) et par une journée de discussions sur le “gouvernement de l’Union” cher à M. Kadhafi.

Les débats sur cette question institutionnelle se sont achevés sans grande avancée: les dirigeants ont simplement convenu de changer la dénomination de la Commission, organe exécutif de l’UA, en l’appelant “autorité africaine”.

Le président ougandais Yoweri Museveni a enfin proposé que deux chefs d’Etat africains aident Mouammar Kadhafi à présenter “le point de vue” de ses pairs et “pas le sien uniquement” au sommet du G20 en avril à Londres.