14/02/09 (B486) AFP / Affaire Borrel : un journaliste comparaît pour diffamation

Un journaliste français, Bernard Nicolas, a comparu vendredi devant la justice pour diffamation publique, après une plainte de l’ex-propriétaire d’un café djiboutien mis en cause dans un reportage consacré à la mort du juge Bernard Borrel, en 1995 à Djibouti.

Le jugement de la 11e chambre correctionnel du tribunal de grande instance de Créteil a été mis en délibéré au 13 mars.L’ancien propriétaire de “L’Historil”, Alain Romani, a porté plainte en janvier 2007, après la rediffusion en public d’un reportage de Bernard Nicolas, déjà diffusé en 2002 sur Canal+, dans lequel il apparaît.

“Chaque fois qu’on parle de l’assassinat du juge Borrel et des deux terroristes (évoqués dans le reportage, NDLR), pourquoi mettre tout de suite après la photo de M. Romani?”, s’est interrogé l’avocat du plaignant, Me Revest, qui a réclamé 50.000 euros de dommages et intérêts.

“Dans mon commentaire, je n’évoque pas la présence de M. Romani au palais présidentiel. C’est Mohamed Aloumekhani qui soutient mordicus cela malgré les pressions”, a expliqué à la barre Bernard Nicolas.Cité comme témoin, M. Aloumekhani, ex-garde de la présidence de Djibouti, a “confirmé” la présence de M. Romani au palais présidentiel lors d’une conversation dans laquelle était évoquée la mort du juge “fouineur”. Ce que M. Romani, absent à l’audience, dément.

“Pour moi, M. Romani n’est que le participant éventuel à une conversation sur la mort du juge +fouineur+ mais je ne suis jamais allé plus loin”, a poursuivi M. Nicolas.Le procureur a souligné dans ses réquisitions que “d’avoir présenté M. Romani comme ayant participé à cette réunion restreinte pouvait avoir un caractère diffamatoire”.

Mais le journaliste “n’a pas agi de mauvaise foi”, a-t-il dit, car il n’avait “aucune intention de nuire” à Romani et avait “vérifié ses sources” . Le corps du juge Bernard Borrel avait été retrouvé en 1995 à moitié carbonisé dans un ravin à Djibouti. La justice djiboutienne avait conclu au suicide. La thèse a longtemps été privilégiée par la justice française qui a ensuite retenu celle du meurtre.