21/03/09 (B491) FreeDjibouti -> “L’opposition djiboutienne est démissionnaire”. Appel pour appeler tous les leaders de l’opposition à considérer leurs erreurs et à modifier leurs méthodes pour qu’ils soient efficaces et qu’ils ne se trompent plus d’objectif. La cible, c’est le régime dictatorial de Guelleh et non les autres partis d’opposition !

1991 c’était l’espoir !

C’était le début d’une vague nouvelle de démocratisation des systèmes politiques africains, après la période des régimes paternalistes qui avait émergé lors de la décolonisation puis des régimes autoritaires civils ou militaires qui avaient fait irruption au milieu de la première décade après les indépendances.

Le multipartisme renaissait de ses cendres, les nouvelles constitutions étaient consacrées solennellement, le multipartisme officiellement reconnu, rentrait en activité avec l’éclosion de formations politiques en dehors du parti unique, longtemps considéré comme le seul creuset efficace de l’intégration nationale.

Malheureusement à Djibouti, on a vite confondu pluralisme et pouvoir absolu à tout prix.

La non intégration du pluralisme a engendré des drames et le retour au pouvoir d’une tyrannie effroyable qui s’approprie aujourd’hui le pays.

Il convient cependant, au regard de tout ce qui se passe à Djibouti, de constater que ce territoire de près de 700.000 individus, ne dispose d’aucune opposition réelle : une opposition qui serait constructive et structurée, telle qu’on la connaît dans des pays comme le Bénin ou le Mali.

Prendre les oppositions occidentales, comme exemple, paraît trop osé, trop affligeant pour Djibouti. Prenons donc comme modèles d’opposition celles de quelques pays africains.

A Djibouti, nul doute, l’opposition en majorité n’existe que par l’étiquette qu’on lui donne, car il n’existe pas d’opposition réelle à Djibouti.

Les opposants djiboutiens n’ont aucune personnalité affirmée, ce sont des hommes de relation publique, qui s’emploient corps et âme à s’auto-détruire. Bref une opposition fantoche et fantomatique, sans consistance.

Ces pseudos opposants, avec leur conception d’opposition désuète et folklorique, courbent l’échine devant le pouvoir oligarchique de Guelleh. C’est une opposition qui est minée, en ce moment, par les querelles intestines, fétichistes et machiavéliques. Au fond, elle n’existe que pour les pantins qui saoulent Djibouti de discours haineux, prolixes, baroques, fantasmagoriques et pantagruéliques.

L’opposition est en majorité atrophiée. Beaucoup de soi-disant leaders, faute de projets à proposer et probablement faute de véritable motivation, sont devenus des mendiants, des animistes ou bien des personnages de cirque. Cette opposition non structurée se dit “animée et vivante”, mais ce sont des automates, marqués par le manque d’audace et bouffés par le tribalisme et la haine.

On voit mal aujourd’hui, comment cette fumeuse opposition pourrait imposer un contre-pouvoir au régime totalitaire de Guelleh lors d’une présidentielle en 2011. Manquant totalement de crédibilité et de structure, refusant tous les débats sur le fond, elle contribue à sa façon et par défaut, à l’atrophie du développement économique et social de notre pays.

Construire un programme concret et choisir ceux qui porteront les couleurs pour l’ensemble de l’opposition.


Il faudrait un véritable moratoire pour construire une véritable opposition djiboutienne. L’opposition actuelle serait-elle capable de le mettre à profit pour se renouveler, pour se remodeler afin de devenir une véritable opposition politique et démocratique, une opposition qui a des objectifs réalistes, une opposition affranchie des clivages ethniques, tribaux et familiaux ? Bref une opposition crédible dans le pays et sur le plan international.

Pourra-t-elle enfin considérer que l’intérêt collectif est prioritaire et qu’il passe avant les intérêts personnels, familiaux ou tribaux de chacun ? Sans cela le développement social et économique de Djibouti avec la participation de toutes ses filles et de tous ses fils est irrémédiablement compromis.

Je pense que l’opposition doit s’atteler d’abord à l’élaboration d’un projet politique cohérent et fiable. Mais elle doit ête exemplaire pour toutes et pour tous : travail, force de proposition, engagement, … A quoi sert-il que les leaders s’envoient des critiques par média interposés ? Cela ne sert qu’à montrer qu’ils sont incapables de traiter les problèmes du pays et de s’attaquer au vrai probléme, qui est le pouvoir actuel et non les autres partis d’opposition ! Mais ne sert certainement pas à convaincre le peuple qu’ils sont utiles et prêt pour prendre les commandes.

Ils devront travailler quotidiennement avec les djiboutiens pour créer les conditions qui permettront de contraindre le régime à satisfaire les vraies revendications politiques, sociales et économiques.

Le peuple a besoin d’une opposition efficace et non d’une opposition qui se “tire dans les pattes ” sans retenue, oubliant le véritable objectif qui est la fin de la dictature à Djibouti


Le peuple a besoin d’une opposition forte, structurée et unie mais pas d’une opposition faible, atomisée et en rivalité permanente. qui n’arrive pas à se démarquer de la léthargie dans laquelle elle se complait. Nous n’avons pas besoin d’une opposition qui ait du mal à se démarquer fortement et sans ambiguïté du pouvoir, une opposition qui rime avec paternalisme et qui n’arrive pas à surmonter les corporatismes, une opposition minée par la guéguerre de quelques barons qui ne pensent qu’à leur ego.

Je pense que le sursaut démocratique des années 1992, devrait servir à posteriori à cette opposition, victime du malaise identitaire et ethnique et éprise de gloire, une opposition qui semble être trouée, perdue et qui ne propose aucune alternative réelle face à Guelleh.

Une opposition en majorité factice qui est plus habituée à courber l’échine devant le dictateur IOG et ses méthodes, quémandant parfois quelques miettes au Prince en espérant qu’il veuille bien les lui donner. Mais le Prince est exigeant et il ne fait jamais de cadeaux sans contreparties. De ce fait l’opposition n’a pas ni la capacité ni la liberté d’être une force critique sur la manière dont les affaires publiques sont gérées par les oligarques civiles qui gouvernent Djibouti.

Aucun compromis avec le pouvoir, quelles soient les raisons, n’est plus acceptable.


Aujourd’hui, l’opposition Djiboutienne, semble être manipulée, en majorité, par le dictateur Guelleh comme un marionnettiste actionnant des fantoches. Chacun s’en méfie ! Elle est perçue comme une hérésie avec des arrière-plan de valeurs tyranniques.

Cette pseudo opposition oublie cependant, qu’elle perd progressivement la confiance du peuple. Même s’il est impossible d’affirmer qu’elle est indirctement inféodée au pouvoir, des doutes persistent. En tout cas, son inaction actuelle favorisme le régime monolithique, en lui évitant d’avoir à se justifier et à rendre des comptes sur son action.

Pourtant le peuple souffre, un peuple victime lui-même de cet embrigadement sectaire. Le peuple s’enlise petit à petit, mais une telle situation n’est jamais définitive. La soif de justice, de liberté, de développement, de changement et de participation aux décisions, finit toujours par avoir raison de la soumission et de l’arbitraire.

Il est temps que l’opposition djiboutienne, si elle veut se définir comme une réelle opposition, puisse s’unir autour d’un candidat et d’un programme qui fassent l’unanimité. Le déclenchement des cycles de contestations et de remises en cause d’un régime politique qui a choisi la voie autoritaire par opposition à la voie du développement national marquerait comme un tournant décisif.

Il nous faut une opposition forte, sincère, engagée et sans compromis. Elle devra refuser que les différences ethnies puissent constituer des critères politiques.

L’espoir des Djiboutiens reposent sur la qualité de son opposition : ne les décevez plus. Agissez dans le même sens !


Enfin pour garder la morale la flamme d’espoir a été allumée dernièrement par deux partis politiques en dénonçant ensemble un projet anti-démocratique, j’espère sincèrement que les autres partis accueilleront cette initiative comme une avancée positive et qu’ils la soutiendront sans réserve. Qu’ils ne la considèrent pas comme une idée à combattre, car ils se tromperaient une nouvelle fois de cible.

Mettez vos pendules à l’heure. Sinon le peuple paiera pour vos erreurs et votre inaction.

Ce n’est pas en poursuivant vos méthodes actuelles que vous aiderez Djibouti, que vous vaincrez ce pouvoir tyrannique de Guelleh et que votre rôle marquera l’histoire.

Que la lutte continue.

FreeDjibouti
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