22/03/09 (B491) Le journal de la Flibuste. Aujourd’hui l’arraisonnement d’un navire indien avec 16 membres d’équipage. Encore des candidats à l’émigration jetés par dessus bord par des passeurs sans foi ni loi. (3 articles en Français)

_________________________ 3 – XINHUA

Un bateau indien avec 16 marins à bord détourné au large de la Somalie

Un bateau indien avec 16 membres d’équipage à bord a été détourné samedi au large de la Somalie, a rapporté le journal local Hindustan Times dimanche.

Le bateau Al Rafiquei a été détourné vers un endroit inconnu alors qu’il effectuait la liaison Dubaï-Mogadiscio, selon le journal.

Le bateau transporte du riz, du pétrole raffiné, du blé et des marchandises diverses, a révélé le directeur général du transport maritime basé à Bombay (une autorité de gestion de navigation), cité par le journal.

Ces types de navires ne sont équipés que de matériel rudimentaire et les marins enlevés n’ont pas été identifiés, précise le journal.

Les forces de coalition et le navire de la marine indienne qui croisent dans le Golfe d’Aden ont été informés de l’incident et il leur a été demandé de fournir une assistance immédiate, toujours selon le journal.

_________________________ 2 – Var Matin (France)

Au large de la Somalie, chasse aux pirates à bord du “Floréal”

Par Pierre-Louis Pagès

Le Floréal, frégate de surveillance française, participe à l’opération Atalanta, un dispositif européen mis en oeuvre en décembre pour prévenir la piraterie maritime dans le golfe d’Aden (entre la corne de l’Afrique, où se trouve la Somalie, et la péninsule arabique, dont le Yemen forme la pointe sud).

Qu’ils soient simples pêcheurs ou contrebandiers – et vraisemblablement les deux – ils ne sont pas près d’oublier cette soirée de la mi-mars. Naviguant à la lumière d’une pleine lune rousse, huit marins somaliens ont vu foncer sur l’arrière de leur boutre (1) deux embarcations emplies d’hommes encagoulés, lourdement armés !

La pratique n’est pas courante, mais le capitaine de frégate Gérald Menut, commandant du navire, ne voulait pas laisser filer un bateau dont le comportement et la cargaison – de nombreux fûts d’essence – n’avaient pas manqué d’intriguer l’équipage de l’hélicoptère de reconnaissance Panther deux heures plus tôt. A la passerelle, où la fouille du boutre était retransmise en direct sur des écrans, on pensait tenir de « gros poissons ». Et débusquer des armes.

Mais non. Néanmoins, les sommes d’argent découvertes à bord – notamment 1 100 dollars américains – laissent penser que le boutre ne se livre pas qu’à la pêche, le long des côtes somaliennes… « C’est probablement un trafiquant. Mais rien n’indique pour autant qu’il soit complice des pirates », lâche le commandant. A l’entrée du golfe d’Aden, la chasse ne fait que commencer.

En permanence sur le qui-vive

Le Floréal a quitté Eyl, l’un des repères de bandits de la corne de l’Afrique. Cap au sud – Mombasa, Kenya. Fatigués par plus de deux mois de chasse aux pirates dans le golfe d’Aden et l’enchaînement des escortes de navires du Programme alimentaire mondial (Pam) jusqu’à Mogadiscio, les 93 membres de l’équipage du Floréal ont le droit de descendre à terre.

Mais quelques mesures de sécurité s’imposent. Le grand port de commerce est placé en état de menace terroriste « Bravo », deuxième de quatre seuils. Pendant toute la durée de l’escale, la frégate est protégée par un mur de conteneurs. Des soldats sont prêts à ouvrir le feu sur toute embarcation menaçante.

Après deux jours et demi de décompression, il est temps de remettre cap au large. D’abord pressentie pour accompagner un cargo du Pam vers la capitale somalienne, la frégate Floréal est finalement attendue aux abords de Djibouti, le 13 mars à 14 heures, par le Buckingham, un remorqueur de servitude battant pavillon français. « Avec un franc-bord très bas et une vitesse d’à peine six noeuds, c’est un bateau tout à fait vulnérable face à des pirates équipés de skiffs rapides », commente le commandant du Floréal.

En route vers le nord la frégate de surveillance française à hauteur de Mogadiscio. Le pacha est prêt à porter assistance au Kum Sam, un cargo de charbon nord-coréen. Mais son capitaine a déjà refusé l’aide de la frégate allemande Rheinland Pfalz, qui va livrer au Kenya neuf pirates interceptés quelques jours plus tôt. « La politique », soupire le commandant Menut…

Furtif Panther en reconnaissance

La rapide remontée le long de la côte Est de l’Afrique, à 30 ou 40 milles à peine du rivage, est l’occasion de faire du renseignement. Le 10 mars, le premier vol du Panther depuis une dizaine de jours, le confirme : l’activité maritime est désormais plutôt calme à l’est de la Somalie.

Mais le lendemain après-midi se profile une mission autrement plus délicate. Le commandant Menut veut profiter du transit vers Djibouti pour tenter de localiser les navires toujours sous la coupe des pirates. Grâce à l’AIS, un système électronique d’identification, le Stolt Strength a déjà été repéré plus au sud. Les autres ont toutes les chances d’être mouillés devant Garacad et Eyl, des camps de pirates. « Il ne faut surtout pas qu’on interfère dans les éventuelles négociations pour la libération des marins pris en otages », prévient le pacha du Floréal. Problème : « Depuis l’histoire du Ponant (2), et la poursuite des pirates dans le désert, le Panther est connu dans le secteur, lâche le capitaine Drach. La dernière fois, on s’est fait repérer. Et visiblement, à l’intensité des discussions sur les ondes radios, ça ne leur a pas plu. »

Cette fois, l’hélicoptère est passé inaperçu à distance des côtes et en altitude. Les navires marchands Longchamp, Saldanha (visiblement repeint) et Masindra 7 ont été photographiés au mouillage, alors que le Sea Princess naviguait dans les parages. « Quatre sur quatre. Du beau boulot ! », se félicite le commandant Menut.

1. Boutre : petit voilier arabe dont l’arrière est surélevé et l’avant effilé.

2. Paquebot à voiles pris par les pirates somaliens en avril dernier, puis libéré après l’intervention des forces spéciales.


_________________________ 1 – Nouvel Obs avec AP

Naufrage d’un bateau de clandestins au large du Yemen

Les secouristes sont à la recherche de dizaines d’immigrants clandestins africains, après le naufrage de leur embarcation au large des côtes du Yémen, ont annoncé samedi les autorités.

Selon un responsable local, 17 personnes ont été secourues, venant probablement de Somalie. Neuf corps ont été retrouvés dans l’eau, a-t-il précisé.

Près de 100 clandestins se trouvaient sur le bateau quand un navire français l’a remarqué dans le Golfe d’Aden. Selon le responsable yéménite, ce dernier tentait d’escorter l’embarcation en direction des côtes du Yémen quand elle s’est retournée.