18/04/09 (B495) Courrier des lecteurs : pourquoi des leaders politiques qui s’affirment dans l’opposition, ne signent-ils pas la pétition contre le viol de la constitution et l’institution d’une Présidence pratiquement à vie ?

M. Schaal,

Permettez-moi de m’étonner (favorablement) pour la qualité du combat que vous menez depuis 17 ans environ et plus particulièrement depuis 1999, pour la liberté des Djiboutiens. C’est une remarquable réussite par son audience et surtout dans la durée … Bravo à l’équipe !

J’ai eu la chance de découvrir votre premier site “liberté Aref”, alors que j’etais lycéen à Djibouti, puis sa transformation en “ARDHD.org”, que je suis avec intérêt chaque semaine.

Tout cela pour vous dire, que je ne comprend plus le plus le silence de certains de nos responsables de l’opposition Djiboutiennee aussi bien à Djibouti qu’à l’étranger.

Par exemple,
très récement notre dictateur a fait sortir dans la rue, ses partisans pour manifester (spontanément et volontairement ???) leur soutien au changement de la constitution, qui lui permettrait d’accéder pratiquement à la Présidence à vie …

Savez-vous, selon les informations que j’ai pu obtenir dans les milieux proches du pouvoir, que cette manifestation a été décidée pour plusieurs motifs, mais surtout en réaction aux articles parus sur votre site et surtout à la pétition que vous avez parrainée avec le GED et UGUTA et qui a été, si j’ai bien compris, soutenue par la direction de l’Association SURVIE.

Je peux vous assurer que cette pétition contre le projet d’IOG le dérange beaucoup. Elle fait bouger ses proches qui voient là, un obstacle majeur à leurs projets anti-démocratiques.

Ma déception et elle est énorme, vient du fait, qu’à ma connaissance, aucun des soit-disant responsables d’opposition (d’opérette) n’a signé la pétition, à l’exception des partis co-signataires (ci-dessus) et du représentant en Europe d’un parti de l’opposition. (Peut-être ai-je mal regardé la liste des signataires : si j’en ai oublié, qu’ils me le pardonnent).

Pour moi, un leader politique qui ne signe pas un document contre le viol de notre constitution, ne peut pas se positionner comme un leader d’opposition, sans tomber dans le ridicule. C’est affirmer qu’il préfère que Guelleh reste au pouvoir.

Je lance un appel à toutes nos soeurs et nos frères, en particulier à ceux qui sont à l’etranger pour qu’ils prennent la mesure des dégats que ce régime cause au pays et qu’ils soutiennent cette pétition. Elle ne changera pas fondamentalement le cours de l’histoire, mais elle montrera à IOG et à son équipe qu’ils ne doivent pas franchir la ligne jaune … et que nos compatriotes, en majorité, en ont plus qu’assez de lui.

Espérons que ma lettre fera changer d’avis bon nombre de nos soeurs et frères et qu’en particulier les leaders politiques d’opposition, qui voudraient conserver un minimum de crédibilité auprès des populations, s’engagent ouvertement et fièrement à dénoncer le projet de Guelleh.

Sinon ce serait à désespérer ! Mais si c’est le cas, à l’avenir, je saurai à quoi m’en tenir, quand on me parlera des soit-disant partis d’opposition.