04/05/09 (B497) Radio-Trottoir / Flash Info. Le Commandant Omar Hassan Mattan fait de nouveau la Une. A la tête d’un bataillon de 40 membres de la FNP, il a vaincu 10 logements de retraités, qu’il a complètement rasés en quelques heures. Aucune perte à signaler du côté des policiers, ni humaine, ni matérielle. Une grande victoire, facilement gagnée, pour servir le crime !

Nous rapportons les faits qui nous ont été communiqués par un correspondant qui a requis l’anonymat.

Selon son témoignage, le 1er mai vers 14h00, à l’heure où les hommes sont sortis, un bataillon constitué d’environ 40 membres de la FNP aurait pris position autour de 10 logements récents (construits en “dur”, il y a deux ans environ) entre Sheikh Moussa et Doraleh.

Ces forces, sous les ordres du Commandant Omar Hassan Mattan, récemment décoré dans l’Ordre des Bourreaux sanguinaires du régime, auraient investi le quartier, faisant sortir femmes et malades, pratiquement à la pointe de leurs baïonnettes.

Sans autre forme d’avertissement, elles auraient ouvert le passage aux bulldozers qui auraient tout rasé sur leur passage, non seulement les maisons, mais aussi le mobilier de ces pauvres gens, qui n’auraient pas été autorisés à prendre, ne serait-ce qu’un minimum d’affaires personnelles.

Un nouvel exploit sordide à mettre sur le compte déjà lourdement chargé, de ce bourreau.

Cette nouvelle opération serait exemplaire à plus d’un titre.
Selon le témoignage de notre correspondant, on pourrait parler d’une première à Djibouti :
– car ce n’est pas le maire de Balbala dont dépendent les terrains qui aurait pris la décision, contrairement à ce qui se produit d’habitude. On pense même qu’il aurait pu ne pas avoir été informé au préalable,
– car ce ne serait pas une opération dirigée contre une ethnie particulière, puisque les habitants concernés sont issus de différentes communautés,
– car les habitants sont des gens sans problème, majoritairement des retraités, soit de l’administration, soit du Chemin de fer, qui avaient fait construire leurs logements avec leurs indemnités de départ en retraite et leurs économies,
– car aucun avertissement préalable ni ultimatum n’auraient été donnés aux habitants.

Sur place, les habitants n’auraient pas pu savoir d’où venaient les ordres.
On sait seulement qu’Omar Hassan Mattan aurait dirigé les opérations. Rappelons qu’il dépend d’Abdillaheh Abdi, son supérieur hiérarchique.

Sur place, les habitants n’auraient pas pu connaître les motivations véritables de ce crime.


Caricature par Roger Picon

Certains pensent que cette forme la plus sauvage de l’expropriation (en fait de vandalisme d’Etat caractérisé ?) aurait été organisée pour donner (vendre ?) les terrains concernés à des familles méritantes de la dictature (soumis, repentis, ou autres).

La version la plus officielle qui aurait été donnée, serait la nécessité de disposer de ces terrains pour l’agrandissement des installations portuaires de Doraleh.

Pourtant la thèse n’est pas très crédible, dans la mesure où le port de Doraleh est relativement éloigné et qu’aucun développement ne semble être à l’ordre du jour, d’autant plus que Dubaï aurait pris la décision de cesser tout investissement à Djibouti, depuis l’affaire Borreh ?

Un résultat dramatique pour 10 familles
Aujourd’hui 10 familles de retraités, qui avaient investi toutes les économies réalisées pendant une carrière au service de l’Etat ou d’entreprises publiques, seraient totalement ruinés et de plus sans toit. Plus de maison, plus d’affaires personnelles, plus de souvenirs.

Il n’y a qu’à Djibouti sous Guelleh que cela se passe