07/06/09 (B502) “Fini le temps béni des couillonneries ! Dictateur, tu n’es pas mon Ami !” (1 ère partie)(Par Bouh Warsama)


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A force d’entendre, de voir sur nos écrans et de lire la presse des pays occidentaux, cela commence à entrer dans les esprits qui s’ouvrent à l’information alors que chacun et chacune sait faire aujourd’hui la différence entre son voisin acariâtre, parfois « gueulard » et un dictateur de type Mugabé, Idi Amin Dada ou Ismaïl Bobard.

Ça vient, mais on est loin encore d’avoir fait le tour de la question.

La vaccination s’effectue lentement, au goutte à goutte, et afin de nous éviter une rechute, il nous faut revoir les gestes nécessaires pour répondre à une question cruciale ;

à savoir comment ne pas confondre un dictateur avec un président en exercice et assumant avec dignité sa charge ou avec un Chef d’Etat quelque peu autoritaire.

La première des leçons est que l’on ne trouve aucun dictateur en dehors d’un Palais et à moins de 20 pièces, balcon, jacuzzi, piscine, jardins engazonnés même et surtout lorsqu’il y a forte pénurie d’eau dans le pays etc. Et s’ajoutant à cela, la présence d’un demi bataillon de commandos armés jusqu’aux dents pour assurer, décemment…, sa sécurité…du moins le pense t-il. Sorte de garde mercenaire à la gâchette facile aux fins de le protéger surtout la nuit, pour tenter de chasser les mauvais esprits (à défaut de chasser les moustiques qui infestent le Palais) et tout particulièrement les fantômes des hommes et des femmes assassinés sur son ordre et qui viennent réclamer justice voire vengeance.

Un dictateur, ça ne dort jamais dans la même pièce, en raison de sa paranoïa, qui va croissante avec l’âge et proportionnelle au nombre de ses victimes, directes et indirectes. Plusieurs fois dans la nuit il se réveille brusquement, saute de son lit pour aller vérifier si la porte de sa chambre est bien verrouillée à double tour et regarde sous son lit des fois que l’opposition aurait envoyé un homme pour le tuer durant son sommeil.

On est jamais assez prudent lorsque l’on est un dictateur averti !

On est jamais assez prudent lorsque comme Ismaïl Bobard on a les mains rougies par le sang de ses victimes……..car l’on sait que ces taches là ne s’en iront JAMAIS, même après tous les pèlerinages à la Mecque !

Allah est miséricordieux, certes mais il y a des limites à l’abjecte et à l’immoral.

D’où l’idée d’avoir plein de chambres et plein de résidences secondaires un peu partout dans le monde avec plein de maîtresses qui vont avec, souvent. Des maîtresses forcément beaucoup plus jeunes que lui et pour peu qu’elles soient occidentales avec parfois des gouts tout le moins très particuliers et surtout très onéreux ; des coiffures extravagantes, des robes ou des chapeaux farfelus tout ceci accompagné de beaux bijoux de chez Cartier.

Les palais et résidences des dictateurs ont donc toujours des plafonds très hauts, à croire qu’ils craignent d’être décoiffés par les lustres ou scalpés par les ventilateurs, qu’ils ont souvent surchargés et massifs. Ils habitent dans des palais ou d’anciens châteaux, le plus souvent décorés n’importe comment par leur femme ou leurs maîtresses qui vont rajouter dorures burlesques sur style rococo, toutes entichées de décoration pour laquelle elles affirmeront auprès de leur entourage condescendant que si le résultat est si somptueux c’est par ce quelles ont des dons naturels comme le fait la QABYO.

Normal ! elles sont épouses ou maîtresses de chef d’Etat autoproclamé, elles ont donc toutes les qualités…naturelles.

Ça donne de belles horreurs et souvent des dorures jusque dans les waters et des tableaux surchargés partout. La maîtresse-femme n’ayant pas davantage de goût que le dictateur, imaginez le carnage artistique ! Chez les dictateurs, qui ont tous des points communs, il y a aussi des exceptions. Une de taille, c’est celle du dictateur sous tente. On en a connu sous tente respiratoire (Franco), chez certains, c’est une vraie tente, et c’est à vrai dire assez exceptionnel.

Quatre cents personnes dedans, ça fait un peu cirque Médrano tout de même mais bon, faut bien que dictature se fasse et que chameau, ayant sa propre tente, puisse être à ses aises. A défaut de collectionner les toiles, comme Alain Delon, on vit dessous.

Question déplacements, le dictateur, qui connaît un peu l’Histoire ne se déplace ni en voiture, ni en train ou alors c’est pour se déplacer toutes sirènes hurlantes et à vive allure sur la route présidentielle reliant les deux palais, comme c’est le cas entre celui d’Haramous et celui de l’Escale…

Sur le passage de son Excellentissime Sérénité, que quelqu’un ait un geste malencontreux et il se prend aussitôt une rafale d’armes automatiques….

Mais l’expérience démontre que le moyen de déplacement de prédilection du dictateur, c’est l’avion. Ça coûte cher à l’Etat, très cher certes, mais l’Etat… c’est lui !

Vous aviez oublié cela ?

Oh pas des voyages low-costs pour autant : on a jamais vu un dictateur prendre Ryan Air. En revanche, Air France ça a existé.

Mais l’avion préféré du dictateur – tels Mobutu, Kagame – c’est le Falcon, un nom qui rappelle une nouvelle fois l’empire – égyptien, cette fois, car un dictateur ne fait pas la différence entre une buse et un vautour, c’est pour ça qu’il s’entoure souvent de ministres assez crétins ou franchement méchants mais plus assurément rapaces.

Un Falcon c’est petit, comme ça tout le monde ne monte pas dedans, ou alors le dictateur a tellement peur de se retrouver seul avec l’esprit à la faucille venant le chercher qu’il va opter pour un imposant Boeing dans lequel il pourrait aller se cacher dans les toilettes (avec parachute de secours), certes un peu vieillot mais imposant et peint aux indispensables couleurs de la présidence.

Accessoirement, c’est un avion qui peut servir à d’autres choses : ramener discrètement en Europe et sous couvert présidentiel des « indésirables terroristes »… ne disposant pas des visas Schengen car refusés par le Consulat de France à Djibouti ou balader dans le monde entier lesdits terroristes…………….

Sagement rangé dans un hangar ultra surveillé de l’aéroport, en zone militaire, ça peut aussi servir à fuir quand on sent que les carottes sont cuites dans le pays, à savoir quand les gens en ont eu marre de se faire prendre pour des citrons pressés – exemple de Mobutu, qui en fait prendra un gros Ilyushin avec sa voiture blindée dedans !.

Des exceptions peuvent être faites pour les voitures mais faut vraiment un modèle exceptionnel de véhicule évidemment blindé ou modèle à part, genre dream-car de salon sorti une fois du garage.

Le char d’assaut c’est plus rare, ce n’est qu’en cas de sortie difficile du palais dictatorial lors du soulèvement des populations et encore faudrait-il qu’il en reste un en état de rouler après un conflit, tel celui opposant Djibouti à l’Erythrée.

(A suivre)